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Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 30 mai 2008

Musée de Pera


A gauche, une célèbre peinture à l'huile "Kahve Keyfi" (18e. s)

Le bâtiment qui accueille le musée de Pera fut construit en 1893 par l’architecte Achille Manoussos afin d’y abriter le célèbre hôtel Bristol. Seule la façade d’origine a été conservée, tout l’intérieur a été détruit, remanié et mis aux normes anti-sismiques par l’architecte Sinan Genim, afin d’être réouvert en juin 2005 en tant que musée.



La fondation Suna* et Inan KIRAÇ a fait don de sa collection privée au musée de Pera. Ainsi, sur deux étages sont présentés des collections permanentes d’objects archéologiques (mesures et poids), des portraits officiels de Sultans ainsi que quelques oeuvres anciennes en céramique.



Les autres étages accueillent des collections temporaires d’Art. Le musée de Pera présente jusqu’au 31 août 2008 des oeuvres du peintre, sculpteur et céramiste espagnol Joan Miró ainsi qu’une retrospective de deux artistes connus (Dogançay et Villeglé Collage Décollage) jusqu'au 17 juillet 2008.



Si vous préférez les choses plus classiques, rien ne vous empêche de vous plonger dans les grandeurs de Constantinople et d’admirer la très belle collection (permanente) de peintures orientales (plus de 300 au total).

Musée de Pera
Meşrutiyet Cad. 65, Tepebaşı - Beyoğlu
Fermé le lundi.
Ouvert mardi au samedi de 10h à 19h et dim. de 12h à 18h,
Entrée payante (7 YTL - environ 4 €)
A noter que certains étages du musée sont actuellement fermés au public pour rénovation.

* Suna est la fille du fondateur du groupe KOÇ, une des plus grosses fortunes de Turquie.

jeudi 29 mai 2008

Mardin, à la confluence des civilisations



Quelle ne fut pas ma déception en voyant se dessiner au loin la ville de Mardin. Au dessus des maisons anciennes construites en pierres calcaires, d’énormes antennes paraboliques ainsi que de longs cables électriques polluaient le paysage. Dommage, l’ensemble aurait pu être plus atypique mais la civilisation moderne a laissé une empreinte sur ces bâtisses de couleur miel dont on aurait largement pu se passer…



Quoiqu’il en soit, il nous fallait tout de même sillonner cette petite ville étagée et dominée par une citadelle qui date du 10e s. Celle-ci ne se visite malheureusement pas puisqu'elle est occupée par les militaires.


Citadelle de Mardin

Nous nous arrêtons tout proche de la statue d’ATATÜRK et commençons la découverte en se baladant au hasard. Nous passons devant le musée de Mardin (1895) ancien siège patriarcal catholique Assyrien. Nous traversons ensuite de petites rues étroites parsemées de commerces ainsi que des marchés où l'odeur des fruits et des légumes embaume l’atmosphère.



De ses 1200 m. d’altitude, Mardin a vu défiler de nombreuses civilisations depuis 1.800 av JC. Babyloniens, Mittaniens, Assyriens, Perses se sont tour à tour succédés… Voilà pourquoi on y trouve autant d’églises anciennes que de mosquées. Située sur la route de la soie, le trafic des cavanes y était autrefois dense. Les étoffes de Mardin, tissées sur place, étaient d’ailleurs réputées.


Minaret de la mosquée d'Ulu

Premier objectif des visites : Retrouver Zekeriya qui vient de terminer son service militaire et qui est de passage dans sa ville natale. Nous le rencontrons devant la mosquée d'Ulu (Ulu Camii, construite à l'époque Artikude, 12e s.) connue pour son minaret aux motifs particuliers. A l'intérieur, les gens se pressent pour admirer et prier devant un poil de la barbe du prophète.



L'enfant du pays nous entraîne ensuite jusqu'à l'église de la Vierge Marie (Meryem Ana Kilesi). Construite à la demande du Patriarche Antun SEMHERI en 1895, cette église catholique Assyrienne surprendra chaque visiteur. Les portes sont closes mais le gardien des lieux qui habite à côté nous les ouvre, la taille de la vieille clé est vraiment impressionnante.


