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Du miel aux épices d'Istanbul...

jeudi 10 septembre 2009

Un vannier nommé Yaşar



Cigarette au bout des lèvres, peau basanée, Yaşar ressemblait à un cubain au visage vieilli par le soleil. Il entremêlait les tiges végétales avec une grande dextérité, entre deux nuages de fumée de tabac.



En quelques minutes, il pouvait réaliser la base d'un panier, et il lui fallait moins d'une heure pour finir son ouvrage qu'il vendait ensuite sur le bord de la route pour quelques TL. Il n'était pas le seul sur l'île de Gokçeada à réaliser ces paniers en osier qui servent ensuite à accueillir les récoltes de raisins et d'olives.



Tout un art qui se passe de génération en génération, de Rize à Izmir. J'ai toujours adoré les parasols en osier que vous voyez sur les plages de Turquie. Ils sont d'ailleurs tressés à la main et savent résister aux aléas de la météo. Ils ne dénaturent pas les plages, bien au contraire, ils les habillent avec poésie.



Mais Yaşar n'a sûrement pas le temps d'admirer le travail qu'il réalise, lui qui vit dans un logement précaire, au bord d'une des routes de Gökçeada...

Merci à tous ceux qui se sont inquiétés concernant les intempéries d'Istanbul. Le quartier de Beyoğlu n'a pas subi de dégats, mais il a encore plu toute la nuit. Contrairement à ce que l'on a pu entendre aux informations françaises, les quartiers touchés ne sont pas situés au centre d'Istanbul mais en périphérie, du côté de l'aéroport surtout. Quelques photos sont disponibles sur le site du journal d'Hürriyet. Mes pensées vont à tous ceux qui ont été inondés ou qui ont perdu des vies...

jeudi 3 septembre 2009

Gökçeada, suite et fin...


Village de Bademli

En me penchant sur nos photos de vacances prises dans les différents villages de Gökçeada, j'ai tendance à oublier notre déception en découvrant cette île. Tout le monde nous avait dit que nous allions adorer cette destination... Il y a certes quelques villages typiques à visiter, mais la plupart d'entre eux manquent d'harmonie architecturale. Le patrimoine historique n'a pas pu être conservé, on a souvent l'impression de se retrouver dans n'importe quel coin de Turquie face à des habitations de plusieurs étages construites en béton en plein milieu de nulle part, ou à côté de belles maisons en pierres anciennes.


Yeni bademli

De nombreux monuments sont en ruines, tout comme des maisons, des hameaux entiers ont été désertés. Finalement, ce n'est qu'une fois de retour à Istanbul que nous avons appris que cette île avait servi de prison ouverte (prison agricole, 1965). Afin de faire fuir la population grecque sans l'aide des autorités locales, on transférait certains criminels et violeurs de Turquie sur cette île pour travailler dans les champs.


Village de Tepeköy

Ces prisonniers particuliers commettaient parfois sur l'île des crimes impardonnables. Les grecs ont alors fuit en masse Gökçeada, craignant pour leurs filles et leurs familles. Je crois finalement que ces histoires anciennes hantent certains coins de l'île comme des fantômes, dans des villages que nous avons traversés, il planait comme un mal-être...



Après avoir fait le tour des différents villages que nous avons visités sur Imbros, je referme donc la parenthèse sur cette île turque de la Mer Egée à l'histoire particulière, et vous emmenerai dès demain vers de nouveaux horizons !

mardi 1 septembre 2009

Zeytinliköy, le village natal de Bartholoméos 1er



Lieu de naissance de l'actuel Patriarche Œcuménique de l'église orthodoxe grecque Bartholoméos (en 1940), Zeytinliköy est un village qui, comme son nom l'indique, est entouré de champs d'oliviers. Il se situe sur l'île de Gökçeada (Imbros).



Anciennement appelé Aghii Theodori, c'est ici qu'on vient déguster plusieurs spécialités de l'île : Le Dibek Kahvesi (dans le café de Madam Dibek, qui n'est malheureusement plus de ce monde), ainsi que la cicirya (sorte de pizza blanche agrémentée de fromage, thym et oeuf) ou bien la vişinada (boisson à la cerise).



Là encore, on pénètre dans un paisible village aux maisons en pierres, mais dont la plupart ont été abandonnées au siècle dernier. Moins de 80 personnes habitent ce village actuellement.



Les écoles sont tombées en ruines, après leurs fermetures (cette mesure concernait les écoles hellénophones de l'île et date de la deuxième moitié du 20ème siècle). On peut seulement se contenter d'admirer les vestiges de l'ancienne école primaire qui accueillait autrefois les enfants du village.



