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Du miel aux épices d'Istanbul...

mardi 11 mars 2008

Kahvaltı



Imprégner sa peau de soleil, se remplir les poumons d’embruns, humer l’herbe verte... Pour un petit-déjeuner parfait, ne pas oublier l’ingrédient principal : les amis !



Le dimanche, c’est en famille ou entre copains qu’on prend le kahvaltı en Turquie, qui a d’ailleurs les allures d’un brunch. Concombres, tomates, olives, fromages, miel, beurre, confiture d’églantine, oeufs au plat, pain de campagne, pekmez et son acolyte le tahin tiennent compagnie aux discussions animées, aux verres de çay ainsi qu’aux nombreux quotidiens turcs.



Dimanche, notre ami Onur nous a conduits à 20 km d’Istanbul, au bord de la Mer Noire, dans un petit coin retiré afin de s’attabler sur la terrasse d’un restaurant de poissons qui sert des petits-déjeuners pantagruéliques. Une crique prénommée Demirciköy qui est un havre de paix parfait pour décompresser quelques heures en admirant les camaïeux de vert et de bleu...

Uzunya Restaurant
Demirciköy - Sarıyer - Istanbul
Tel : (0212) 204 07 33 - 32

lundi 1 octobre 2007

Aya Sofya Müzesi



Située sur les hauteurs de Trabzon, à 4 km du centre ville, cette ancienne basilique s’élève sur l’emplacement d’un temple païen. Il aura fallu 25 ans pour construire l’église Sainte-Sophie (aya sofia) au XIIIe siècle. Même si cet édifice a connu plusieurs influences architecturales, Aya Sofia constitue un bel exemple d’architecture byzantine, avec un plan en forme de cruciforme et son dôme central très haut.



A l’origine, Aya Sofia était une basilique à 3 nefs qui fût transformée en église byzantine puis en mosquée aux temps des Ottomans. Le clocher quant à lui a été construit plus tard, en 1427. L’église a été restaurée à deux reprises, en 1864 puis en 1958. Convertie en musée en 1964, on peut y admirer de très belles fresques ainsi qu’un charmant jardin qui surplombe la mer noire. L'église de la sagesse divine de Trabzon est en définitive un vrai havre de paix.

vendredi 7 septembre 2007

Pavillon d'ATATÜRK



Construite entre 1890 et 1903 par une riche famille de banquiers, cette demeure blanche s’élève sur la colline de Trabzon, au milieu des pins. Dotée d’un grand jardin et d’une vue sur la Mer Noire, cette villa a hébergé un homme d’envergure : Mustafa KEMAL ATATÜRK.



En 1924, ATATÜRK se rend à Trabzon où il reçoit un accueil chaleureux, alors qu’il effectue son voyage automnal après la proclamation de la République Turque (29 octobre 1923). La mairie rachéte ce pavillon (ayant appartenu à la famille KABAYANIDIS) puis une délégation se déplace à Ankara en 1924 afin de remettre les clés et le titre de propriété au chef de la patrie.



En 1937, ATATÜRK déclare : "Etre propriétaire est devenu trop lourd pour moi, je veux donner tous mes biens à mon peuple." Peu avant sa mort, il léguera tout ce qu'il posséde à la trésorerie.



De nos jours, ce pavillon est transformée en musée (Atatürk Köşkü), et bien qu’ATATÜRK n’y ait effectué que 3 séjours au cours de sa vie, on y trouve de nombreuses photos, des objects personnels ainsi qu'un extrait du discours prononcé lors de son arrivée à Trabzon.

mercredi 5 septembre 2007

Thé noir : De la cueillette à la dégustation

Le thé, c’est une de mes boissons préférées. Quand j'étais petite, mes parents nous en servaient avec du lait au retour de la cueillette des champignons. Adolescente, j’en buvais le matin en y trempant mes pains au chocolat mais aussi le soir en revoyant mes leçons. Depuis que je vis en Turquie, vous vous doutez bien que je ne suis pas dépaysée et que je ne compte plus les verres de thé que j’ai absorbés. (Je regrette d’ailleurs qu’il n’y ait pas de comptoirs des thés à Istanbul afin de varier les plaisirs, mais il me semble qu’une boutique va bientôt ouvrir sur Beyoğlu :)