Eglise Meryem Ana

Néons roses, coussins barriolés : Je n'ai jamais vu d'église datant du 19e s. aussi kitch. Avant de partir, le gardien veut nous vendre du vin mis en bouteille dans des bouteilles de Rakı. Est-ce bien catholique tout cela ?! Même à 20 km de la Syrie, la Turquie n'a pas fini de nous étonner...



Nous traversons quelques bazars, les épices flamboient dans de gros sacs. On trouve de tout en quantité, notamment ces grains verts (qui ressemblent à du poivre) avec lesquels les turcs font le café menengiç, proche du café turc mais plus corsé. Nous admirons aussi une belle madrasa entièrement rénovée (Zinciriye), le long de notre chemin.



Nous passons devant la poste, ancienne demeure de la famille SAHTANA (1890). Comme la plupart des bâtiments anciens de la ville, l'édifice a été rénové grâce à des fonds provenant de l'Union Européenne. De nombreuses pierres sont sculptées, la vue sur la plaine syrienne est superbe et mérite qu'on l'immortalise.



La nuit tombe déjà et nos estomacs crient famine. Zekeriya nous emmène dans un petit restaurant tout proche qui ne paie pas de mine et nous trouvons une table libre en plein air. Nous commandons de l'ayran (yaourt à boire salé) que l'on sert dans un bol et que l'on boit à la louche. Les viandes grillées et les kebap sont délicieux, mais il faut noter une différence notoire par rapport à la cuisine d'Istanbul, c'est beaucoup plus épicé !



A table, nous écoutons les anecdotes des deux enfants du pays, Cemal nous fait rire en affirmant que les employés de la mairie de Mardin sont des ânes. A prendre au sens propre, attention ! Les rues sont tellement étroites et pentues que le camion poubelle a du mal à s'introduire partout, aussi, la mairie emploie des ânes pour améliorer la propreté de la ville. On raconte qu'ils sont tous immatriculés et que l'un d'entre eux a même reçu un PV... Burası Türkiye.


Cemal, Bariş, Başak, moi, Fred et Zekeriya

A la fin de notre repas, nous quittons Mardin et Zekeriya après une dernière balade dans la ville. Nous admirons de loin les lumières, qui scintillent sur ce flanc calcaire, et sous lequel doivent être enfouis encore bien des trésors...

mercredi 28 mai 2008

Offrons le globe aux enfants


Enfants de Midyat


Offrons le globe aux enfants, au moins pour une journée.
Donnons leur afin qu'ils en jouent comme d'un ballon multicolore,
Pour qu'ils jouent parmi les étoiles.

Offrons le globe aux enfants,
Donnons leur comme une pomme énorme,
Comme une boule de pain toute chaude,
Qu'une journée au moins ils puissent manger à leur faim.

Offrons le globe aux enfants
Qu'une journée au moins le globe apprenne la camaraderie,
Les enfants prendront de nos mains le globe
Ils y planteront des arbres immortels.

Dünyayı verelim çoçuklara

Dünyayı verelim çocuklara hiç değilse bir günlüğüne
Allı pullu bir balon gibi verelim oynasınlar
Oynasınlar türküler söyliyerek yıldızların arasında

Dünyayı çocuklara verelim
Kocaman bir elma gibi verelim
Sıcacık bir ekmek somunu gibi
Hiç değilse bir günlüğüne doysunlar

Bir günlük de olsa öğrensin dünya arkadaşlığı
Çocuklar dünyayı alacak elimizden
Ölümsüz ağaçlar dikecekler

Nâzım HİKMET (1901-1963)

mardi 27 mai 2008

Monastère de Mor Hobel et Mor Abrohom



La région de Tur Abdin où se situe Mardin, Midyat et Şanlıurfa (anciennement appelée Edesse) est un lieu de pélerinage pour tous les chrétiens raccrochés à l’église syriaque. Il est écrit qu’Addai (Thaddaeus) disciple de St Thomas (apôtre) se soit rendu dans cette région de Haute Mésopotamie afin de populariser le christianisme.



