Surprenant, déconcertant même.
Taksim clôturé, encadré de barrières métalliques, et de voitures de police : Telle fut la vision que j’ai eue mercredi soir en sortant de la bouche de métro. Ça a de quoi vous mettre mal à l’aise, on ne pouvait déjà plus traverser en dehors des allées grillagées. Pour le 1er mai, en guise de réveil, j’aurais préféré un joli brin de muguet plutôt que d’entendre les hélices des hélicoptères.

Hier, nous avons été plus ou moins cloîtrés à la maison... Car en Turquie le premier mai n’est pas férié, mais on célèbre tout de même la fête du travail. Et sur Taksim, tout rassemblement a été interdit hier, aussi les mesures de sécurité ont été prises très au sérieux. Istiklal Caddesi remplie d’une marée noire humaine : Des policiers en surnombre tout au long de la journée.



Depuis mai 1977 où il y a eu de nombreux morts, le 1er mai est un jour particulièrement mouvementé à Istanbul et à Ankara. Ceux qui voulaient se rassembler sur la place populaire ont été stoppés dans leurs élans. Aussi, ils ont tenté tant bien que mal de se rapprocher de leur but en se hissant via les collines de Beyoğlu depuis Tophane et Cihangir, mais sans réel succès : La police bloquait tous les accès. Jusque dans notre quartier pourtant si calme d’habitude, nous avons vu les gens courir, les véhicules blindés rouler en agitant leurs lances à eau, les policiers avec leurs matraques et leurs révolvers venir à leur rencontre, les bombes lacrymogènes exploser. Le spectacle d’agitation n’était pas beau a voir et faisait craindre au pire.

Une partie de la ligne de métro a été fermée, même chose pour le tramway, la circulation sur Taksim fut interdite aux bus et aux autres véhicules. Autant vous dire que ceux qui habitent Beyoğlu ont eu quelques difficultés pour rejoindre leur lieu de travail, puis pour rentrer chez eux le soir venu. L’année dernière, la place centrale d’Istanbul a été fermée jusqu’à 23h.

Bombes à poivre, poursuites musclées, slogans divers et variés criés à qui veut bien l’entendre, arrestations en masse, le premier mai est loin d’être la fête du travail en Turquie. C’est plutôt la fête des forces armées...