Vallée de Korom

Armés de notre guide touristique, nous avions découvert l’année dernière la vallée de Korom et ses nombreuses églises abandonnées. Parmis celles que nous avions visitées, une d’entre elles transformée en étable nous avait particulièrement marqués. Cette année, nous avons souhaité retourner sur les lieux pour savoir si les animaux étaient toujours logés à la même enseigne…



Une fois sur place, nous constatons malheureusement que seule une vache malade habite désormais dans cette vieille église. Mais au moins, cette dernière ne tombe pas en ruine. Une silhouette se rapproche et nous reconnaissons la jeune Ebru avec qui nous avions discuté l’année dernière. Après avoir échangé quelques phrases avec elle, son père Yılmaz au regard pétillant se joint à nous, intrigué par notre visite dans ce lieu peu fréquenté par les touristes.



Lui et sa famille habitent dans une maison à quelques pas de l’édifice religieux, il nous invite à prendre un thé chez lui, nous acceptons l’invitation… Dans la cuisine de sa maison il y a foule, mais Yılmaz est le seul homme et nous explique qu'il est retraité. Les maris des dames qui nous entourent travaillent en effet dans des villes avoisinantes telle que Gümüşhane, les femmes et les enfants ne résident dans cette maison qu'en été. Le reste de l'année, ils doivent vivre près des écoles et loin des collines ensevelies par la neige.



Alors qu'on nous installe une petite table en bois pour y prendre le thé, le vent souffle fort dehors. Devant nous sont disposés des olives, du pain, de l'helva et du fromage. Seul Yılmaz, Fred et moi buvons le çay et alors que les femmes discutent avec nous, les enfants nous regardent avec curiosité sans rien manger ni boire.



Nos conversations oscillent entre la description de la vie à la campagne, la politique, la cuisine, la vie scolaire... Si bien que le temps passe à une allure folle. En repartant, nous offrons un pot de confiture que nous avions dans la voiture à Gülbahar, la grand-mère au si joli prénom (rose de printemps). Toute la famille est dehors pour nous dire au revoir et pour soigner ensuite cette pauvre vache alitée dans l'église.

Dans cette belle vallée verdoyante, il semblerait que Yılmaz et sa famille ne fassent aucune distinction entre les hommes et les animaux quand il s'agit d'être aux petits soins avec quelqu'un...