Chrétiens persécutés, moines ascètes brulés : Les martyrs de Tur Abdin furent malheureusement nombreux au cours de l’histoire. De nos jours, il reste encore des vestiges religieux pour garder en mémoire que cette terre sacrée fût, pendant des siècles, le noyau du christianisme oriental.



Tel est le cas du Monastère de Mor Hobil et Mor Abrohom, construit au 5e. s à quelques kilomètres de Midyat par Abel et Abraham. On ne sait pas grand chose de ces deux moines, si ce n’est que leurs vies furent étrangement liées. Ils furent tous les deux enfouis dans ce monastère composé de deux parties : La nouvelle église (dédiée à Mor Abrohom) et la petite église (plus récente) ainsi que le monastère dédiés à Mor Hobil.



L’histoire de cet édifice religieux est comme les eaux du tigre : assez trouble. Qui a habité ce monastère au cours des siècles ? Quelles ont été ses transformations architecturales ? Le mystère reste entier. On sait cependant qu’il a été habité jusque dans les années 1910, puis détruit en partie par les militaires dans les années 1920. En 1990, suite à une vague de vandalisme, le monastère fut protégé grâce à l’édification d’une haute enceinte en pierres.



Dans les année 60, il y avait des dizaines de milliers de Syriaques dans la région. Ces derniers ont dû quitter leurs terres et leurs habitations afin d'émigrer vers l’ Europe ou vers d’autres régions de la Turquie. Cet exode massif est lié en grande partie aux terribles combats menées par l’armée turque contre les membres du PKK.



Ce monastère, témoin du passé houleux de la région, a été dernièrement admirablement bien restauré et reconstruit sur son ancien plan. La visite s’effectue par petits groupes, sous la vigilance du gardien des lieux.

lundi 26 mai 2008

Gardien de la mémoire



Enfant de Midyat

vendredi 23 mai 2008

Midyat, un musée à ciel ouvert

Dès notre entrée dans ce village de Haute Mésopotamie, Başak met Frédéric en garde. Elle lui recommande de faire attention à son porte-monnaie, non pas qu’il y ait de nombreux pickpockets qui traînent dans les rues mais parce que Midyat est connu dans toute la région pour sa spécialité : L’argent, et plus précisémment les bijoux en filigrane (telkari).



Elle ne s'était pas trompée, la première rue dans laquelle nous pénétrons est bordée de boutiques de bijoux, et nous y passons tous quelques minutes pour remplir nos sacs de cadeaux. Le vendeur avec qui nous traitons porte une belle croix autour du cou, il est chrétien et fier de l’être. Il s’appelle Samuel mais sur sa carte d’identité est écrit un autre prénom, plus local.



Dans cette région, quatre langues se parlent : Le turc, le kurde, l’arabe et l’araméen. Les différentes communautés se côtoient sans conflit et se discernent souvent grâce à leurs coiffes, aussi variées en couleurs qu'en nouages.



Dans la rue, un enfant habillé chiquement vend des beignets gorgés de miel, à la vue des prix (25 kuruş l’unité) et de ses yeux charbons accompagnés d'un charmant sourire, je ne résiste pas à la tentation gourmande. Il m'enveloppe le tout dans un morceau de papier journal et je me régale de cette friandise si bon marché (0,12 centimes d'€).



Nous continuons notre route dans les rues de Midyat, en longeant les maison basses construites en pierres blanches et ocres. La plupart ont été restaurées, les portes sont peintes de différentes couleurs, j’ai l’impression de me promener dans le village d’Alaçatı, sept ans auparavant. Ici, les constructions de tailles importantes sont interdites, ce qui rend le tout préservé et typique ; Rien à voir avec les autres villages de Turquie sans âme et bétonnés de toutes parts.



