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Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 27 juin 2008

Voguer au fil des ans

L'idéal serait de vieillir comme on vogue sur le Bosphore, un soir d'été : Savourer chaque moment et vivre dans le présent, naviguer avec sérénité, garder toujours le moral comme on maintient le cap, s'émerveiller encore et toujours...


Bars branchés d'Ortaköy

Grâce aux 30 ans d'Elif, célébrés entre amis sur les flots, je me suis rendue compte que finalement, c'était plutôt plaisant de vieillir ; parce que l'épanouissement, le bien-être intérieur et la réalisation de soi forment un parcours semé d'embûches qui se résume en un mot : Expérience. Plus on grandit, plus on est en phase avec soi-même.


Pont du Bosphore, mosquée d'Ortaköy

Istanbul devait être extraordinaire dans sa jeunesse Byzantine, mais même après des siècles d'histoire, sa beauté est encore présente. Pas de botox, ni de crème anti-âge, juste un éclairage particulier qui ajoute un cachet inestimable aux vieux édifices.


Quartier de Bebek

Istanbul cultive cette lumière (naturelle ou artificielle) qui la sublime, un peu comme celle que l'on devine dans les yeux des grands-pères et grands-mères.


Rumeli Hisarı

Inutile d'en dire plus, les photos parlent d'elles-mêmes : Dans les iris bleus du Bosphore tout comme dans les différents âges de la vie, qu'il est agréable de voguer, n'est-ce pas ?



Pont du Bosphore et son éclairage changeant






A gauche, l'école militaire


Elif, qui rentre dans la trentaine... avec joie


Quelques invités de la soirée

mardi 24 juin 2008

Evlendiler !



15 minutes chrono, c’est le temps nécessaire pour marier (civilement) deux turcs à Istanbul. Tout est réglé à la seconde près afin que les nombreux couples qui se succèdent passent tous à l’heure.



Heureusement, la fête qui suit est plus longue, et quand il s’agit du mariage de Simay (la collaboratrice de Frédéric), une jeune femme bourrée d’énergie, on est certain de ne pas passer la soirée assis sur une chaise...



C’est sur la rive asiatique que Simay et Bora ont célébré leur union, dans un restaurant bien sympathique où l’on a dansé jusqu'à en perdre haleine sur de la pop turque interprétée en live.



Pas de discours, ni de surprise de la part des amis ou de la famille : En Turquie, un mariage est avant tout un dîner dansant où sont réunis les proches des mariés et de leurs parents.



Nous avons passé une excellente soirée dimanche soir, au milieu d'une centaine d'invités. De quoi commencer l'été dans l'allégresse, la musique, et l'amour bien sûr... Tous nos voeux de bonheur aux jeunes mariés ! Hayırlı Olsun !

mardi 17 juin 2008

Sensations fortes


Pieds de l'apprentie parapentiste

C’est vrai je l’avoue, je ne m’étais pas trop posée de questions. Fred avait envie de tenter l’aventure et de partager ce moment avec moi. En voyant la veille tous les parapentistes atterrir près de la plage d’Ölüdeniz, cela m’avait même donné envie alors que je ne suis pas une grande fan de sensations fortes.


Quelques minutes avant le départ avec mon moniteur, Hüseyin

13h20, rendez-vous devant le club de parapente, il y trois anglais avec nous et je suis la seule femme du groupe. Emre, à l’accueil, me prête une paire de baskets pour remplacer mes tongs, et le chauffeur nous conduit jusqu'au véhicule du club. Durée de la montée : Une heure, sur une route caillouteuse non goudronnée. Au fur et à mesure que nous montons sur babadağ, la température s’adoucit, nous dominons Ölüdeniz et nous nous demandons tous si nous avons bien fait d’être là… Mais à présent, impossible de faire marche arrière !


Fred enfile sa combi, puis RV sur la piste pour le gonflage de la voile

Une fois arrivés au sommet, chaque moniteur s’empare d’un élève débutant et l’aide à enfiler combinaison et casque puis le reste du matériel. La pente de décollage ne ne nous impressionne pas, bien au contraire, puisque nous n’avons pas l’impression de nous jeter d’une falaise et dans le vide, mais plutôt de nous élancer dans un océan de bleu : Le ciel et la mer fusionnent à l’horizon. Le paysage est à couper le souffle.


