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Du miel aux épices d'Istanbul...

lundi 30 juin 2008

Un soir d'été



Pêcheurs de Kabataş

vendredi 27 juin 2008

Voguer au fil des ans

L'idéal serait de vieillir comme on vogue sur le Bosphore, un soir d'été : Savourer chaque moment et vivre dans le présent, naviguer avec sérénité, garder toujours le moral comme on maintient le cap, s'émerveiller encore et toujours...


Bars branchés d'Ortaköy

Grâce aux 30 ans d'Elif, célébrés entre amis sur les flots, je me suis rendue compte que finalement, c'était plutôt plaisant de vieillir ; parce que l'épanouissement, le bien-être intérieur et la réalisation de soi forment un parcours semé d'embûches qui se résume en un mot : Expérience. Plus on grandit, plus on est en phase avec soi-même.


Pont du Bosphore, mosquée d'Ortaköy

Istanbul devait être extraordinaire dans sa jeunesse Byzantine, mais même après des siècles d'histoire, sa beauté est encore présente. Pas de botox, ni de crème anti-âge, juste un éclairage particulier qui ajoute un cachet inestimable aux vieux édifices.


Quartier de Bebek

Istanbul cultive cette lumière (naturelle ou artificielle) qui la sublime, un peu comme celle que l'on devine dans les yeux des grands-pères et grands-mères.


Rumeli Hisarı

Inutile d'en dire plus, les photos parlent d'elles-mêmes : Dans les iris bleus du Bosphore tout comme dans les différents âges de la vie, qu'il est agréable de voguer, n'est-ce pas ?



Pont du Bosphore et son éclairage changeant






A gauche, l'école militaire


Elif, qui rentre dans la trentaine... avec joie


Quelques invités de la soirée

jeudi 26 juin 2008

Arnavutköy



Embarcadère d'Arnavutköy
Istanbul


Discover Martin Adrian!

mercredi 25 juin 2008

Sanctuaire de Létô



Il n’y a sûrement qu’en Turquie qu’on peut s’introduire dans un site inscrit au patrimoine de l’Unesco et y rencontrer, en guise de gardien, un animal à quatre pattes... Pas de barrière, pas d’accès payant, juste des portions de colonnes qui gisent au milieu des herbes folles.



Le letoon, appelé aussi sanctuaire de Létô était autrefois administré à Xanthos, la plus grande ville de la lycie antique. Il existe de nombreuses légendes liées à la déese Létô. D’après la mythologie grecque, cette dernière aurait eu une liaison avec Zeus, et serait tombée enceinte. Elle donna naissance à deux jumeaux, Apollon et Artémis, sur l’île de Délos. Mais Héra, l’épouse légitime de Zeus, chassa Létô de l’île et la déesse arriva en Lycie, après quelques jours d’errance dans la mer égée.



Elle chercha une source d’eau pour abreuver ses deux enfants mais les paysans du coin ne se montrèrent pas du tout accueillant et tentèrent de les chasser tous les trois. Létô leur jetta un mauvais soir et ils firent tous transformés en grenouilles.



Le site antique de Letoon était un des principal sanctuaire religieux de la région, et comprenait jadis trois temples : Le plus important dédié à la déesse éponyme, et deux dédiés à chacun de ses enfants, Apollon et Artémis. La restauration du site a commencé dans les années 60, grâce à une mission d’archéologues français.



Le projet prévoit la reconstruction du sanctuaire, on peut d’ailleurs remarquer sur place que tous les fûts des colonnes ont été classés et répertoriés. On raconte que quand le temple sera reconstruit selon les plans d'origine, il deviendra un des plus beaux sites antiques de Turquie...

mardi 24 juin 2008

Evlendiler !



15 minutes chrono, c’est le temps nécessaire pour marier (civilement) deux turcs à Istanbul. Tout est réglé à la seconde près afin que les nombreux couples qui se succèdent passent tous à l’heure.



Heureusement, la fête qui suit est plus longue, et quand il s’agit du mariage de Simay (la collaboratrice de Frédéric), une jeune femme bourrée d’énergie, on est certain de ne pas passer la soirée assis sur une chaise...