Au dessus de la plupart des portes, des bouts de bois sont empilés. J’interroge Cemal sur ce fait, il m’explique que c’est pour empêcher les enfants de grimper sur les murs qui entourent les propriétés et pour éviter qu'ils ne se fassent mal en tombant. Nous parvenons devant une belle église syriaque, mais la porte est close.



Cemal tente de trouver la clé, il sonne chez les voisins, interroge les passants, personne ne nous donne la même version quant à l’heure d'ouverture de l'église, aussi nous poursuivons notre route, dans ce musée à ciel ouvert.



Nous arrivons devant un bâtiment magnifiquement rénové, la maison de Cevre Kültür evi (Maison de la culture et des traditions). Devant la porte, des enfants vendent des glaces et graines de pastèques grillées. Pour quelques kürüş là encore, on peut s'en remplir les poches sans scrupule.



Sur les murs, les noms et les numéros des rues sont peints, tout comme l’écriteau du Bakkal (épicier). Ce village est vraiment paisible mais les habitants assez pauvres, les enfants sont d'ailleurs nombreux dans les rues étroites et chaudes à jouer avec trois fois rien. Un pneu, un peu de sable, une petite roue en caoutchouc leur permettent de s’amuser et de rire avec allégresse. On est bien loin des enfants grandissant dans la modernité qui s’ennuient entourés de jeux électroniques, de livres et de jouets animés.



La région de Mardin et Midyat située proche de la frontière syrienne est appelée Tur Abdin (ou Tour Abdin) et signifie "la montagne des serviteurs de Dieu". Sur ces plateaux calcaires de Haute Mésopotamie vivaient autrefois (5e s.) plus de 90.000 moines syriaques répartis dans quelques centaines de Monastères. La plupart de ces édifices syriaques orthodoxes ont été détruits, mais quelques uns se visitent encore aujourd'hui.



Cemal nous tient d'ailleurs quelques propos au sujet du Monastère de Mor Abrohom et Mor Hobel situé à la sortie du village, aussi nous reprenons la route afin visiter ce joyau dont il nous parle, nouvellement restauré. Difficile cependant de laisser derrière nous ce beau village, son quartier chrétien, et les visages souriants et barbouillés des enfants. Il nous reste encore beaucoup à voir et à visiter, mais je sais déjà que Midyat est un des mes coups de coeur de notre voyage...

* Photos Fred et Marie-France

jeudi 22 mai 2008

Berger transhumant



Berger du Sud Est et son troupeau

free music

mardi 20 mai 2008

Hasankeyf, entre crue et pression



Nous pensions ne pas pouvoir dormir toute la nuit entière, car dès notre arrivée à Diyarbakır vers 17h, les klaxons résonnaient déjà à travers les remparts de la ville. L’équipe de foot de cette ville de 900.000 habitants allait jouer un match décisif et accéder peut être à la 1ére division. En nous réveillant vers 7h après une nuit calme de sommeil, nous savions déjà, sans avoir allumé la TV de la soirée, que le match était perdu...


Les raffineries de pétrole sont nombreuses dans la région

Cemal, notre chauffeur de taxi et guide, nous attendait avec nos amis Başak et Bariş de pieds fermes. La première journée allait être longue et était programmée depuis longtemps par nos hôtes. Nous devions être à Mardin avant la tombée de la nuit et traverser Batman afin de visiter aussi Hasankeyf et Midyat.



Dès la sortie de la ville, je constate avec tristesse que toutes les routes de Turquie se ressemblent. Des espaces vides ponctués de tours colorées plantées au milieu de nulle part. Nous traversons des villages qui semblent n’avoir aucun passé. Tous les bâtiments sont neufs, pas de maisons basses, mais où sont passées les empreintes de l’histoire ? La France a su préserver sa mémoire, la Turquie non. Entre peuples nomades, invasions, tremblements de terre et cette croyance populaire qui dit que vieux est synonyme de vétuste; de nombreux monuments et bâtiments anciens ont été détruits. Les villages n’ont aucune âme, on dirait des parcelles de ville greffées à la campagne.