Décollage réussi pour Fred (voile jaune)

Fred part en premier, moi juste après. Quand mon tour arrive, pas le temps de réaliser la folie que je réalise, car même si les accidents sont rares en parapente, une fois dans les airs on se rend compte que la vie tient vraiment à peu de choses appelées suspentes (ficelles). Nous partons bien sûr tous en tandem, Oğuz est avec Fred, Hüseyin avec moi.


A 1.800 m d'altitude

Notre voile se gonfle, on court quelques pas et puis nous sommes comme aspirés dans les airs, et l’on monte vite jusqu’à 2.000 m. d’altitude. Les cinq moniteurs du club sont associés, et réalisent de 3 à 5 descentes en parapente par jour, de mai jusqu’à début octobre. Autant vous dire qu’ils sont expérimentés et tous diplômés.


Notre tandem = La voile rouge

Certains trous d’air me font quelques sensations fortes, mais pas de quoi être malade. Hüseyin me demande d'ailleurs souvent si mon estomac va bien au cours du vol libre. Nous frôlons les falaises et les arbres, puis descendons vers la mer. Entre temps, Hüseyin prend des dizaines de clichés souvenirs, et enlève mon casque, on se sent libre comme l’air.


Le tandem de Fred à droite, le mien à gauche

La vue est époustouflante, sous nos pieds, les forêts de pins nous éclaboussent de vert, et le turquoise des eaux maritimes nous donne envie de libérer les suspentes et de se laisser tomber directement dans la mer. Fred et son moniteur volent tout près de nous, puis je les vois descendre en vrille, Hüseyin me demande si je veux faire la même figure acrobatique, non merci, je veux avoir encore des choses à tester pour mon prochain vol…


Fred et Oğuz, portés par le vent

Il me tend alors les commandes, et m’indique que pour tourner à droite il ne suffit pas de tirer sur la ficelle de droite, il faut aussi accompagner ce geste avec tout son corps. Ça paraît bien simple comme exercice, je prends un réel plaisir à diriger notre aile rouge.


Fred au dessus des eaux turquoises d'Ölüdeniz

Nous pouvons admirer quleques montagnes de la région de Mugla, ainsi que la ville de Fethiye. Nous survolons ensuite le célèbre lagon bleu d’Ölüdeniz, une des cinq plus belles plages du monde. La plage est surtout magnifique vue d’en haut car trop touristique, l’entrée y est d’ailleurs payante (3 YTL piéton, 11 YTL voiture).


La lagon bleu d'Ölüdeniz appelé aussi mer morte

Après 40 minutes de vie en apesanteur, il est temps de rejoindre la terre… Ou plutôt la plage puisque la base d’atterrissage se situe à quelques mètres de la mer. Hüseyin me donne quelques explications pour la phase d'approche et l’atterrissage, il suffit de se lever quand il me le dira et de faire ensuite deux ou trois pas au sol.


Notre atterrissage réussi à la perfection

Je m’exécute, nous nous arrêtons en douceur et de façon nette et précise, même pas besoin de marcher. Au sol, je rejoins Frédéric un peu pâlichon, les vrilles ont eu raison de son estomac. Pour ses 40 ans, il voulait des sensations fortes, je crois que le voilà rassasié !


Hüseyin et moi, dans les airs et sur terre

Si vous passez par Fethiye, voici les coordonnées du club de parapente :
Ikarus
Carsi Cad. N : 2 Belcekiz
Ölüdeniz – Fethiye / Mugla
Tel. 0252 617 05 00
www.Ikarus.com.tr


La terre est bien ronde !

Compter 80 € par personne pour un vol libre en parapente en tandem, assurance, transfert pente de décollage et matériel (chaussures, combinaison..) compris.
Possibilité de filmer et / ou de prendre des photos de votre vol

mardi 6 mai 2008

Hidrellez (suite)



Peu importe si l’été n’a pas encore montré son vrai visage, un avant-goût de la saison chaude ravit toujours les coeurs et les âmes. En France on célèbre cette saison tant attendue le 21 juin en musique, alors qu’en Turquie on fête les beaux jours dès le mois de mai, il faut croire que les esprits sont plus avant-gardistes ici.



