Difficile d’imaginer combien d’années se sont écoulées depuis la construction de toutes ces églises géorgiennes inscrites dans le patrimoine architectural du Nord-Est de la région de la Mer noire. Il fallait vraiment avoir la foi pour s’user au travail dans des régions aussi belles qu’escarpées.



Heureusement, malgré les différentes civilisations qui se sont succédées et, en dépit des nombreux pillages, certains édifices religieux tiennent encore debout. Ils font parti de ces monuments anachroniques à notre époque où le béton monopolise le paysage urbain de Turquie.



A 32 km de Yusufeli, il faut encore grimper dans un véhicule à 2 ou 4 roues pour visiter le monastère d’Işhan. A sa porte, un gardien nous délivre des billets d’entrée, 1 Ytl par personne ce n’est vraiment pas cher payé comparé à ce qui se dresse devant nous !



Nous prenons le temps de discuter avec le gardien, qui arbore fièrement un tee-shirt et un badge à l’effigie de la région qui l’emploie à temps complet ou presque. Une fois de plus, le lieu est désert alors que nous sommes en plein mois d’août. Il nous raconte pourtant que des bus remplis d’Israëliens ou de géorgiens défilent toute la saison ici pour visiter ce lieu saint.



L’église a été construite par Nerses III (641-661) et le site fût sérieusement endommagé suite aux invasions arabes au 7e s. Cinq inscriptions gravées en géorgien sur la façade nous informent que l’église a été restaurée à plusieurs reprises entre 917 et 1032. Le monastère était autrefois un des cinq patriarcats de Tao-Klarjeti et il a été utilisé comme une cathédrale jusqu’au 17e s. En 1987, le Ministère turc de la Culture et du Tourisme a inscrit ce monastère parmis les monuments culturels nationaux. Le site est depuis cette date protégé et sera très prochainement restauré.



Autour du monastère se dresse un village doté de nombreux arbres fruitiers, c’est un véritable oasis de verdure et de paix pour les vaches et les habitants qui vivent là-bas.


Quelques fruits séchés au soleil qui serviront de nourriture aux bêtes

Mais les plus chanceux d’entre tous sont sûrement les écoliers de ce village, puisqu’ils ont leur cour d’école et leur terrain de volley construits dans l’enclos du site. J’imagine déjà le sujet d’art plastique sur lequel les petits princes vont plancher à la rentrée. Pour eux, dessiner un monastère doit être plus facile que de dessiner... un mouton.