En arrivant à Hasankeyf, me voilà finalement soulagée, il reste heureusement quelques sites anciens préservés en Turquie. Ce village me rappelle un peu la Cappadoce, avec ses maisons troglodytes et ses reliefs particuliers.



Nous montons en haut de la falaise calcaire où se dresse les ruines du Petit Palais, construit au 14e siècle. Nous dominons le tigre (dicle), l’ancien pont (12e s), et la vieille ville. De là, on peut aussi apercevoir un nid de cigognes (leylek) apposé en haut du minaret.



Difficile d’imaginer qu’Hasankeyf pourrait un jour disparaître sous les flots dans le cadre du GAP (Projet de l’Anatolie du Sud-est) avec la construction du nouveau barrage d’Ilisu. Depuis plusieurs années, ce projet fait couler beaucoup d’encre et attire de nombreux touristes, d’ailleurs l’allée principale qui permet d’accéder aux édifices anciens a perdu tout son caractère.



Les associations sont nombreuses à s’opposer à ce projet et font pression sur le gouvernement turc, même des stars populaires (tel que Tarkan) se sont ralliées à la cause. Il serait désolant de voir la mosquée d'Ulu, l'oeuvre la plus ancienne de la période des Ayyoubides (1325), sous laquelle ont été découvertes des citernes pouvant contenir plusieurs centaines de tonnes d'eau, engloutie sous les flots.



La citadelle (13e s), modifiée au fil des ans par les différents chefs kurdes, n'est qu'une ruine plantée au dessus de la colline à quelques mètres des pierres tombales. La porte de la citadelle est toujours visible, on raconte que les habitants d'Hasankeyf croyaient autrefois que cette porte était magique, une fois franchie, tous les malheurs restaient extra-muros. Le mauvais sort ne passait pas la porte sacrée.



La chaleur est dense sur la falaise, la descente vers le parking se fait doucement, les pierres sont glissantes. Il est temps de continuer notre route vers Midyat en espérant pouvoir, un jour, revenir contempler la vallée du tigre et admirer les derniers fragments de son passé...

Frontaliers

La Syrie était si proche qu'on en captait les réseaux téléphoniques. De Diyarbakır à Mardin, en passant par Hasankeyf et Midyat, la Turquie présente encore un nouveau visage où les diverses communautés se côtoient en jonglant entre les langues.



L'architecture des habitations, les vêtements, les coiffes des hommes et des femmes nous donnent l'impression de voyager extra-muros. Mais la gentillesse des ethnies locales, les faciès des gens et les épices à köfte qui fleurissent dans les bazars nous rappellent que l'on est encore en Turquie.

L'appareil photo greffé à la main, nous venons de passer quatre jours dans le Sud-Est de la Turquie, région où le thermomètre attend les 50 degrés en été.


Başak, Bariş, Fred et moi dans le monastère de Deyrulzafaran.

Récit et photos à suivre dans les prochains jours...

vendredi 16 mai 2008

Nouvelle destination



Quand on a besoin d'air pur et d'évasion, il faut enjamber le premier pont qui se présente et partir vers une nouvelle destination... Vous l'aurez compris, Fred et moi prenons quatre jours de vacances et partons aujourd'hui vers le Sud-Est de la Turquie, afin de rejoindre notre couple d'amis, Bariş et Başak. Pas de post lundi 19 mai puisque c'est un jour férié en Turquie (Fête de la Jeunesse et des Sports). Nous reviendrons à Istanbul dès mardi matin pour humer l'air frais, car à partir de lundi, il sera interdit de fumer dans les endroits publics en Turquie.
La loi sera-t-elle appliquée ?
Quelles découvertes et quelles saveurs nous attendent ?
La suite très bientôt...