L'église orthodoxe grecque du village a été magnifiquement restaurée. Il faut dire que Bartholoméos Ier, l'actuel primat de l'Église orthodoxe de Constantinople, revient dans son village natal chaque année. Son père était le barbier du village et tenait aussi le seul café du coin.



J'ai appris dernièrement qu'il parle couramment 7 langues étrangères... Al Gore lui a donné le surnom de "Patriarche vert", car la protection de l'environnement est un thème qu'il affectionne tout particulièrement. Ce qu'on comprend aisément quand on visite Zeytinliköy, qui est un des rares villages de l'île à ne pas avoir été dévisagé par des constructions turques modernes...

jeudi 27 août 2009

Tuz Gölü : le spa (gratuit) de Gökçeada...



A deux pas d'Aydıncık Plajı, les vacanciers sont nombreux à se rendre sur le lac salé (Tuz Gölü) pour se refaire une beauté 100 % naturelle et gratuite pour tous. Il suffit de s'enduire le corps d'une boue de couleur noire (que l'on trouve sur du sol du lac, sous l'eau) pour lutter contre les rhumatismes et le psoriasis.



C'est aussi ici que certaines espèces animales de l'île viennent se nourrir, le sol étant riche en sel et en minéraux. De même, on raconte que cette gadoue sombre est très bonne pour la peau, aussi Fred et moi avons essayé ce spa naturel. j'avoue que la boue a une odeur bizarre et que nous n'avons remarqué aucune amélioration de la texture de notre peau après avoir bénéficié de ce soin. Nous avons surtout fait peur à notre chien Yakamoz !



Quoiqu'il en soit, nous avons passé plusieurs jours à regarder, amusés, les femmes et les hommes passer sur la plage avec leurs costumes noirs. Ils venaient tous se rincer dans la mer Egée une fois la boue séchée. Un spectacle dont on ne se lassait pas...

mardi 25 août 2009

Dereköy, le village grec abandonné



Situé à 16km de la ville principale de Gökçeada, Dereköy était jusque dans les années 1950 le village le plus peuplé de l'île, il était habité essentiellement par des familles grecques.



On y comptait pas moins de 22 cafés, 2 cinémas. De même, des épiciers, des couturiers, et d'autres commerces de proximité ainsi que 3 producteurs d'huile d'olive y étaient installés. On peut toujours visiter l'ancien lavoir, qui était le plus grand de l'île.





Actuellement, pas plus d'une quarantaine de personnes y vivent, un seul café fonctionne et une maison sur deux tombe en ruines. Bref, on dirait presque un village fantôme (appelé autrefois Schinoudi).



Le village possède cependant des églises orthodoxes grecques magnifiquement entretenues (Aya Marina et Koismesis Tis Theotokos) où des messes y sont toujours données. Malgré tout, il est bien triste de visiter un village comme celui-là, qui semble avoir perdu son âme alors qu'il devait être un des endroits les plus animés de l'île de Gökçeada il y a plus d'un demi-siècle.



Après cette période, toutes les écoles de la communauté grecque ont été fermées sous ordre du gouvernement turc, on a pu observer une grande expropriation. Certains grecs ont subi de fortes pressions pour quitter l'île, d'autres sont partis de leur plein gré afin de chercher du travail.



On croise toutefois quelques enfants qui s'amusent dans les rues en criant, ils apportent un peu de gaieté intra-muros, même si la plupart d'entre-eux quitteront l'île fin septembre, une fois les grandes vacances terminées...

lundi 24 août 2009

Kaleköy, un petit coin de paradis

Autrefois capitale de l’île, Kaleköy constitue aujourd’hui un des rares ports que l’on peut trouver sur Gökçeada. En fait, cette localité s’étend du bord de mer (kaleköy limanı) jusque sur les hauteurs d’une colline (yukarı kaleköy). La marina moderne en béton a malheureusement remplacé le port antique mais il reste cependant quelques vestiges anciens.



On peut en effet visiter les ruines d’une forteresse vénéto-byzantine construite sur une ancienne acropole athénienne. A quelques pas de là, un café à narghilé s’est installé et sert quelques snacks et boissons rafraichissantes en offrant une belle vue panoramique.



Le soir, le petit port de Kaleköy (Castro) est peuplé de touristes qui viennent s’attabler aux quelques terrasses de restaurants de poissons. Un des plus célèbres d’entre eux (yakamoz) domine le port et fait aussi office de pension. Le coucher de soleil sur la Mer Egée est un moment à ne pas manquer...



Sur le port, on peut admirer l’église de St Nicolas (Aghios Nikolaos) qui a été dernièrement restaurée avec des fonds publics turcs. A Kaleköy, nous avons dégusté, dans un charmant café ombragé (Mustafa’nın Kayvesı), une des spécialités de l’île : le dibek kahvesi.