C’est sur la rive asiatique que Simay et Bora ont célébré leur union, dans un restaurant bien sympathique où l’on a dansé jusqu'à en perdre haleine sur de la pop turque interprétée en live.



Pas de discours, ni de surprise de la part des amis ou de la famille : En Turquie, un mariage est avant tout un dîner dansant où sont réunis les proches des mariés et de leurs parents.



Nous avons passé une excellente soirée dimanche soir, au milieu d'une centaine d'invités. De quoi commencer l'été dans l'allégresse, la musique, et l'amour bien sûr... Tous nos voeux de bonheur aux jeunes mariés ! Hayırlı Olsun !

lundi 23 juin 2008

Türkuaz



Ölüdeniz - Fethiye
Région de Mugla


Discover Burak Aziz!

jeudi 19 juin 2008

Tlos

Sur toutes les côtes de Turquie, les vacances ne sont pas seulement synonymes de plage et de détente. Il est aussi question de tourisme culturel, on peut partir à la rencontre des civilisations anciennes qui ont laissé de nombreuses traces au cours des siècles. Dans certaines régions d'ailleurs, un site antique nous attend presque sur chaque colline...



A Fethiye, il suffit de rouler quelques kilomètres loin des bikinis pour se retrouver au milieu des ruines antiques et de régions peuplées dès le 3éme millénaire. Montagnes escarpées, reliefs tout en contraste : Bienvenue sur la peninsule de Teke, connue par tous les archéologues sous le nom de Lycie.



Cette région s'étend de Fethiye à Antalya. Le week-end dernier, profitant d'être dans le Sud-Ouest de la Turquie, nous avons visité quelques sites anciens avec les parents de Frédéric en vacances parmi nous. A commencer par Tlos, cité antique qui date de 2.000 ans avant JC.



Autrefois dotée de bains publics, d'un stade, d'une église, d'un théâtre, il ne reste aujourd'hui pas grand chose de Tlos où ont pourtant résidé différentes civilisations. La ville basse semble s'être développée plus tard, à l'époque Romaine.



Les archéologues s'intéressent de très près à cette région de Turquie parsemée de ruines et de sarcophages, car le mystère de la Lycie n'a pas encore été tout à fait percé, et concernant Tlos, les informations ne sont pas tellement étoffées. On sait toutefois que cette cité antique était un lieu de culte traditionnel de Kronos (Dieu ancien).



Au milieu des ruines d'une des plus ancienne et importante cité de la Lycie, on y admire de très beaux sarcophages, il faut dire que les Lyciens étaient très doués pour l'architecture religieuse.



L'entrée du site est payante (5 YTL) et le gardien semble s'ennuyer dans sa petite cabane, il n'y pas foule qui s'intéresse à l'habitat Lycien. A croire que les flots bleus d'Ölüdeniz captivent plus que les vieilles citadelles perchées...

mercredi 18 juin 2008

ÖSS

Alors que pour certains le petit-déjeuner dominical prenait l’allure d’un brunch en célébrant la fête des pères, pour d’autres il s’agissait d’un événement crucial à ne pas rater. Dimanche matin, le 15 juin dernier, ils étaient plus d’un million cinq cent mille lycéens en Turquie à se présenter aux épreuves de l’ÖSS, Öğrenci Seçme Sınavı, pour 195 minutes de QCM.


Entrée de l'université de Droit de Beyazit - Istanbul

En France, on apprend aux lycéens à réfléchir longuement et à disserter des heures sur des sujets du BAC, mais en Turquie on demande aux étudiants d’être rapides et d’avoir une mémoire très développée. Mathématiques, histoire, géographie, biologie, langues étrangères, autant de matières traitées pour determiner quelle sera l’université qui leur permettra de poursuivre des études supérieures.