90 % des turcs boivent au moins un thé par jour

La première fois que j’ai aperçu des théiers (= arbres à thé) ce fût à Rize, c’est à dire il y a 1 mois de cela. C’est un paysage plutôt hors du commun puisqu’après avoir quitté les côtes de la Mer Noire (et ses sols bétonnés), on pénètre rapidement dans des vallées verdoyantes, où des petits arbustes verts et touffus se mêlent à de grands arbres. C'est un peu comme si on passait de la plage à la forêt amazonienne. Pas une parcelle de terre n’est défrichée, il faut dire qu’il pleut plus de 200 jours dans l’année dans cette région.


Les arbres à thé ne dépassent pas un métre de hauteur

Sur le bord de la route, nous n’avons pas cessé de croiser femmes et hommes qui ramenaient leur cueillette de feuilles de thé dans les entrepôts, un kilo de feuilles de thé (fraiches) est revendu pour 70 kuruş. C’était la saison de la récolte, qui a d’ailleurs lieu trois fois par an (mai, juillet et septembre). Au bord de la route, de nombreux sacs pleins de feuilles vertes étaient plus ou moins abandonnés en attendant qu’une camionnette viennent les collecter. En Mer Noire, il n’est pas rare de voir le thé descendre des collines, les paysans cueillent les feuilles à la main et les mettent dans des grandes caisses en bois qui descendent les vallées grâce à un systéme de treuils (comme sur la photo ci-dessous).



A force de voir ce spectacle autour de la cueillette du thé, je n’avais qu’une envie : Visiter une usine. J’étais curieuse de savoir quel parcourt empruntaient ces feuilles vertes pour arriver jusque dans mon mug d’eau chaude le matin. Aussi, Fred et moi nous nous sommes rendus dans une des principales usine de la région, Çaykur, le groupe posséde 42 usines en Turquie. Un peu culottés il faut le dire, nous avons prétendu à l’entrée être des journalistes français. Aucune question sur notre identité ou autre, un des ingénieurs nous a souhaité la bienvenue et la visite a pu commencer.



Alors qu’un camion transportant 5,5 tonnes de feuilles fraiches arrivait dans l'usine, Niyazi nous a indiqué que l’usine était ouverte 24h sur 24, 300 employés y travaillent par tronçon de 8 heures. Ces feuilles restent sur des tapis roulants pendant 6 heures, elles se déshydratent petit à petit. Ensuite, elles tournent dans de grands réservoirs et sont ainsi broyées pendant 45 minutes. Le circuit continue et les entraine 20 minutes sur des tapis où elles restent à l’air libre, puis elles passent au four (100 degrés) et y demeurent pendant 25 minutes.



L’usine met 8 heures pour traiter 9 tonnes de feuilles et elle tourne toute l’année grâce au stock amassé lors des récoltes. Les feuilles finiront par être broyées en petits morceaux (7 tailles différentes) et seront enfermées dans d’énormes sacs en toile pesant plusieurs dizaine de kilos. On utilise surtout les tailles 2 et 5, on réalise un mélange des deux.
Ce qui est surprenant c’est qu’on s’attend, une fois dans l’usine, à être enivré par des effluves de thé. Pourtant il n’en est rien, les feuilles fraiches comme nouvellement asséchées, devenues noires, n’ont aucune odeur. Celle-ci se développe plus tard, car les sacs de thé sont entreposés 1 an avant d’être ouverts, les feuilles sont mélangées et empaquetées de nouveau pour être ensuite vendues au grand public dans toute la Turquie.


Les fours qui vont assécher les feuilles de thé

Et vous voulez connaitre le comble de l’histoire ? Et bien à Caykur, malgré l’accueil chaleureux que nous avons reçu, on ne nous a pas offert un seul verre de thé, alors qu’on vous en offre toujours partout en Turquie. Etonnant non ?!

