Un après-midi de libre en semaine ? Un temps couvert dehors ? Envie d’aller voir quelques amis ? Sauf que zut, tout le monde est au boulot...
Que faire alors pour ne pas pléricliter sous le poids de la solitude ? Une seule solution : Rendre visite à ceux qui travaillent ! Dans les bureaux turcs, vous serez toujours bien reçus, le thé coulera à flot et les minutes que l’on pourra vous consacrer ne seront jamais comptées.


Café du quartier de Cihangir

En Turquie, quand un bureau est petit, on parle de butik-ofis, quand il est calme de meditasyon-ofis, aussi j’ai tout naturellement inventé le concept de kahve-ofis. Ne rigolez pas, vous n’imaginez même pas le nombre d’amis de mon patron ou de ses associés qui passent juste pour boire un verre. Sans rendez-vous et sans gêne, ils s’imposent. Parfois, ils passent même à l’heure de l’apéro ou du goûter les mains chargées de börek ou de baklava. Beaucoup de turcs finissent leurs journées de travail tard pour une seule et unique raison : les amis. Ces derniers sont comme des mantes religieuses, ils dévorent les minutes que vous pourrez passer à travailler, sans complexe. Et quand les discussions commencent, il n’y a plus de limites, les invités surprises peuvent rester des heures, parfois sans rien faire, justement parce qu’ils sont au chaud et qu’ils n’ont rien d’autre au programme. Les mettre dehors ? Non, impossible, honte à vous d’y avoir pensé ! L’invité tout comme le client est roi, même si ce dernier s'incruste…



Il n’y pas si longtemps de cela, un de ces faux clients-imposteurs m’a demandé un cappuccino, j’ai eu envie de lui rétorquer qu’ils en servaient de très bons au café d’en bas… et lui ai quand même servi un jus de chaussette (nescafé) dans nos plus belles tasses.

Il est vrai que si votre bureau se situe dans un coin perdu, vous serez les plus chanceux. Si par contre votre office est dans un quartier agréable, assurez vous d’embaucher quelqu’un qui tiendra la buvette, sinon vous passerez plus de temps dans la cuisine que dans votre bureau !