Il s’agit d’un café turc, dont les grains ne sont pas broyés en machine mais à la main avec un mortier en bois. Nous avons pu aussi y acheter quelques confitures maisons (tomates, pastèque). C’était un petit coin de paradis, où nous avons croisé deux femmes agées qui triaient du thym séché (kekik) afin de le mettre en sachet. Tous les noms des rues étaient écrits à la main, sur des petits panneaux en bois.



A quelques pas de là, une vieille église orthodoxe bien conservée. Pour accéder à sa cour, il suffisait de traverser la terrasse du café. On se serait cru dans un village de provence, au milieu des maisons en pierres, des chants des cigales, sous le murmure des feuilles d’olivier bercées par le vent...

mardi 18 août 2009

Imbros, bercée par le vent, sous un ciel d'azur...



La première chose qui surprend quand on amarre sur les quais de Kuzulimanı, c'est le paysage qui s'offre à nous. Pas de port, pas d'habitation sur les côtes comme dans la plupart des îles de la Mer Egée. Sur Gökçeada, il faut parcourir plusieurs kilomètres avant de se retrouver au milieu d'un peu d'agitation. La ville principale porte le nom de l'île (qui signifie azur, ciel bleu), c'est ici que se situent supermarchés, office de tourisme, commerces, pâtisserie, caserne militaire et hôpital, loin de la mer.



A vrai dire, les villages de l'île n'échappent pas à cette règle, les hommes se sont installés à l'intérieur des terres, et non sur les côtes. Un des habitants de Gökçeada me donne une explication à cela : L'île s'appelait autrefois Imbros (ou Imvros), ce qui désigne un vent fort en grec. L'hiver, entre pluie et vents, les côtes sont inhabitables me dit-il...



Pas étonnant que les bulgares et les roumains viennent en nombre pratiquer le kitesurf. Le spot d'Aydıncık, où nous avons résidé quelques jours, est parfait pour la pratique de ce sport à voile : du vent, une longue plage, pas d'obstacle en vue (fils électriques, rochers) et des températures très agréables.



La végétation de l'île est particulière, tantôt on retrouve un sol semi-aride avec une végétation basse, tantôt on parcourt des hectares de pinacées ou d'oliviers.
Concernant les habitants, on parle le turc ou le grec, et on décore sa maison en fonction de ses origines. Les mosquées font face aux églises orthodoxes. On comprend aisément que l'île a vécu quelques déchirements et déplacements de populations.


Village de (eski) Bademli

Et puis partout, on peut apercevoir des chèvres qui sont en liberté sur l'île et qui broutent sans se soucier des quelques véhicules qu'elles croisent. Certains coins de Gökçeada sont parfois si calmes qu'on se croirait seul au monde, surtout lorsqu'on pénètre dans des villages fantomatiques...

lundi 17 août 2009

Gökçeada, l'île organique



Parmi toutes les îles de la Mer Egée, seulement deux sont annexées à la Turquie depuis le traité de Lausanne (1923) : Bozcaada (appelée autrefois Ténédos) et Gökçeada (Imbros). C'est sur cette dernière que nous avons passé une semaine de vacances, au milieu des chèvres, des oliviers et des plantations organiques.



La découverte de cette île de 290 m2 nous laisse un peu dubitatifs : malgré la beauté des 95 km de côtes, peu de villages ont gardé leurs âmes, leur caractère historique ; la plupart des édifices anciens sont en ruines, des villages entiers ont été désertés, le béton des nouvelles constructions turques côtoie les pierres taillées de vieilles maisons, formant un ensemble complétement hétéroclite.


Village de Tepeköy

Rien à voir donc avec l'île de Chios qui a su garder presque intact son patrimoine architectural et historique. Gökçeada a cependant un atout de taille : sa municipalité est très soucieuse de l'environnement de l'île. Ainsi, la plupart des paysans n'utilisent aucun engrais chimique pour cultiver leurs terres, la société Elta Ada, qui a été la première à commercialiser la vente de produits laitiers organiques en Turquie, est basée sur cette île.



Récit de nos vacances et de nos découvertes à suivre dans les prochains jours...

jeudi 23 août 2007

Péninsule de Gallipoli


Plage si calme, et pourtant...

Avant de partir à Çeşme, nous avons passé 3 jours sur la péninsule de Gallipoli, avec deux amis à Fred (Olga et Timur) venus spécialement de Russie pour passer leurs vacances avec nous. Nous avions réservé une pension près d’Eceabat. A moins de 5 heures de route d’Istanbul, cette destination permet de passer un long week-end au bord de la Mer Egée.