Il n’y avait autrefois que deux saisons dans la croyance populaire : L’été et l’hiver. On raconte que les Prophètes Hızır et İlyas se sont rencontrés sur terre le 5 mai afin de redonner vie à la nature. Hızır aurait bu l’eau sacrée pour devenir immortel et aurait même atteind Dieu ; il a le don d'accomplir des miracles et vient en aide aux personnes en difficulté en réalisant leurs souhaits. Il apporte l’abondance et la richesse quand le printemps renaît.



Cette fête païenne appelé Hidrellez, tombée aux oubliettes, fut ravivée en 1997 grâce au Directeur de l’Hotel Armada situé dans le centre historique d’Istanbul. Derrière Sultanahmet, dans la rue d’Ahırkapı et ses environs, on ne manque désormais plus ce rendez-vous annuel. Ainsi, dans la nuit du 5 au 6 mai, on accueille les beaux jours avec joie et allégresse.



Au programme de ce rassemblement printanier : Musiques traditionnelles, un éventail de bonnes choses à déguster, roses ou oeillets dans les cheveux, tambourins aux mains, diable au corps. Hier soir les gens dansaient, chantaient et se bousculaient. Dans les rues étroites, pas facile en effet de se frayer un chemin, la foule était dense et compacte, la fête de l’Hidrellez était victime de son propre succès.


A droite en vert, le nahıl sur lequel il faut accrocher son voeu

Les décors réalisés étaient dignes des kermesses des écoles : Dessins drôles et originaux, traits naïfs et colorés, rubans et tissus suspendus. Au loin se dressait le nahıl, l’arbre artificiel sur lequel il fallait accrocher son voeu. Mais impossible de l’atteindre, trop de monde, trop de mouvements de foule. Il nous fallait trouver la sortie au plus vite avant de manquer d’oxygène ou d'être écrasés.


On accroche des bouts de tissu en faisant en silence des souhaits

Pour nous, la fête fut courte, nous aurions préféré jouir du spectacle et de sa parure en ayant une certaine aisance de nos gestes. Nous avons quitté les mélodies tsiganes laissant derrière nous les exaltés de la fête et des nuits blanches.

Heureusement, nous avons eu des alternatives pour déposer nos voeux. Ces derniers peuvent être, dans la nuit du 5 mai, formulés par écrit et placés sur un rosier, ou bien jetés dans un courant d’eau pour qu’ils se réalisent.



Hier soir, il fallait aussi laisser tout ouvert (porte-monnaie, fenêtre, casserole) afin qu’Hızır, qui visite les maisons propres, apporte l’abondance. Détail que je n’ai pas oublié, espérons qu’avant la venue de l’hiver (Kasım günleri), le Prophète réalise mes souhaits les plus chers, voeux que je ne pourrais d'ailleurs malheureusement pas vous dévoiler...

Hidrellez



Hier soir, les turcs célèbraient l'Hidrellez dans la joie et la bonne humeur.
Vous voulez en connaitre d'avantage sur cette fête païenne et vous plonger dans une atmosphère colorée ? Patientez encore quelques heures, le récit sera publié dans la journée...

vendredi 25 avril 2008

Bien plus que des touristes...


Sabine et Bruno - Fred, Matisse et Yakamoz

Chaque année, je clame haut et fort à mes amis et à ma famille : "Venez nous voir à Istanbul", mais je rajoute aussitôt : “Surtout évitez la saison hivernale !”. Si vous ne savez pas de quoi je parle, il vous suffit de vous replonger dans certains de mes billets… Visiter Istanbul oui, mais sous la neige non ! C’est peut-être beau, mais vraiment pas pratique.
L’été approche à grands pas (nous avons frôlé les 30 degrés dimanche) et les premiers visiteurs pointent le bout de leur nez. Le week-end dernier, Fred et moi avons accueilli avec grand plaisir Sabine (une amie de Montpellier rencontrée quand nous étions étudiantes, nous avons travaillé toutes les deux au Mac Do), accompagnée de Bruno son conjoint et de leur fils Matisse.