Cet examen ne repose pas sur de simples questions auxquelles il faut répondre par oui ou par non, ce sont surtout des solutions d’équations à retrouver, des villes à placer sur des cartes vierges, des schémas d’expériences qui permettent d'en sortir une formule. Il y avait cette année parmi les questions les plus simples :
(4,9 / 0,49) + (0,1 / 0,01) = ?
A)11 B)20 C)50 D)59 E)110
Vous avez trouvé en moins d'une minute sans utiliser la calculatrice ? Bravo ! Pour ma part euh... Laissez moi reprendre un ou deux cafés ;)

Tous les lycéens turcs de dernière année preparent l’ÖSS depuis le mois de septembre 2007, et les dershane (classes de cours privés) ne désemplissent pas, et épongent même les économies des familles turques. Autant vous dire que, chaque année, la pression est grande pour ces millions de lycéens remplis d'espoir. Les résultats de cette épreuve d'entrée aux universités turques seront connus d’ici un mois, en attendant les lycéens de dernière année peuvent décompresser et partir en vacances.

Si certains parmi vous ont déjà passé l'ÖSS, dites-nous dans les commentaires vos impressions à ce sujet...

mardi 17 juin 2008

Sensations fortes


Pieds de l'apprentie parapentiste

C’est vrai je l’avoue, je ne m’étais pas trop posée de questions. Fred avait envie de tenter l’aventure et de partager ce moment avec moi. En voyant la veille tous les parapentistes atterrir près de la plage d’Ölüdeniz, cela m’avait même donné envie alors que je ne suis pas une grande fan de sensations fortes.


Quelques minutes avant le départ avec mon moniteur, Hüseyin

13h20, rendez-vous devant le club de parapente, il y trois anglais avec nous et je suis la seule femme du groupe. Emre, à l’accueil, me prête une paire de baskets pour remplacer mes tongs, et le chauffeur nous conduit jusqu'au véhicule du club. Durée de la montée : Une heure, sur une route caillouteuse non goudronnée. Au fur et à mesure que nous montons sur babadağ, la température s’adoucit, nous dominons Ölüdeniz et nous nous demandons tous si nous avons bien fait d’être là… Mais à présent, impossible de faire marche arrière !


Fred enfile sa combi, puis RV sur la piste pour le gonflage de la voile

Une fois arrivés au sommet, chaque moniteur s’empare d’un élève débutant et l’aide à enfiler combinaison et casque puis le reste du matériel. La pente de décollage ne ne nous impressionne pas, bien au contraire, puisque nous n’avons pas l’impression de nous jeter d’une falaise et dans le vide, mais plutôt de nous élancer dans un océan de bleu : Le ciel et la mer fusionnent à l’horizon. Le paysage est à couper le souffle.


Décollage réussi pour Fred (voile jaune)

Fred part en premier, moi juste après. Quand mon tour arrive, pas le temps de réaliser la folie que je réalise, car même si les accidents sont rares en parapente, une fois dans les airs on se rend compte que la vie tient vraiment à peu de choses appelées suspentes (ficelles). Nous partons bien sûr tous en tandem, Oğuz est avec Fred, Hüseyin avec moi.


A 1.800 m d'altitude

Notre voile se gonfle, on court quelques pas et puis nous sommes comme aspirés dans les airs, et l’on monte vite jusqu’à 2.000 m. d’altitude. Les cinq moniteurs du club sont associés, et réalisent de 3 à 5 descentes en parapente par jour, de mai jusqu’à début octobre. Autant vous dire qu’ils sont expérimentés et tous diplômés.


Notre tandem = La voile rouge

Certains trous d’air me font quelques sensations fortes, mais pas de quoi être malade. Hüseyin me demande d'ailleurs souvent si mon estomac va bien au cours du vol libre. Nous frôlons les falaises et les arbres, puis descendons vers la mer. Entre temps, Hüseyin prend des dizaines de clichés souvenirs, et enlève mon casque, on se sent libre comme l’air.


Le tandem de Fred à droite, le mien à gauche

La vue est époustouflante, sous nos pieds, les forêts de pins nous éclaboussent de vert, et le turquoise des eaux maritimes nous donne envie de libérer les suspentes et de se laisser tomber directement dans la mer. Fred et son moniteur volent tout près de nous, puis je les vois descendre en vrille, Hüseyin me demande si je veux faire la même figure acrobatique, non merci, je veux avoir encore des choses à tester pour mon prochain vol…


Fred et Oğuz, portés par le vent

Il me tend alors les commandes, et m’indique que pour tourner à droite il ne suffit pas de tirer sur la ficelle de droite, il faut aussi accompagner ce geste avec tout son corps. Ça paraît bien simple comme exercice, je prends un réel plaisir à diriger notre aile rouge.