Et pour les parisiens qui me lisent, une info à ne pas manquer :



YASEMI, d'une rive à l'autre, musique de Grèce et de Turquie, en concert le 20 mai 2008 à 21h, dans le cadre du 7e Festival Femmes du Monde du Satellit'Café

Présentation :
Elles viennent de pays différents, de religions différentes et pourtant , les sons se mêlent, les accords se répondent. Ainsi, les chants d'Istanbul côtoient ceux de la mer Egée, toutes rives confondues. Et traversant la Thrace, ils nous emmènent à la mer Noire ou Pont Euxin, (« la mer hospitalière », en grec), lieu qui a vu s'installer d'abord les grecs puis les turcs et où une cohabitation de centaines d'années a forgé, par delà les différences propres à chacune de ces deux cultures, une identité musicale reconnaissable entre toutes.

Avec :
Gül Hacer Toruk : chant
Xanthoula Dakovanou : chant
Spyros Halaris : kanun
Yannis Vlachos : luth
Gilles Andrieux : saz, lyra grecque
Antoine Morineau : percussions

au SATELLIT' Café à 21 h
Entrée 8/10 euros
44 rue de la Folie Méricourt - Paris 11ème
Tel : 01 47 00 48 87
www.satellit-cafe.com

jeudi 15 mai 2008

Objectif lune



Minaret de la mosquée de Süleymaniye

free music


PS : Pour le titre, je suis sûre que la plupart d'entre vous auront compris mon clin d'oeil.

mercredi 14 mai 2008

Neuf centimètres en trop

Une sortie comme celle-là, ça n’arrive qu’une fois dans l’année. Autant vous dire qu’il vaut mieux mettre en avant ses plus jolis attributs pour faire honneur à l’invitation de Monsieur.
Une belle robe, un peu de rose sur les joues et le tour est joué. Avant de partir, ne pas oublier un détail de mise, j’ai nommé le summum de la féminité : Des talons aiguilles. Me voilà donc perchée sur neuf centimètres - soit une hauteur encore raisonnable - prête à aller dîner en tête à tête avec mon amoureux, par une belle soirée de printemps. Mes souliers pointus sont confortables aussi j’accepte, avec plaisir, l'invitation à marcher un peu, afin de rejoindre le restaurant.



Une brise légère nous accompagne, alors que nous nous trouvons devant une petite côte un peu trop pentue. Je m’accroche au bras de mon gentleman afin de briguer un peu d’aide dans cette ascension difficile. Heureusement, cette dernière n’est pas longue et je finis déjà par apercevoir Istiklal Caddesi. Une avenue plate, exactement ce qu’il me faut pour marcher à mon aise. Arrivée sur la rue, je fais moins la fière. Entre pavés, rails du vieux tramway, foule, bouches d'égoût, du plat m’attend certes, mais du plat en relief. Par deux fois, à cause des trous urbains, je manque de me tordre la cheville ou de casser un des mes talons en deux. Je n’ai d’yeux que pour le sol et me concentre tant bien que mal sur ce parcours du combattant. Plus que 400 mètres à parcourir, il faut tenir bon… Et tenir droite !



Après 15 minutes à crapahuter, et une belle pente descendue à tous petits pas, j’arrive enfin dans ce restaurant qui vient d’ouvrir où Frédéric a fait une réservation pour deux. Je peux respirer tranquillement, et marcher avec aisance en pénétrant dans ce lieu où la vue est à couper le souffle. Mais soudain, je m’arrête net car j’aperçois devant moi du parquet. Pas de chance, les planches ne sont pas bien serrées et je me remémorre alors un épisode de l’été dernier, lorsqu’une jeune femme s’était coincée le talon en plein milieu d’un restaurant de l’île artificielle de Suada. Deux serveurs avaient dû l’aider, en lui tirant la jambe, pour la délivrer de son piège…
Non, pas question de vivre la même chose le soir de mon anniversaire ! Aussi, je rejoins notre table sur le pointe des pieds (je vous défie de faire la même chose perchée sur neuf centimètres).