* Les photos de ce billet ont été prises par Fred avec son téléphone portable, mon numérique ayant rendu l’âme au cours de notre séjour.

vendredi 31 août 2007

Monastère de Sumela



Il y a certains édifices qui, des siècles après leur construction, continuent d’agrémenter la légende. Tel est le cas du Monastère de Suméla, construit dans le parc national d’Altındere, à 1200 mètres d’altitude, le long d’une falaise abrupte.


Le monastère semble aimanté à la paroi rocheuse.

On raconte que le moine Barnabas et son neveu Sophronius aient décidé d’édifier ce monastère en 385 après avoir découvert une icône de la vierge Marie sur ces lieux (dans une caverne). Cet édifice religieux de l’époque byzantine fût au cours des siècles attaqué, brûlé, détruit et reconstruit à plusieurs reprises.



Il est longtemps resté un lieu de culte privilégié et accueillait les moines qui venaient chercher dans ce cadre calme et verdoyant une nourriture spirituelle. Il a été abandonné par les congréganistes après le Traité de Lausanne, en 1923. On y accède par un chemin étroit qui longe la forêt, en marchant au dessus d'immenses racines. Puis un long escalier nous permet d'entrer dans cet édifice religieux.



Une fois pénétré à l'intérieur de ce vaste ensemble en pierres, seule la Chapelle se visite. Vous pourrez y admirer de très belles fresques datant du XVIIIe siècle qui racontent des scènes bibliques mais qui ont été malheureusement en grande partie endommagées. Le reste du monastère est fermé au public, pour cause de restauration.



Même si ce lieu est très fréquenté des touristes, il mérite le déplacement. Vous serez subjugués par la beauté des paysages (tout en grignotant quelques noisettes grillées achetées un peu plus bas). J'ose à peine imaginer le temps qu'il aura fallu et les moyens employés pour construire ce monastère retiré de tout.
Encore une fois, les hommes nous prouvent que la foi en un Dieu, en une cause, peut déplacer plus d'une pierre sur des montagnes.

vendredi 24 août 2007

Douce nuit chez l'habitant



Etant donné qu'il fait une chaleur épouvantable à Istanbul, je suis allée me mettre au frais en replongeant dans mes photos de la Mer Noire. Je n’avais pas eu le temps de vous raconter toutes nos aventures, aussi je délaisse Çeşme et ses plages de sable fin pour vous emmener dans un petit village appelé Olucak situé au sud de Trabzon, près de Gümüşhane.


Ruines et maison en pierres d'Olucak

Ce village ne figurait sur aucune de nos cartes ou guides, aussi nous n’aurions jamais pu y mettre les pieds si notre chemin n’avait pas croisé celui de Meçit. Nous étions en train de rechercher le monastère d'Imera quand nous avons rencontré sur notre route cet homme âgé de plus de 70 ans. Il était en train de monter une belle pente, à pied en plein soleil, aussi nous lui avons proposé de le déposer quelque part. Il nous a servi de guide puis nous a conviés à boire un thé dans son village, invitation que nous n’avons pas pu refuser.


Frédéric entouré de Meçit, son épouse et un voisin

Nous sommes devenus en quelques minutes l’attraction d'Olucak. Les gens qui passaient demandaient qui nous étions, puis nous invitaient à boire le thé chez eux. Quand nous avons questionné Meçit s’il connaissait une pension dans le coin, il nous a répondu que nous étions ses invités. Et c'est ainsi que nous avons décidé de passer la nuit dans ce charmant petit village.


Tenzile et son père

Nous avons pris le dîner chez Tenzile, qui habite Gümüşhane en hiver. La plupart des habitants d'Olucak vivent dans ce village d’avril à novembre. L’hiver, il y a trop de neige pour vivre là-bas. Ce qui restent nous racontent qu’ils passent leurs journées à se reposer à la maison : Il n’y a rien à faire. L’été par contre, il y a des travaux des champs, le foin à donner aux bêtes, les dedikodu (commérages) entre voisins. Une vraie vie de village !