Sabine et moi

Samedi et dimanche, nous avons cavalé afin de ne pas manquer les classiques incontournables : La Mosquée Bleue, Sainte Sophie, La basilique Citerne, le Grand Bazar, le Marché Egyptien, la balade sur le Bosphore, Ortaköy, la tour de Galata. Et j’ai pu constater une chose : Il y a énormément de touristes à Istanbul, quand on vit loin du centre historique, on a tendance à oublier cela !
C’est toujours agréable de guider des gens qu’on aime et qui découvrent pour la première fois une ville, un pays. De même, c’est toujours bon d’analyser l’actualité française, puisque de l’étranger, notre regard est souvent déformé. On oublie aussi le prix des choses, certaines expressions de la langue française. Bref, on est un peu déconnecté.


Matisse et Yakamoz

Quoi qu’on en dise, vivre à l’étranger vous coupe des gens qui vous sont proches, et ce n'est pas tous les jours facile... Aussi, quand le bonheur vient à vous, il ne faut pas en perdre une miette ! Jouer aux touristes, dans une ville où l'on ne l'est plus depuis longtemps, a parfois du bon...

J'en profite pour faire passer un message à tous ceux qui me lisent d'Istanbul. Un jeune couple de nomades français (Armelle et Vidian) viennent dans la capitale culturelle quelques jours. Arrivée ce dimanche 27, départ le 2 mai. Ils sont à la recherche d'une âme charitable pour les héberger. Mercredi et jeudi ils seront chez nous, mais le reste du temps, ayant des invités, nous ne pouvons malheureusement pas les recevoir. Vous pouvez d'ores et déjà lire leurs aventures ici : instinctnomade.canalblog.com et les contacter par mail (armelle_roger@hotmail.com) en envoyant vos coordonnées si vous souhaitez les accueillir... Merci d'avance !

Et puis vous pouvez lire mon interview publiée sur le site www.bosphorenews.com. Bon week-end à tous !

mardi 25 mars 2008

Keyifli bir pazar*



Objectif premier du week-end : S'aérer loin de la pollution et du brouhaha d'Istanbul. 25 km au compteur et nous voilà déjà sur place, dans un café surnommé kirazlı, un aile bahçesi (jardin familial) comme on dit ici. Nous avons faim mais il faudra attendre puisque qu'il n'y a rien à déguster à part des boissons chaudes et froides dans cette charmante buvette du village de Demirciköy.


Stefano et Müge

Il faut apporter sa viande et son pain puis louer un barbecue sur place. La table est dressée par le propriétaire du lieu en quelques secondes. On peut alors s'attabler et ne plus penser à rien qu'à l'apéritif pendant que Stefano surveille les côtelettes d'agneau et les köfte et que son épouse Müge découpe les tomates.


A gauche le café Kirazlı, à droite Onur

Objectif numéro deux : Déguster tout cela sans plus attendre, se prélasser au soleil, trinquer, rigoler entre amis, profiter des beaux jours, trinquer encore, croquer (en guise de dessert) dans une gaufrette de helva. Puis se promener aux alentours, dans la forêt ou au bord de la mer noire. Inspirer, expirer, ouvrir grand les yeux, écouter les coquillages qui se brisent sous nos semelles.



Objectif final : Se ressourcer, se détendre, se réjouir de l'été qui arrive à petits pas...

*Keyif : Veut dire se détendre, s'amuser, prendre du bon temps
lı : Avec, bir : un, Pazar : dimanche

jeudi 20 mars 2008

Fransız Kalmak*

10.000 YTL (environ 5.260 €) c’est une belle somme, je ne pensais pas que des familles turques étaient prêtes à payer ce tarif là pendant plusieurs années afin que leurs enfants suivent un enseignement francophone. De même, quand on pense qu’à ces dépenses se rajoutent les frais des dersane (cours privés) pour préparer le QCM de l’ÖSS (Öğrenci Seçme Sınav : QCM d’entrée aux universités turques), l’enseignement privé coûte très cher une fois le concours d'entrée réussi pour le lycée.

J’ai eu la chance, deux matinées entières, d'être jury pour la section scientifique du lycée francophone Notre Dame de Sion la semaine dernière. J’ai vu défiler plus d’un douzaine d’élèves qui devaient disserter oralement pendant une demi-heure sur deux sujets : Une expérience de chimie ainsi qu’un mode d’emploi d’un thermo-relieur.
L’enceinte de ce lycée ressemble à celle d’un bâtiment britanique avec de belles fioritures en bois, la cafétéria a d'ailleurs l'allure d'un pub. J'ai pris un réel plaisir à rencontrer tous ces jeunes turcs (17-18 ans) qui apprennent la langue de Molière. J’ai gardé en tête quelques extraits que j'aimerai partager avec vous. La franchise des lycéens turcs (qui pourrait passer pour de l’insolence en France) ainsi que les fautes de français commises nous ont fait passer de bons moments. Je n’oublie que notre langue est vraiment difficile à apprendre et je tire très sincèrement mon chapeau à tous les turcs qui s’y collent....