Fred au dessus des eaux turquoises d'Ölüdeniz

Nous pouvons admirer quleques montagnes de la région de Mugla, ainsi que la ville de Fethiye. Nous survolons ensuite le célèbre lagon bleu d’Ölüdeniz, une des cinq plus belles plages du monde. La plage est surtout magnifique vue d’en haut car trop touristique, l’entrée y est d’ailleurs payante (3 YTL piéton, 11 YTL voiture).


La lagon bleu d'Ölüdeniz appelé aussi mer morte

Après 40 minutes de vie en apesanteur, il est temps de rejoindre la terre… Ou plutôt la plage puisque la base d’atterrissage se situe à quelques mètres de la mer. Hüseyin me donne quelques explications pour la phase d'approche et l’atterrissage, il suffit de se lever quand il me le dira et de faire ensuite deux ou trois pas au sol.


Notre atterrissage réussi à la perfection

Je m’exécute, nous nous arrêtons en douceur et de façon nette et précise, même pas besoin de marcher. Au sol, je rejoins Frédéric un peu pâlichon, les vrilles ont eu raison de son estomac. Pour ses 40 ans, il voulait des sensations fortes, je crois que le voilà rassasié !


Hüseyin et moi, dans les airs et sur terre

Si vous passez par Fethiye, voici les coordonnées du club de parapente :
Ikarus
Carsi Cad. N : 2 Belcekiz
Ölüdeniz – Fethiye / Mugla
Tel. 0252 617 05 00
www.Ikarus.com.tr


La terre est bien ronde !

Compter 80 € par personne pour un vol libre en parapente en tandem, assurance, transfert pente de décollage et matériel (chaussures, combinaison..) compris.
Possibilité de filmer et / ou de prendre des photos de votre vol

lundi 16 juin 2008

Deliyiz Biz*


Hüseyin et moi

Nous étions ce week-end à Ölüdeniz tout près de Fethiye avec les parents de Fred. Le jour de la fête des pères, nous sommes montés à 1700 m d'altitude sur Babadağ (la montagne du papa) afin de sauter dans le vide... en parapente.


Oğuz et Fred

Sensations fortes et paysage hors du commun.
Récit et photos à suivre dès demain...

* Nous sommes fous, référence à une chanson d'Ajda Pekkan.

Ps : Bon anniversaire papa :)

jeudi 12 juin 2008

Entre deux eaux



Mosquée bleue et Mosquée de Sultanahmet

mercredi 11 juin 2008

Şanlıurfa : La ville oasis



L’entrée dans cette ville ne peut pas être plus accueillante, une banderole signale aux nouveaux arrivants que chaque touriste est un ambassadeur. L’esprit d’hospitalité résonne donc dans toute la Turquie, jusqu’à la frontière de la Syrie.



Appelée autrefois Edesse, la ville d'Urfa s'est vue s'enrichir d'un adjectif qualificatif dans les années 80, faisant référence à sa victoire antérieure sur les français, devenant ainsi Şanlıurfa (Urfa la glorieuse). De nos jours, les turcs utilisent les deux noms pour qualifier la ville.



Nos premiers pas dans Şanlıurfa sont animés de curiosité et d'étonnement en voyant les vêtements et les coiffes des hommes et des femmes. On croise de tout, c'est un vrai melting-pot. Mais ce qui est le plus surprenant, c’est ce turban couleur lavande, aux motifs parfois floraux que les hommes portent autant que les femmes, mais qu'ils nouent différemment.



Cette couleur, liée à la spiritualité sur d'autres continents, si douce à côté des visages tanés et des regards sombres des locaux, a quelque chose de particulier. J’interroge Cemal, notre guide et l’enfant du pays, n'ayant jamais vu ce turban à Istanbul.



Il me raconte que ces foulards ont fait leur apparition il y a quelques années, et que le gouvernement s’en est inquiété. Une nouvelle ethnie, une secte ? La police mena l’enquête et se rendit compte que ces foulards venaient de Chine, ils étaient vendus si bon marché que les stocks ont vite été épuisés. Nous ne résistons pas à cet achat souvenir, que le vendeur ambulant nous noue à une vitesse éclair.



