Tout marche rien ne fonctionne
Par Marie-France, vendredi 29 février 2008 à 09:21 :: Mes moments épicés :: #601 :: rss
En Turquie, tout marche rien ne fonctionne. Ou peut-être est-ce l'inverse ? Voilà une expression inventée par Frédéric qui résume à merveille toutes ces petites anomalies quotidiennes. J’essaie de comprendre pourquoi les choses sont ainsi ici, mais après six années d’interrogation, l’énigme reste entière. Faut-il penser que l’abus de rakı en est la seule cause ? Ou bien faut-il parler de différences culturelles ? En attendant de trouver une réponse au pourquoi du comment, il faut se contenter de vivre avec...

Il fallait bien caser la mosquée... Ou l'immeuble ?!
Ainsi, en pénétrant dans mon appartement le soir, je dois tout d’abord m’allonger devant le palier de l’immeuble et raper mes coudes sur le sol afin d’y insérer la clé, car la serrure de la porte d’entrée ne se trouve pas à mi-hauteur mais tout en bas à gauche de la porte. Bref, si je ne m’étale pas de tout mon long par terre, alors c’est le torticolis qui m’attend à coup sûr. Une fois les étages montés, je rentre dans mon appartement et c’est le noir complet qui m’accueille. Il faut que je traverse la pièce afin de trouver l’interrupteur. Allez savoir pourquoi il se trouve à 10 kilomètres de la porte d’entrée, mystère. On rentre dans l’appartement par la porte, pas par les fenêtres : Le propriétaire de notre appartement aurait dû mettre l’électricien au courant, si ce n’est pas un comble tout ça ! Dans la chambre d’amis, il y a une prise électrique placée en bas derrière la porte, le seul endroit de la pièce trop étroit pour y glisser une lampe...
Quant à la prise de téléphone, elle se situe sur un mur certes, mais en hauteur (à 2 mètres). Pour l’atteindre, montez sur une échelle, composez le numéro de la main gauche, tenez le combiné de la main droite et surtout ne lachez pas l’échelle ! Comment ça vous n’avez pas trois bras ? Moi non plus... Ma famille comprendra pourquoi nous n’avons pas de ligne fixe à la maison, c’est une question de vie ou de mort.

Photo prise ce matin même dans le bus. Au premier plan, une affiche interdisant l'utilisation des téléphones portables et derrière (sur les poignées pour s'accrocher), de la pub pour télécharger des mélodies sur son portable.
Il y a des choses qui me dépassent, je ne dois pas avoir l’esprit assez tordu pour comprendre les us et les coutumes locaux. Je conçois seulement pourquoi les turcs sont maîtres en matière de copies car imaginez si, sur la même logique énumérée auparavant, ils devaient concevoir une voiture ? L’essuie-glace à l’intérieur du véhicule, le frein à main sur le capot, le coffre sous le siège avant.
Partant du principe que tout problème a une solution, les difficultés sont traitées à l’envers. On fait les choses sans trop se poser de question puis on voit. En cas de problème, on improvise. Ainsi, les rues sont continuellement en travaux à Istanbul. Un jour on pave, le lendemain on dépave pour installer des cables sous-terrains et le sur-lendemain on repave. Un jour on construit un immeuble et on finit la façade avec de belles mosaïques, un mois plus tard on se rend compte qu’on a oublié les trous pour les cables Tv et on est obligé de faire emboutir la belle façade neuve pour y faire des trous. N’aurait-on pas pu y penser avant ? Comme le dirait un de mes amis turcs, en France on pense six mois puis on réalise les travaux en quelques jours. En Turquie, on réalise les travaux en quelques jours puis on passe six mois voir plus à essayer de résoudre tous les problèmes.
En Turquie tout marche rien ne fonctionne. Toutes les villes sont alimentées en eau et en électricité mais les coupures sont fréquentes. A la maison, comme tous les turcs, nous avons toujours des bougies et des grosses bouteilles d’eau à portée de main. Quand l’eau est coupée et que vous êtes en train de pétrir une pâte à tarte les mains pleines de farine, ça peut servir !
Tout fonctionne sur cette base très orientale voir un peu anarchique. La dernière fois un ami m’a raconté que dans le quartier d’Etiler, ils ont changé le sens de la circulation sur une route dans la nuit sans prévenir personne. Le lendemain, de nombreux incidents se sont produits. Ils ont alors rechangé le sens de la circulation en provoquant de nouveaux accidents.
Quand vous faites le constat de ces petites anomalies illogiques, les turcs vous répondent « İşte, burası türkiye » (Et oui, c’est la Turquie ici). Que voulez-vous ensuite répondre à une remarque aussi pertinente ? Finalement, c'est sûrement grâce à cet illogisme, qui nous fait sourire des dizaines de fois par jour, qu'on s'attache beaucoup (trop) à ce pays.
Il fallait bien caser la mosquée... Ou l'immeuble ?!