Ecoliers, Cappadoce

Petites erreurs de prononciation...
L'élève : On met l’eau sur le feu, on attend l’ébullition puis on baise la température.
Le Jury : On quoi ?
L'élève : On baise la température.
Le jury : Mademoiselle, “le mot “baisser” prend deux s !
L'élève : Pardon...

Les erreurs de traduction
Le jury : Que fait-on avec une éponge ?
L'élève : Je ne sais pas ce qu’éponge veut dire.
Le jury : Je vais vous aider, si je renverse mon café sur la table, je vais avoir besoin d’une éponge...
L'élève : Ah oui, une éponge c’est jaune, ça sert à effacer l’eau.

Rq : Effacer et éponger se dit “silmek” en turc.

La franchise turque
Le jury : Vous trouvez ce sujet intéressant ?
L'élève : Non !
Le jury : Pourquoi vous n’avez pas votre uniforme, vous ne pensez pas que c’est important ?
L'élève : Non !
Le jury : Pourquoi ?
L'élève : Parce que j’aurais beau porter une belle chemise et les cheveux attachés, ça ne veut pas dire que je travaillerais mieux. Ce qui compte c’est le travail, pas l’habit.

Amalgame
L'élève : Alors yani, vous chauffez l’eau yani, vous remplissez le récipient yani et vous allumez le feu yani...

L’humoriste
L'élève : Pour moi ça, c’est le physique fantastique.
Le Jury : Le physique ou la physique ? Merci pour le compliment en tout cas !
L'élève : Pardon, la physique... Bon de toute façon je n’ai rien compris au sujet et puis vous êtes françaises alors autant parler français ensemble, parlez-moi un peu de vous, je vous écoute...

* "Fransiz kalmak" est une expression qui signifie mot à mot "rester français". On l'utilise quand on veut dire qu'on ne comprend pas le sujet dont on parle. On dit "rester français" plutôt que "rester hollandais" ou "rester italien" car il y avait de nombreux aristocrates français ou francophones autrefois à Istanbul.

mercredi 16 janvier 2008

Misafirlik

La vie est parfois singulière : On peut côtoyer des gens des années sans qu’ils nous laissent des traces ou bien croiser une personne quelques heures et s’en souvenir une vie entière. Un geste, une parole, un simple sourire ou encore même une larme peuvent vous marquer d’une empreinte indélébile.



Un jour le téléphone sonne et la voix que vous entendez vous émeut. Elle vous replonge dans un coin isolé de la Mer Noire... Au bout du fil, Meçit, cet homme plein d’énergie au regard vif qui nous avez reçus chez lui dans son village d’Olucak cet été. Nous savions que lui et sa femme allaient rentrer sur Istanbul pour l’hiver et nous leur avions promis d’aller les voir. L’invitation était lancée.
Ce dimanche, c’est Kenan, un des cinq enfants de Meçit qui est venu nous chercher à la gare de Bayram Paşa.
Dans la voiture, Kenan commence par nous dire que ses parents lui ont beaucoup parlé de nous, et que son père et sa mère considèrent à présent qu’ils ont 7 enfants, : leur 5 enfants plus Frédéric et moi. Arrivés à l’appartement, les retrouvailles sont riches en émotions, nous retrouvons Meçit et son épouse comme le jour où nous les avions laissés : Plein d’entrain, la mine rosée. Ils nous serrent plusieurs fois dans les bras et Meçit prononce chaleureusement Kızım (ma fille) en m'étreignant. Autour d’eux, leur fils, son épouse et leurs trois enfants nous accueillent avec autant d'enthousiasme.



Nous leur offrons quelques cadeaux qu’ils jettent dans un coin de la pièce. Le ton est donné : Ce n’est pas nos offrandes qui les intéressent, c’est nous. On nous sert le thé, des çiğ börek (chaussons frits) au fromage ainsi que des gâteaux. J’apprends que Meçit et sa femme ont 15 petits-enfants et 4 arrières-petits-enfants. On discute pendant des heures tout en prenant des nouvelles des gens du village. La télé est allumée dans un coin du salon mais personne ne la regarde, elle sert de bruit de fond comme dans beaucoup de maisons turques quand des invités sont là.



