
J’ai le corps en
Europe et la tête en
Asie...
Bien sûr, ce n’est qu’une
métaphore, puisque je suis bien là, assise sur ma chaise, au dessus du continent européen, mais, en face de moi, par la baie vitrée, je ne vois que l’Asie... et le Bosphore.
Un pays, une ville, deux continents.
C’est un peu bizarre au début, de se dire "dans une demi-heure, je vais en Asie” sans avoir en poche passeport ni visa.
Juste besoin d’une
voiture, ou d’un
ferryboat.
Juste besoin de disposer de
quelques minutes devant soi, selon le moyen de transport emprunté et selon le flux de la circulation, bien sûr.
Une ville, deux continents, deux ponts.
On s’attend quand on se rend pour la premiére fois sur la
rive asiatique à un changement radical au point de vue architectural ou urbanistique.
Mais il n’en est rien.
Un peu plus de verdure, plus de tranquilité, moins de monuments historiques. C’est la seule grande différence.
Aprés, c’est la
même culture, la
même langue, les mêmes mentalités, la
même ville.
Chaque jour, ils sont des
milliers à faire
la traversée entre les
deux rives, pour des
raisons professionnelles essentiellement.
On travaille en Europe, on habite en Asie. Rarement le contraire.
Pourquoi un tel phénoméne ?
Tout d’abord parce que
les loyers sont moins chers en Asie, le prix est souvent divisé par deux, autant à la vente qu’à la location.
Ensuite,
on ne change pas aussi facilement de quartier.
Les
istanbuliotes ont leurs habitudes, ils aiment rester dans le quartier où ils ont grandi.
Enfin, le
travail est comme partout
instable, donc inutile de changer de lieu d’habitation, même si l’
essence est chére, même si on met
1h30 pour se rendre au bureau, demain on peut travailler ailleurs, qui sait ?
Il existe
deux grandes infrastrures qui s’élévent au dessus des flots et qui permettent de
relier les deux rives.
Le plus vieux,
le pont du Bosphore, a été inauguré en
1973, et c’est l’un des cinq plus grands ponts suspendus du monde.
Il s’éléve en effet à
64 métres de haut et
mesure plus d’un kilométre (1560 m).
Le deuxiéme est le pont de
Fatih Sultan Mehmet, construit par les japonais et achevé en
1988.
Des projets sont dans les esprits de certains hommes municipaux : peindre le dessous du pont du Bosphore aux couleurs de l’arc en ciel, construire un
troisième pont, etc.
La
traversée dans un sens ou dans l’autre, est toujours un
moment magique, et ce, malgré le temps, l’heure ou la densité de la circulation.
Survoler les bâteaux de pêche et les pétroliers,
Voir la ville en miniature,
Faire un
grand écart entre deux continents...