Ainsi, en pénétrant dans mon appartement le soir, je dois tout d’abord m’allonger devant le palier de l’immeuble et raper mes coudes sur le sol afin d’y insérer la clé, car la serrure de la porte d’entrée ne se trouve pas à mi-hauteur mais tout en bas à gauche de la porte. Bref, si je ne m’étale pas de tout mon long par terre, alors c’est le torticolis qui m’attend à coup sûr. Une fois les étages montés, je rentre dans mon appartement et c’est le noir complet qui m’accueille. Il faut que je traverse la pièce afin de trouver l’interrupteur. Allez savoir pourquoi il se trouve à 10 kilomètres de la porte d’entrée, mystère. On rentre dans l’appartement par la porte, pas par les fenêtres : Le propriétaire de notre appartement aurait dû mettre l’électricien au courant, si ce n’est pas un comble tout ça ! Dans la chambre d’amis, il y a une prise électrique placée en bas derrière la porte, le seul endroit de la pièce trop étroit pour y glisser une lampe...
Quant à la prise de téléphone, elle se situe sur un mur certes, mais en hauteur (à 2 mètres). Pour l’atteindre, montez sur une échelle, composez le numéro de la main gauche, tenez le combiné de la main droite et surtout ne lachez pas l’échelle ! Comment ça vous n’avez pas trois bras ? Moi non plus... Ma famille comprendra pourquoi nous n’avons pas de ligne fixe à la maison, c’est une question de vie ou de mort.
Photo prise ce matin même dans le bus. Au premier plan, une affiche interdisant l'utilisation des téléphones portables et derrière (sur les poignées pour s'accrocher), de la pub pour télécharger des mélodies sur son portable.
Il y a des choses qui me dépassent, je ne dois pas avoir l’esprit assez tordu pour comprendre les us et les coutumes locaux. Je conçois seulement pourquoi les turcs sont maîtres en matière de copies car imaginez si, sur la même logique énumérée auparavant, ils devaient concevoir une voiture ? L’essuie-glace à l’intérieur du véhicule, le frein à main sur le capot, le coffre sous le siège avant.
Partant du principe que tout problème a une solution, les difficultés sont traitées à l’envers. On fait les choses sans trop se poser de question puis on voit. En cas de problème, on improvise. Ainsi, les rues sont continuellement en travaux à Istanbul. Un jour on pave, le lendemain on dépave pour installer des cables sous-terrains et le sur-lendemain on repave. Un jour on construit un immeuble et on finit la façade avec de belles mosaïques, un mois plus tard on se rend compte qu’on a oublié les trous pour les cables Tv et on est obligé de faire emboutir la belle façade neuve pour y faire des trous. N’aurait-on pas pu y penser avant ? Comme le dirait un de mes amis turcs, en France on pense six mois puis on réalise les travaux en quelques jours. En Turquie, on réalise les travaux en quelques jours puis on passe six mois voir plus à essayer de résoudre tous les problèmes.
En Turquie tout marche rien ne fonctionne. Toutes les villes sont alimentées en eau et en électricité mais les coupures sont fréquentes. A la maison, comme tous les turcs, nous avons toujours des bougies et des grosses bouteilles d’eau à portée de main. Quand l’eau est coupée et que vous êtes en train de pétrir une pâte à tarte les mains pleines de farine, ça peut servir !
Tout fonctionne sur cette base très orientale voir un peu anarchique. La dernière fois un ami m’a raconté que dans le quartier d’Etiler, ils ont changé le sens de la circulation sur une route dans la nuit sans prévenir personne. Le lendemain, de nombreux incidents se sont produits. Ils ont alors rechangé le sens de la circulation en provoquant de nouveaux accidents.
Quand vous faites le constat de ces petites anomalies illogiques, les turcs vous répondent « İşte, burası türkiye » (Et oui, c’est la Turquie ici). Que voulez-vous ensuite répondre à une remarque aussi pertinente ? Finalement, c'est sûrement grâce à cet illogisme, qui nous fait sourire des dizaines de fois par jour, qu'on s'attache beaucoup (trop) à ce pays.
Commentaires
1. Le vendredi 29 février 2008 à 10:13, par nasah
2. Le vendredi 29 février 2008 à 12:28, par Chams
3. Le vendredi 29 février 2008 à 12:41, par Katia
4. Le vendredi 29 février 2008 à 13:00, par Sarah
5. Le vendredi 29 février 2008 à 13:39, par Najet
6. Le vendredi 29 février 2008 à 14:02, par Marie
7. Le vendredi 29 février 2008 à 15:53, par Patriksme
8. Le vendredi 29 février 2008 à 16:33, par Marie-France
9. Le vendredi 29 février 2008 à 18:53, par Julie
10. Le vendredi 29 février 2008 à 19:46, par Özlem de Savoy
11. Le vendredi 29 février 2008 à 22:53, par Perrine
12. Le samedi 1 mars 2008 à 01:31, par Christine
13. Le samedi 1 mars 2008 à 01:45, par bondjuk
14. Le samedi 1 mars 2008 à 08:33, par Nat
15. Le samedi 1 mars 2008 à 10:10, par Ismail
16. Le samedi 1 mars 2008 à 11:53, par Perrine
17. Le samedi 1 mars 2008 à 13:15, par Ismail
18. Le dimanche 2 mars 2008 à 17:06, par Legleg
19. Le dimanche 2 mars 2008 à 17:58, par Yasin
20. Le lundi 3 mars 2008 à 09:45, par Yas
21. Le lundi 3 mars 2008 à 09:49, par Ismail
22. Le lundi 3 mars 2008 à 12:38, par Zeynep
23. Le lundi 3 mars 2008 à 17:37, par Yunus
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