Vient ensuite les surprises : des noisettes de la Mer Noire qu’ils cassent devant nos yeux. Nous sommes touchés par les soins qu’on nous porte, toute cette gentillesse nous émeut. Frédéric et moi comprenons l’essence même du mot misafirlik.

Il est écrit dans le Coran que refuser de donner l'hopsitalité à des gens est le plus grand des crimes. Nous en avions déjà eu une belle illustration en Mer Noire, et il suffit que je mette les pieds dans une famille turque qui a peu de moyen pour que je me rende compte qu’il n’y a pas plus gentil et accueillant que le peuple turc. L'hospitalité agit ici comme un baume au coeur : Inutile d'aller chercher plus loin le remède à tous nos maux...

mardi 13 novembre 2007

Que Mr. ATATÜRK nous pardonne…

Ce samedi 10 novembre, à 9h05 précises, les sirènes ont résonné dans les villes turques. Les passants se sont arrêtés de marcher, tout comme les voitures de rouler. La Turquie commémorait la mort de Mustafa Kemal ATATÜRK. A Ankara, des milliers de personnes se sont rassemblées autour du mausolée du fondateur de la Turquie moderne. Une journée de recueillement national, quoique...



Hasard du calendrier, le 10 novembre fût aussi le jour de l’enterrement de vie de jeune fille d’Aksu, une amie qui se marie dans moins d’une semaine. Samedi soir, nous étions ainsi plus d’une dizaine à nous retrouver pour une soirée bien frivole entre filles. Soirée qui n'aurait sûrement pas été possible si Mr. ATATÜRK n'avait pas existé.


Aksu, la future mariée

Connaissez-vous beaucoup de pays musulmans où les femmes ont autant de libertés qu'en Turquie ? Voilà d'ailleurs ce qu'ATATÜRK a prononcé peu après qu'il ait accédé au pouvoir : "Une société se compose de femmes et d’hommes. Est-il alors possible qu’une partie de cette société évolue, que l’autre soit négligée, et que l’ensemble progresse?” Et c'est ainsi qu'en 1926 en Turquie, les femmes ont acquis des droits identiques à ceux des hommes.



Mais revenons à nos moutons ! Samedi soir, il y avait de quoi manger et de quoi boire, étant donné que chaque fille avait apporté une de ses spécialités culinaires. Inutile de vous dire que ce fût une soirée interdite aux hommes où nous avons beaucoup ri, surtout en faisant quelques dedikodu croustillants. Pour le dessert, Başak avait choisi un gâteau très original comme on en trouve dans les bonnes pâtisseries d’Istanbul. Nous avions prévu quelques cadeaux rigolos pour Aksu, la future mariée.


A gauche mon amie Başak

La Kina Gecesi (nuit de l’henné) devrait se dérouler cette semaine, tout dépendra du planning de la future mariée. Vivement le mariage qui se déroulera sur deux jours et dans deux villes différentes... Avec cette fois-ci, la présence des hommes bien sûr ;-)

mercredi 31 octobre 2007

Quand le pont nous appartient



Souvenez-vous, l’année dernière Fred et moi avions couru la Fun Race qui avait lieu en marge du marathon Eurasia. Il faisait beau mais bien froid ce jour là, aussi nous ne nous étions pratiquement pas arrêtés le long de la course, et n’avions pris que très peu de photos. Nous étions en première ligne au départ et nous avons manqué, à notre grand regret, un beau spectacle : Celui où les turcs s’approprient le pont du Bosphore.



Cette année, c’est donc armés de nos appareils photos et de la volonté de ne pas courir tout le long du circuit que nous avons pris le départ… dans les derniers d’ailleurs ! Après 10 minutes de jogging, une fois arrivés sur le pont, c’est un tumulte indescriptible. Il y a foule : Les uns pique-niquent, les autres prennent des photos.



Certains organisent des démonstrations d’arts martiaux, d’autres jouent de la musique. Suspendus au dessus des flots, le pont appartient aux coureurs et marcheurs une fois dans l’année. Pour pouvoir être de la partie, rien de plus simple, il suffit de se procurer gratuitement des dossards auprès de la municipalité d'Istanbul.