La maison où nous avons dormi et la vue de notre chambre

Nous avons été hébergés dans la salle de vote. Une salle aménagée dans une ancienne étable qui ne sert à personne sauf aux amis des villageois et aux invités de passage. Douche, lits, électricité, rien ne manquait à notre confort. Nous sommes repartis de ce village après avoir pris un bon petit-déjeuner composé de thé, pain, confiture, fromage et börek faits maison, le tout posé sur une table basse ronde et plate (table qui sert à la préparation de gözleme et baklava).


Nos hôtes nous ont reçus comme des sultans !

Meçit habite Istanbul et nous nous sommes promis d’aller le voir dès son retour dans la capitale culturelle, après le ramazan. Il y a des rencontres qui ne s’oublient pas...

Ce qui nous a le plus marqué, en dehors de l'hospitalité* des habitants d'Olucak, c'est le don de soi. Chacun dans ce village veillait sur son voisin, ses parents, sa soeur, son frère. Pas de télévision, le soir on boit un thé chez les uns chez les autres, on discute, on cuisine pour les amis, on s'entraide.
Une vie simple, sans technologie ni chichi... Une vie véritable.

*Hospitalité qui n'est d'ailleurs plus un secret en Turquie, inviteriez-vous deux inconnus étrangers à dîner et dormir chez vous ?!?

jeudi 9 août 2007

A la recherche des 12 églises



Il faut s’armer de beaucoup de patience et être guidé par sa bonne étoile pour visiter la vallée de Korom (située à 30 km de Gümüşhane). Vous entendrez parler de 12 églises orthodoxes, de monastères anciens. Mais une fois sur place, aucun panneau d’indication, les routes sont en travaux, les chemins de campagne partent dans tous les sens. Aussi, quand vous découvrez par miracle une église dans un village retiré de tout alors que vous demandez votre route, vous vous sentez pousser des ailes. D’autant plus que vous ne pouvez pas imaginer les découvertes surprenantes qui vous attendent...



La première église que nous avons visité lors de notre périple en Mer Noire est quasiment inconnue des touristes. Elle est enfouie au milieu des arbres et de quelques maisons. Les habitants du village y font sécher du foin en le suspendant aux poutres. Aucune indication sur sa date de construction ni sur ses origines, on apprend simplement qu’elle s’appelle l’église de Musena.



En continuant notre route sur le hameau de Düzce, nous pouvons apercevoir quelques églises anciennes le long de notre chemin. Certaines sont en bon état, d’autres sont en ruines, et quelques unes ont été réaménagées en lieu de culte pour les musulmans comme le montrent les images ci-dessous :



Tout en haut d’une colline, toujours dans la vallée de Korom, nous tombons sur un très bel édifice mais la porte semble close. Frédéric regarde curieusement par le trou de la serrure et pousse ensuite la porte avec précaution, comme s'il y avait quelque chose de précieux à l'intérieur.



Il me dit de venir jeter un coup d’oeil, et.. Quelle ne fût pas ma surprise de voir des vaches, des veaux, des boucs au milieu de cet ouvrage religieux. Nous venions de découvrir l'arche de Noé !



L’église a été transformé en étable, comme nous l’explique Ebru et Murat, les deux enfants qui habitent la ferme à côté. Les bêtes sont protégées (et au chaud ou au frais selon les saisons), Dieu veille sur elles...



Un peu plus loin en poursuivant notre parcours, nous découvrons une nouvelle église en ruine. Toujours pas d’information sur sa date de construction, ni sur son nom. Nous ne pouvons que contempler l’édifice. On raconte qu'en 1857, les musulmans qui vivaient dans la région et qui parlaient le grec se sont convertis en masse au christianisme, aussi ils ont construits en toute hâte plus de 27 églises dans cette vallée.