Nous formons un groupe au look bien “touriste” mais tant pis, ce foulard a un avantage incontestable : Il nous protège du soleil qui frappe sur nos têtes, alors que nous attaquons l’ascension de la colline pour atteindre la citadelle de la ville. Une fois arrivés au sommet de la colline de Damlacık, un beau panorama s’offre à nous et à la vue des maisons basses aux toits plats, nous avons l’impression de dominer une ville du Maghreb.


Au sommet, les deux célèbres colonnes, le légendaire trône de Nemrod

De l’autre côté de ce beau panorama, des gecekondu s'élèvent en nombre. Un mariage y est célébré, dans la rue les gens dansent en farandole avec leur coiffe couleur lavande, nous regardons quelques minutes ce spectacle improvisé en plein air et rempli de gaîté, avant de redescendre vers la ville et sa verdure.



Nous prenons ensuite place dans un café qui est installé à l’ombre dans le quartier de Gölbaşı. Mes amis commandent un thé, mais je préfère goûter au café local, le smyrna. La tasse est concave et le café digne des expressos italiens. Je bois avec appréhension, le goût est âpre, impossible de siroter ce breuvage amère.



Je rajoute en douce un sucre, chose que l’on ne fait normalement pas. Mais impossible d'en boire plus. Bariş m’indique que la tasse dans laquelle on sert ce café est normalement tellement ronde qu’on ne peut pas la poser sur la table. Il faut la garder en main, et quand le café est bu, il est de coutume de retourner la tasse sur la coupelle.



Nous nous dirigeons ensuite vers le complexe de Dergah ainsi que vers le Göl d’Urfa, peuplé de poissons aussi gros que des saumons d’élevage. Tous les gens sont accroupis et observent ces vertébrés aquatiques qui s’animent.


Carpes sacrées du bassin d'Abraham

Verdure, canaux, le quartier est magnifique, un vrai havre de paix qui porte en soi tant de légende... C’est à Urfa que naquit en effet le prophète Abraham, on peut d'ailleurs visiter la grotte où il est né dans le complexe de Dergah. Adam et Eve résidèrent aussi dans cette ville. Nous pénétrons ensuite dans l'enceinte de la mosquée d’Ulu Camii, datant du 12e siècle.


A dte, un jeune garçon paré de blanc pose avec sa famille, avant d’être circoncis

Nous passons quelques heures à Gölbaşı mais le ciel se couvre et une averse s’abat sur la ville. Dans un cas comme celui là, une seule solution pour ne pas se mouiller : S'infiltrer dans un bazar couvert. Foulards, épices, vêtements, le choix ne manque pas dans les différentes échoppes.



Nous craquons d'ailleurs pour beau tapis tissé dans la région, et repartirons avec dans nos valises après une bonne demi-heure de négociation et le déroulage d'une cinquantaine de tapis. Quoi de mieux que de finir la journée sur des éclaboussures de couleurs vives et... Une bonne dizaine de çay ?

mardi 10 juin 2008

Le sens des affaires



Rue de Diyarbakır

lundi 9 juin 2008

Neme lâzım be Sultanım !

Autrefois, les Sultans se souciaient beaucoup de ce que pensait leur peuple. Plutôt que de recevoir certains de leurs sujets au palais, ils préféraient délaisser leurs habits élégants pour quelques heures afin de se mêler à la foule en tout anonymat. Ils pouvaient ainsi mesurer la satisfaction générale et comprendre ce qui minait le moral de leur empire.



Au moment où son empire avait atteint son apogée, le Sultan Süleyman s’inquiétait terriblement de le voir un jour s’effondrer. Il alla voir son frère de lait qui s’occupait du peuple, et lui demanda de rédiger une lettre au Saint Yayha connu pour sa sagesse. Sur cette missive, une seule question fut posée : Quel est le plus grand danger pour mon empire ?
La réponse ne se fit pas attendre longtemps, et se résuma à quelques mots calligraphiés noir sur blanc : Neme Lâzim be Sultanım ! qui pourrait se traduire par Qu’est ce que j’en ai à faire mon Sultan, ou encore Je m’en fiche mon Sultan. Süleyman ne comprenait pas, comment un Saint pouvait-il lui répondre une phrase qui puisse l'offusquer à ce point ?
Son sang ne fit qu’un tour. Non, il devait sûrement y avoir un sens caché derrière ces paroles familières.