A gauche nos amis Olga et Timur

Nous étions là-bas pour nous détendre, cependant, impossible de faire l’impasse sur certains lieux qui commémorent les tristes combats qui ont eu lieu lors de la première guerre mondiale. La péninsule de Gallipoli (ou Gelibolu) est malheureusement connue pour le débarquement franco-britanique et la bataille des Dardanelles.



Nous avons visité le cimetière français (perte de 50.000 soldats) et le cimetière britanique (200.000 pertes). Les forces armées européennes voulaient alors anéantir l’Empire Ottoman, le but étant de se rendre ensuite vers Istanbul. De très nombreux soldats ont trouvé la mort sur cette péninsule se trouvant pris au piège par les forces armées ottomanes.


Le cimetière français où sont enterrés de nombreux soldats inconnus

Mustafa Kemal (ATATÜRK) comptait parmis les commandants des forces armées turques, cette victoire lui a permis d’acquérir par la suite une grande notoriété dans son pays.


Lieu de commémoration et cimetière des soldats turcs

De nos jours, la péninsule est un lieu très fréquenté par les turcs et par quelques touristes étrangers. Les édifices sont là pour nous rappeler toutes les atrocités de la guerre et se souvenir de tous ces hommes morts, si jeunes, lors d'atroces batailles.

mardi 21 août 2007

Des vacances au goût de mastic



Çeşme, où je viens de passer une semaine de vacances, évoque pour moi de nombreux souvenirs : Mes premiers pas sur le sol turc, mes saisons au Boyalik Hôtel en 2000 et 2001, les kumru (sandwich chaud comprenant fromage, sucuk, tomate, ketchup mayonnaise et pain au sésame) livrés après de longues journées de travail, la Mer Egée et ses dégradés de bleu, des étés gorgés de soleil, les dolmuş, le marché d’Alaçatı...


Çeşme et sa forteresse

En 5 ans, la région a bien changé et la ville de Bodrum semble s’être délocalisée. Les restaurants chics et les appartements luxueux ont poussé comme des champignons, les riches Istanbulioutes ont désormais un pied à terre là-bas et se mettent en vitrine en s'exhibant aux terrasses des lieux branchés.



Je n’ai finalement pas pris beaucoup de photos durant nos vacances hautement studieuses. La journée nous allions à Pırlanta plage où Frédéric prenait des cours de kite surf. Le soir, dîner sur Çeşme, Alaçatı ou Illıca. L’endroit est parfait pour des vacances reposantes car de par sa situation géographique, Çeşme est baignée de soleil tout au long de l’année et les vents qui soufflent sur la région en font un spot idéal pour la pratique du windsurf. Pas besoin de climatisation là-bas, même en plein été.


Pırlanta beach

Fred et moi avons pris le bâteau pour nous rendre une journée sur l’île de Chios, qui se situe à 7 km de le côte turque. Cette île est connue de tous les étrangers qui vivent en Turquie sans permis de travail. En une journée, il est possible de renouveler son visa touristique en se rendant sur cette île grecque.



La ville de Chios ne présente pas vraiment d’intérêt, afin de s’imprégner de la beauté de l’île rien ne vaut de louer une voiture ou un scooter et de visiter quelques villages typiques de l’île, des monastères anciens, des criques sauvages. Le patrimoine de Chios mérite vraiment le détour.


Village de Pyrghi

En 1822, 100.000 habitants de l’île furent tués par les turcs alors qu’ils tentaient de lutter contre l’occupation de l’Empire Ottoman. L’île compte aujourd’hui plus de 50.000 habitants et s’étend sur 858 km2. On vit à l’heure méditerranéenne : Les jeunes jouent au tavla sur les terrasses des cafés en buvant du café frappé, l’après-midi les boutiques sont fermées, tout le monde fait la sieste au frais. On fait sécher les tomates au soleil...



On appelle Chios l’île à mastic*, qui sert de préparation à de nombreux desserts turcs et grecs, le mastic est utilisé aussi dans la fabrique de cosmétique. Certains amis à moi s’en servent pour parfumer leur café ou en font des tartines au petit-déjeuner. Si vous ne connaissez pas, le mastic a un goût sucré et doux.
Si vous allez sur cette île, je vous conseille de ramener une bouteille de liqueur de mastic (mon péché mignon) et de déguster une bonne glace au même parfum, une fois de retour sur Çeşme...


Eglise située entre Mesta et Olympi

* Le mastic est une substance aromatique et résineuse qui suinte du tronc et des branches principales du lentisque ou arbre à mastic (Pistacia Lentiscus).