Le reste du temps, craignant des suicides, aucun passant ne peut emprunter ce pont. La police surveille constamment ce trait d’union entre l’Europe et l’Asie. Aussi, il ne faut pas hésiter à saisir cette opportunité quand elle s'offre à nous.



Il est 10h30 du matin et on est bien loin de l’ambiance du groupe des marathoniens que nous avons vus passer le matin même à l’angle de notre rue. Ceux-là sont des vrais sportifs. Nous autres sommes plutôt des explorateurs : A quoi ressemble Istanbul vue d'en haut ? Quel effet ça fait de traverser ce pont à pied ? Combien de temps faut-il pour se rendre d’un continent à l’autre ?



Une bonne ambiance régnait au milieu des drapeaux qui flottaient ça et là, fête nationale oblige. Après avoir traversé le pont, les avenues sont tellement silencieuses. Plus une voiture ne circule en effet de Mecidiyeköy à Taksim.



On dépasse des étudiants, des lycéens, des sportifs, des familles, certains marchent ou courent même en sens inverse. Peu importe, l’atmosphère est bon enfant. Chacun est libre de faire ce qu'il lui plait !



Ce qui est palpitant d'ailleurs en ce qui concerne le reste de la course, c’est d’observer les milliers de gens qui nous entourent. Nous parcourons les 12.5 km en marchant, en courant, en stoppant pour prendre quelques clichés. C'est un véritable folklore qui s'exhibe autour de nous. J’ai d'ailleurs du mal à trouver les mots pour qualifier cette course un peu spéciale.



Cette journée reste en tout cas un de mes meilleurs souvenirs d'Istanbul.
Un moment qu'il faut vivre au moins une fois dans sa vie, tout simplement.

vendredi 19 octobre 2007

Italian Style



Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas mis les pieds dans une soirée VIP et le champagne commençait terriblement à me manquer. Aussi, quand j’ai reçu dans ma boîte e-mail une invitation pour le lancement des semaines de la Mode Italienne (Italian Style), je n’ai pas pu décliner une telle convocation.



Défilé de mode, verres de vin, buffet italien, paparazzi, stars turques, on pourrait penser que c’est tout le temps le même synopsis sauf que non, il y avait cette fois des gens très haut placés que je voulais absolument rencontrer. Voir et être vue, telle était ma devise de la soirée.


En costume gris, le Directeur des magasins de luxe VAKKO

La réception a eu lieu à HARVEY NICHOLS dans le centre commercial de Kanyon hier soir. C’était bizarre d’assister à un cocktail au milieu des stands de cosmétiques CHANEL et Christian DIOR. Nous avons admiré de belles parures de couturiers italiens. De BRIONI à MISSONI, une belle mise en scène autour du luxe.


Des bulles plein les yeux pour Onur et moi

Quand il s’agit de faire chic et raffiné, les italiens sont assurément maîtres en la matière. Ainsi, on pardonnera aux organisateurs le champagne en cannette servi avec des pailles, la Dolce vita tolère certains faux pas...

mercredi 10 octobre 2007

Un dimanche parfait



Se promener le long du Bosphore, sur la côte asiatique. Respirer l'air à plein nez. Absorber les rayons du soleil. S’asseoir dans un café de kuzguncuk et déguster un çay. Commander un yaourt de Kalınca.



Flâner dans les rues du village. Parler avec les gens du coin. Une petite coupe de cheveux pour Monsieur, quelques clichés pour Madame. Caresser les chats et rire de leurs poses nonchalentes. Slalomer entre les pêcheurs. Savourer chaque seconde comme une gorgée de miel.

mardi 9 octobre 2007

Nuit blanche riche en couleurs



C’est un peu comme les feux d’artifice du 14 juillet : Il faut attendre que la nuit tombe pour que les festivités commencent. La première édition de la nuit blanche d'Istanbul a donc eu lieu ce week-end. Programme à la main, samedi soir, Frédéric et moi avons préféré délaisser le match de rugby pour se cultiver un peu. Notre premier arrêt fût le musée de la Banque Ottomane, situé sur Vayvoda Caddesi, dans l’enceinte de Garanti Bank.



