Hidrellez (suite)
Par Marie-France, mardi 6 mai 2008 à 11:27 :: Mes moments sucrés :: #647 :: rss
Peu importe si l’été n’a pas encore montré son vrai visage, un avant-goût de la saison chaude ravit toujours les coeurs et les âmes. En France on célèbre cette saison tant attendue le 21 juin en musique, alors qu’en Turquie on fête les beaux jours dès le mois de mai, il faut croire que les esprits sont plus avant-gardistes ici.
Il n’y avait autrefois que deux saisons dans la croyance populaire : L’été et l’hiver. On raconte que les Prophètes Hızır et İlyas se sont rencontrés sur terre le 5 mai afin de redonner vie à la nature. Hızır aurait bu l’eau sacrée pour devenir immortel et aurait même atteind Dieu ; il a le don d'accomplir des miracles et vient en aide aux personnes en difficulté en réalisant leurs souhaits. Il apporte l’abondance et la richesse quand le printemps renaît.
Cette fête païenne appelé Hidrellez, tombée aux oubliettes, fut ravivée en 1997 grâce au Directeur de l’Hotel Armada situé dans le centre historique d’Istanbul. Derrière Sultanahmet, dans la rue d’Ahırkapı et ses environs, on ne manque désormais plus ce rendez-vous annuel. Ainsi, dans la nuit du 5 au 6 mai, on accueille les beaux jours avec joie et allégresse.
Au programme de ce rassemblement printanier : Musiques traditionnelles, un éventail de bonnes choses à déguster, roses ou oeillets dans les cheveux, tambourins aux mains, diable au corps. Hier soir les gens dansaient, chantaient et se bousculaient. Dans les rues étroites, pas facile en effet de se frayer un chemin, la foule était dense et compacte, la fête de l’Hidrellez était victime de son propre succès.
A droite en vert, le nahıl sur lequel il faut accrocher son voeu
Les décors réalisés étaient dignes des kermesses des écoles : Dessins drôles et originaux, traits naïfs et colorés, rubans et tissus suspendus. Au loin se dressait le nahıl, l’arbre artificiel sur lequel il fallait accrocher son voeu. Mais impossible de l’atteindre, trop de monde, trop de mouvements de foule. Il nous fallait trouver la sortie au plus vite avant de manquer d’oxygène ou d'être écrasés.
On accroche des bouts de tissu en faisant en silence des souhaits
Pour nous, la fête fut courte, nous aurions préféré jouir du spectacle et de sa parure en ayant une certaine aisance de nos gestes. Nous avons quitté les mélodies tsiganes laissant derrière nous les exaltés de la fête et des nuits blanches.
Heureusement, nous avons eu des alternatives pour déposer nos voeux. Ces derniers peuvent être, dans la nuit du 5 mai, formulés par écrit et placés sur un rosier, ou bien jetés dans un courant d’eau pour qu’ils se réalisent.
Hier soir, il fallait aussi laisser tout ouvert (porte-monnaie, fenêtre, casserole) afin qu’Hızır, qui visite les maisons propres, apporte l’abondance. Détail que je n’ai pas oublié, espérons qu’avant la venue de l’hiver (Kasım günleri), le Prophète réalise mes souhaits les plus chers, voeux que je ne pourrais d'ailleurs malheureusement pas vous dévoiler...
Commentaires
1. Le mardi 6 mai 2008 à 12:52, par Valérie
2. Le mardi 6 mai 2008 à 13:31, par Mirage
3. Le mardi 6 mai 2008 à 13:58, par Marie-France
4. Le mardi 6 mai 2008 à 15:13, par Önderdu13
5. Le mardi 6 mai 2008 à 16:39, par ysa
6. Le mercredi 7 mai 2008 à 14:32, par Marie-France
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