Quand le travail devient trop stressant, quand l'hiver s'installe à petits pas, quand le moral tombe dans les chaussettes, il suffit de faire un petit exercice de relaxation pour se sentir tout de suite mieux. On ferme les yeux, puis on se remémore un endroit qu'on aime, où le silence et la paix règnent...



Nos pérégrinations nous ont emmenés un jour d'août dans le village de Bulanık, construit tout en bois. Sur place, nous faisons connaissance avec quelques habitants. En deux minutes, nous recevons déjà trois invitations pour boire le çay avec de parfaits inconnus. Nous souhaitons cependant visiter auparavant l'église de Yeni Rabat, située à quelques kilomètres de là. Mais la route est bloquée, certains ouvriers y construisent un pont pour que l'accès y soit plus facile.



Le chef de chantier m’offre une tranche de pastèque, et n’oublie pas la part de Fred. En montant, un homme moustachu se joint à nous, il nous explique qu’il habite à Yeni Rabat, et qu’il n’y a là haut que deux maisons. Il est en quelque sorte le gardien de ce patrimoine culturel.



Quelques enjambées plus tard, nous faisons le tour de cette église qui a été utilisée par les chrétiens jusqu’au début du 19e s. Yılmaz nous colle aux baskets et nous sert de guide, il a peur que nous ne nous échappions avant d’avoir bu un verre chez lui.



Après notre tour culturel, nous approchons de la maison en bois de Yılmaz. Sa maman est en train de faire boullir de l’eau dans lequel cuit un fromage. Elle nous fait goûter cette pâte chaude et élastique faite à base de lait de vache qui est délicieuse.



Nous nous asseyons dehors et faisons connaissance avec la belle fille de Yılmaz, qui habite ce hameau un mois dans l’année avec ses deux enfants. Elle vit normalement sur Istanbul et nous propose deux verres d’ayran frais, un regal là encore. Alors que nous essayons de comprendre l’agencement de cette maison construite en bois, on nous invite à visiter les lieux.



Tout est parfaitement bien organisé, et le plus intéressant reste la cuisine qui sert d'entrepôt, avec une porte qu’il faut enjamber, ceci pour éviter que les souris ne rentrent. D’ailleurs, on se croirait dans une boutique avec d'énormes compartiments en bois où l’on a disposé farine et autres denrées alimentaires.



Dehors, un chien a les oreilles coupées, il paraît que c’est pour mieux entendre les bruits de la forêt. Yılmaz nous apprend qu’il y a parfois des ours ou des loups qui s’approchent de leur habitation. Avant que la nuit ne tombe, nous mettons les voiles en remerciant Yılmaz et sa famille. En bas du chemin, les ouvriers s’activent toujours sur leur mini-chantier.



Ils nous proposent encore de la pastèque et le thé chauffe au beau milieu du chemin sur une bombonne de gaz. Même perdus au milieu de nulle part, une chose est sûre en Turquie : Nous ne pouvons ni mourir de faim, ni de soif ! Et surtout, même en pleine forêt au milieu des bêtes sauvages, on ne se sent jamais totalement seul…