Au sous-sol, des archives à consulter concernant l’histoire de la Banque Centrale Ottomane, de nombreuses photos datant fin 19éme siècle, des vieilles coupures de billet, des correspondances, des titres de propriétés. Au total plus de 3.500 documents à consulter, la plupart écrits en français. Un musée qui vaut vraiment le détour.



A l’étage il était possible de visionner des films, mais nous ne nous sommes pas attardés. Nous avons pris la direction de Tophane. Un quartier rempli de cafés où les jeunes et les moins jeunes fument le narghilé assis en plein air sur des énormes poufs. Les parties de Tavla se disputent dans une ambiance feutrée sous les lumières des gros paquebots amarrés à quelques mètres. Paquebots qui semblent d'ailleurs se fondre dans le paysage tant ils ressemblent à de gros buildings.



Le musée Istanbul Modern est attenant au passage américain. Il y a foule dans l’Antrepo n : 3 où se joue un concert payant. Nous nous sommes introduits dans le musée d'art moderne afin admirer les artistes turcs. Changement de décor. Les photos sont interdites, aussi je me montre discrète mais je ne peux pas m’empêcher d’immortaliser quelques scènes...



A l’étage du dessous se tient une exposition photos sur Istanbul, des clichés colorés, poétiques, rigolos. Ça vaut le déplacement, mais il faut faire vite, le gardien commence à nous demander de sortir, le musée va fermer. Il est déjà minuit. Que faire ensuite ? Il y a bien une ou deux galeries d’art qui restent ouvertes cette nuit mais pas dans le quartier où nous sommes. Nous marchons un peu dehors, l’air est doux, mais le sommeil se fait entendre.



Pris par la fatigue, nous décidons que la nuit blanche ne le sera finalement pas. Visiter les musées la nuit fut une chose très agréable, il n’y avait pas foule et ce que nous avons vu était vraiment intéressant. Selon les organisateurs, il était question de modernité, pourtant nous avons eu l'impression de replonger dans le passé.
La nuit aurait-elle bouleversé nos repères temporels ?


Cette photo est particulièrement comique. Aucun des préposés ne regarde dans la même direction.

lundi 10 septembre 2007

Muhteşem*


Palais de Dolmabahçe

Je dis toujours qu’Istanbul a deux facettes, le jour, elle vous emporte dans un tourbillon de vitalité, elle vous assène de bruits, d’odeurs et de couleurs. La nuit, elle redevient Byzance, elle se pare de mille et une lumières : Elle vous charme, vous envoûte et vous prend en otage dans ses griffes dorées.



Samedi soir, Frédéric et moi avons été une fois de plus enivrés par les effluves d’Istanbul. J’ai d’ailleurs du mal à trouver des qualificatifs pour décrire la soirée à laquelle nous avons été invités. Il s’agissait de célèbrer les 100 ans du prestigieux Cabinet d’Avocats POSTACIOĞLU.


Smoking de rigueur

Pour l’occasion, Mr. Etem POSTACIOĞLU et sa famille ont réuni plus de 300 personnes dans les somptueux jardins du Palais de Dolmabahçe. Nous avons dénombré plus de 150 personnes pour nous encadrer et pour nous servir champagne, caviar et petits-fours au bord du Bosphore.


Arielle DOMBASLE interprétant quelques vieux succès musicaux

Tout en dégustant un menu composé par Carlo BERNARDINI (non Başak, tu ne rêves pas !) nous avons pu écouter Arielle DOMBASLE qui a interprété quelques chansons mexicaines et américaines. Elle a une voix magnifique, il faut l’avouer. Frédéric a pu échanger quelques mots avec Michel ROCARD, qui comptait parmi les convives, étant un fervent défenseur de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.


Frédéric et Michel ROCARD

Une soirée à l'addition salée, vous vous en doutez, car louer quelques heures les Jardins du Palais de Dolmabahçe (où 6 sultans et ATATÜRK ont vécu) a un prix. Mais quand on sait que le Cabinet POSTACIOĞLU a résisté à deux guerres, à des crises économiques, à des changements de gouvernement et de régime, on se dit que la famille a eu raison de commémorer cette date en grande pompe... Et nous beaucoup de chance de compter parmis les invités !

* Muteşem : Somptueux, magnifique. Se prononce “Moutéchéme"


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