Ainsi, il se rendit directement à la maison du Saint et lui demanda des explications : Yayha Efendi, comment pouvez-vous écrire de telles paroles, vous qui êtes rempli de sapience ? Cette phrase est trop simple et familière pour être écrite par vous. Je ne comprends pas, je ne peux pas croire que vous vous moquiez de moi.
Sur ce, le Saint lui répondit : Non, je ne me suis pas moqué de toi. Tu m’as demandé quel était le plus grand danger pour l’Empire Ottoman et je t’ai répondu... Si dans un état, il n’y a plus de justice, si les riches ne s’occupent plus des pauvres, si les besoins des gens ne sont pas pris au sérieux, si personne ne s’occupe de ceux qui n’ont plus de famille, si le peuple dit "Neme lâzım be Sultanım" alors on constatera le réel déclin de ton empire…



Quelle belle histoire... J’ai travaillé sur ce texte avec Aslı, mon professeur de turc (qui parle le perse et l’ottoman). C’est une histoire qui reflète bien la mentalité turque, et ces lignes historiques sont toujours d’actualité. Les turcs se soucient vraiment des autres, et bien souvent ils proposent leur aide sans rien attendre en retour. Voilà pourquoi quand un étranger s’installe ici, il s’y sent bien car il est accueilli comme dans son propre pays...

* Les photos qui illustrent ce post ont été prises dans les rues de Diyarbakır et Urfa

vendredi 6 juin 2008

Du pois chiche au kebap


Pois chiche frais (qui s'achète dans les rues de Diyarbakır)

Découvrir une région, ce n’est pas seulement voir défiler des paysages, se faufiler dans quelques rues étroites ou encore visiter des vieilles pierres. C’est aussi humer les odeurs des bazars, caresser les noeuds d’un tapis ancien et se délecter de nouvelles saveurs.



Dans chaque ville, il faut se demander : Quels aliments cuisine-t-on le plus ? Quelle cuisson privilégie-t-on ? Quelles influences des autres cultures y-a-t-il ? Quelles épices servent à parfumer les köfte ? Tout cela en dit long sur l'histoire d'une ville. Ainsi, l’apprentissage des us et des coutumes locales peut se faire aussi devant une assiette bien garnie.



Dans le Sud-Est de la Turquie, nous n'avons pas dérogé à cette règle et en quatre jours, nous en avons mangé de bonnes choses. J’ai constaté trois différences par rapport à ce que l'on peut déguster à Istanbul :
- Les prix sont nettement moins chers,
- Même si vous demandez un plat non épicé (acısız) ça reste quand même épicé,
- Sur les tables des restaurants est disposée une bouteille de sauce à la grenade (Nar sos) qui permet d'agrémenter les salades.



Partout, il est possible de se restaurer avec des viandes grillées, une assiette de pilav, des lahmacun, des döner kebap : On reste quand même dans la gamme des plats turcs dits "classiques", bien que les épices qui parfument les mets soient différentes.


Urfa Kebabı et Beyti Kebap

A Urfa, il faut absolument goûter le kebap qui porte le nom de la ville (Urfa kebabı) et qui n’est pas épicé contrairement aux autres plats de la région. Un délice, surtout quand il est saupoudré de pistaches broyées.


A gauche le Künefe, à droite le Kadayıf

Pour les desserts, impossible de résister devant un künefe à base de fromage et de cheveux d’ange, qui se déguste chaud. Autre classique de la région, le kadayıf, aux pistaches ou aux noix, que l’on mange froid et qui est tout aussi rassasiant et sucré.

Après six années passées ici, la cuisine turque ne me lasse toujours pas, bien au contraire... Et n'oublions pas que la santé passe par l'assiette, et que la découverte d'un pays aussi ;)



Et vous, quelle est votre spécialité culinaire turque préférée ?

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