Nous nous sommes dirigés ensuite vers Iméra, où l’on peut y admirer un ancien monastère datant de 1859. Toujours aucune indication sur la route à suivre. Heureusement, la chance vient à nous : Nous rencontrons Meçit, âgé de plus de 70 ans qui semble se diriger dans la même direction que nous. Ça grimpe et le soleil tape, aussi nous l’invitons à monter dans notre véhicule, et c’est alors qu’un flot de paroles nous envahit. Notre nouvel ami est très bavard et veut nous servir de guide au monastère qu’il connait bien puisqu’il va y chercher de l’eau de source toutes les semaines.



Il nous raconte qu’autrefois, des soeurs vivaient dans ce monastère, à côté duquel était bâti un village dont il reste encore quelques ruines aujourd’hui. Notre guide s’est avéré si gentil et bavard que nous avons été jusqu’à son village (Olucak) en fin de journée. Nous comptions rester avec lui le temps d'un thé, cependant, c'est finalement le lendemain matin que nous avons quitté son village... Mais pour cette partie de l'histoire, il vous faudra encore patienter !



C'était tellement bien nos vacances que nous y avons pris goût ;-)
Je pars demain dans le sud-ouest de la Turquie, retour le 20 août ! Pas de nouveau billet jusqu'à cette date...

mercredi 8 août 2007

Pokut et Sal yaylası


Sur les "yayla" seules les habitations traditionnelles peuvent être édifiées

C’est à 2050m d’altitude, sur les plateaux (yayla en turc) qui font face au mont Kaçkar, que vivent quatre mois dans l’année des familles privilégiées. En été, la vie est plutôt paisible là-haut : Les enfants jouent avec les vaches en plein air, les maisons construites en bois et en pierres ne possèdent ni eau courante ni poste de télévision. Les quelques voitures tout-terrain qui arrivent à monter jusque là sur une route ondoyante et rocailleuse restent garées en dehors du village.


A gauche, la voiture qui nous a hissés sur la haute plaine.

Seules les familles qui habitent là depuis plusieurs générations ont le droit de vivre chaque été sur les hauts plateaux, voir de faire construire de nouvelles maisons pour leur postérité. L’électricité a été installée il y a tout juste un an, avant cela chaque maison se servait de lampes à pétrole pour éclairer les fraiches nuits d’été. La route a été aménagée sommairement en 2002, auparavant, il fallait compter plus de 7 heures pour monter jusqu’au lieu de villégiature, en chargeant ânes et chevaux de vivres et de biens divers.



Chaque fin de printemps, c’est un peu le temps des transhumances, les familles reviennent habiter pour quelques mois dans leurs maisons haut perchées. En hiver, les plateaux sont désertés, il tombe en effet entre 6 et 7 métres de neige et des vents violents viennent secouer les habitations. Les toits sont fixés aux murs à l’aide de câbles en acier, sinon ils pourraient s’envoler dans les airs, comme ça été le cas plusieurs fois selon le récit de certains villageois.


Vivre en dessus des nuages...

Fred et moi avons donc débarqué un peu par hasard sur Sal yaylası par un bel après-midi ensoleillé et nous avons pu trouver de la place dans une pension aux allures de chalet Suisse tenue par une famille adorable. Avant l’heure du dîner, nous sommes allés nous balader sur le plateau de Pokut situé sur une haute plaine avoisinante. Un silence absolu planait, un paysage aussi pur que ressourçant s’offrait à nous.


A gauche le village de Pokut

En allant remplir notre bouteille d’eau à la source du village, nous avons rencontré une jeune femme venant d'Ankara qui habite à Sal Yaylası deux mois par an avec ses frères et leurs enfants. Nous avons été invités à prendre le thé dans leur maison de famille. Le temps s’est durci en quelques instants et le vent s’est levé avec force. C’est à ce moment là que des arcs-en-ciel se sont dévoilés dans le ciel et que mon appareil numérique a rendu l’âme, après avoir reçu un violent coup d’une fenêtre.