Que celles qui arrivent à marcher en talons aiguilles toute une journée en arpentant les collines cabossées me jettent la première pierre. Grâce à mes talons hauts (qui ne sont prêts de ressortir du placard) j'ai enfin compris une chose existentielle le soir de mes trente et un ans : Istanbul a été construite par des hommes... Et pour les hommes.

Les dernières photos ont été prises dans le restaurant Topaz, où nous avons diné lundi soir. Un peu haut de gamme (les prix sont élevés), cuisine créative s'inspirant de quelques mets ottomans, le tout réalisé par un Chef Grec.

Topaz
Inönü Caddesi no 50
Gümüşsuyu - Istanbul
Tel : 212 249 10 01
www.topazistanbul.com

mardi 13 mai 2008

Grimoire d'Istanbul

Gisèle, l’écrivain du roman “Fenêtres d’Istanbul” ne le sait pas encore, mais si sa première édition a été épuisée, c’est un peu à cause de moi... Je ne vous en ai jamais parlé dans cette rubrique, c’est pourtant un livre que j’ai dévoré avec délectation et que j’ai ensuite offert à tous mes amis ainsi qu'aux membres de ma famille qui sont venus me voir. J’ai d’ailleurs donné l’unique exemplaire de ma bibliothèque, chose rare, car pour moi donner un livre c’est un peu comme vendre son âme au diable...

Gisèle, professeur de Français installée en Turquie depuis 1983, décrit Istanbul avec perfection, elle a mis sur papier mes pensées bien avant que je ne commence à rédiger ce blog. Mais pour vous résumer cette histoire qui raconte les aventures d’un tambour du Ramadan, il me faudrait relire quelques passages, aussi, je vais plutôt vous parler de Grimoire d’Istanbul, la suite de ce roman.



Grimoire d’Istanbul met en scène plusieurs personages. Il y a tout d’abord Alice, fraîchement débarquée en Turquie, qui doit remplacer un archéologue et qui s’intéresse de près aux sites anciens turcs. Il y a aussi Yunus, l'ancien tambour du Ramadan, et son amoureuse Eda qui se cherchent. Violeta, et son mari Yahya, qui connaissent, comme beaucoup de couples, une période de crise. Et puis Antonio, un antiquaire veuf qui élève seul sa fille Eda. A la recherche d'un manuscrit ancien, les chemins de tous ces protagonistes finiront par se croiser, par se lier ou se délier.

L’histoire se lit comme une bobine qui se déroule, avec aisance et logique. On s’attache aux personnages, on découvre leurs faiblesses, leurs forces aussi. Gisèle a fait de nombreuses recherches avant de s’aventurer dans l’écriture de ce grimoire, aussi, l’histoire est bien fournie en renseignements historiques, culturels, et nous mène d’Istanbul à Ephèse.

Pas facile de trouver ces deux romans en France, je vous suggère donc, si vous êtes de passage à Istanbul, de fouiller dans les rayons des librairies d’Istiklal Caddesi puisqu'un bon nombre d’entre eux vendent des romans en Français. Pour les turcophones, des éditions traduites ont aussi été éditées.

Fenêtre d'Istanbul
Grimoire d'Istanbul
Gisèle Durero Koseoğlu
Editions Gita

lundi 12 mai 2008

Je crois que...



J’entends des voix… Samedi toute la nuit, j’ai entendu des klaxons et des gens crier dans les rues, mais peut-être célébraient-ils tout simplement la victoire de Galatasay ?!

Je deviens paresseuse… En ce jour de pentecôte, je me verrais bien assise à une table au soleil, avec autour de moi, toute ma famille, mais en Turquie, on est au travail aujourd’hui.

Je deviens turque… Je rêve d’aller au hammam, puis de faire un tour sur le Bosphore avec mon amoureux, siroter çay sur çay et finir la soirée au restaurant. Se laisser vivre avec bonheur.

C'est sûr, je deviens vieille...

vendredi 9 mai 2008

Istanbul, la noctambule



Quartier d'Asmalimescit, Mai 2008

free music

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