Sans photo à l’appui, croirez-vous à la suite de mon récit ?
Nous avons diné dans la cuisine de la pension (pain fait maison, muhlama = mélange de kaymak (sorte de mascarpone), farine de maïs, fromage et oeufs). La pension étant vide, le rez-de-chaussée s’est transformé dès la tombée de la nuit en une réunion de village. Petits et grands, femmes, hommes et enfants sont venus danser le horon accompagnés d’un tulum. Les femmes portaient le poşi (coiffe composée de deux foulards noués), tous se tenaient la main et tapaient des pieds sur le plancher. Nous les avons observé avec un peu de jalousie, devant tant de complicité malgré les différences d’âges. J’ai dansé quelques minutes le horon avec eux, en chaussettes sur le plancher. Un vrai moment de bonheur !


La cuisine de la pension salmacera

Le matin, nous avons été réveillés par les cloches des vaches se promenant dans le jardin. Du lait frais nous attendait pour accompagner nos tartines de pekmez ainsi qu’une assiette de helva. Une grosse marmite d'eau chauffait sur le poêle, en attendant l'heure de la douche.
En repensant à ces deux jours déconnectés du monde civilisé, je me demande finalement si je n'ai pas simplement rêvé. Ce belvédère verdoyant restera longtemps gravé dans nos pensées...


A gauche, la pension où nous avons séjourné

mardi 7 août 2007

Soğanlı Geçidi



Quand on prononce les mots “Mer Noire” on s’imagine des petits ports de pêche, de longues plages ensablées ou encore de belles criques baignées de soleil. La réalité en est tout autre... Du moins de Trabzon à Hopa (près de la frontière georgienne) il n’y a que du béton le long de la côte. Une grande route qui longe la mer et des immeubles de plusieurs étages peints de toutes les couleurs viennent dénaturer le paysage. Pas de plage mais de gros rochers noirs en guise de sable fin et une mer teintée de camaïeux gris.



Même s’il pleut 200 jours dans l’année en moyenne dans cette région, je trouve dommage que le bord de mer soit si vil. Par contre, dès qu’on s’éloigne des côtes, la région de la Mer Noire nous offre des paysages extraordinaires. Des vallées émeraudes, des plateaux déserts, des collines de théiers encerclées de brume ainsi que des monts qui s’élèvent à plusieurs mètres d’altitude.


Un berger et son kangal

Inutile de vous préciser que nous avons préféré visiter l’intérieur des terres et que nous avons découvert des paysages sompteux à vous couper le souffle. J’ai tellement à raconter que je ne sais pas par où commencer. Aussi, je vais tâcher de mettre un peu d’ordre dans mes notes et dans mes photos, et je vous invite d’ores et déjà à vous balader dans les décors de la Mer Noire. Il s’agit pour ce billet d’un endroit que l’on appelle Soğanlı Geçidi (soğan signifiant oignon en turc et Geçidi = col).


Les vaches et les sources d'eau sont nombreuses dans la région

C’est une route sinueuse et mal entretenue qui rejoint Bayburt à Of en passant par Uzungöl. Il nous aura fallu près de 4 heures pour passer d’une ville à l’autre (60 km), la route date de la fin de la première guerre mondiale et n’a jamais été goudronnée. Si vous souhaitez arpenter cette belle voie (qui grimpe jusqu'à 2460m d'altitude), je vous conseille de louer un 4x4, et de vous armer bien sûr de votre appareil photo...


Paysage de la Mer Noire

lundi 6 août 2007

Karadeniz


Hamsiköy

Il y a des régions où le temps semble s’être arrêté, où la technologie est évincée, où les hommes même les plus pauvres ont toujours quelque chose à vous offrir. Lorsqu’on s’aventure dans ces contrées, on constate à quel point les liens sociaux de nos sociétés modernes se sont distendus : Chacun vit individualistement, les familles sont scindées, les hommes ont falsifié la nature.

Lors de notre semaine en Mer Noire (Karadeniz), au milieu des paysages verdoyants magnifiques, nous avons reçu de belles leçons d’humanité que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Une semaine aura suffi pour nous rappeler "qu'il n'y a de richesse que d'hommes..."