Chroniques neigeuses
Par Marie-France, mercredi 20 février 2008 à 09:12 :: Mes moments épicés :: #595 :: rss
La neige à Istanbul, c’est comme une histoire d’amour.
Tout commence par une rencontre surprise, les débuts sont excitants, on s’avance vers l’inconnu. Dans la réalité, ça se traduit par : Oh les flocons tombent, que c’est beau, Hé ! regarde le Bosphore, Wahou, il faut absolument prendre une photo, etc.
Ensuite, la routine s’installe et ce qui était merveilleux au début commence à sortir de son écrin mirobolant. Nous prononçons alors des phrases du genre : Ah, non, il neige encore aujourd'hui, ou bien : Ça va être la galère pour aller travailler ou encore : J’ai les pieds gelés !
Et puis arrive la zizanie dans cette belle relation amoureuse. On sature, on n’en peut plus, on rêve de liberté et d’exotisme... On sort dans la rue, et, afin d’éviter un gros bloc de neige ou un stalactite prêts à nous tomber sur la tête, on fait un pas de trop et c’est la chute garantie le nez dans la neige grise. Le temps de la rupture est arrivé.

Après avoir savouré trois jours de neige, quand il a fallu que je descende ma rue hier à la tombée de la nuit, j'en suis arrivée tout naturellement à ce stade final qu'est la désunion. Le matin pourtant, c’était si réjouissant de sortir de mon immeuble et de découvrir une rue enneigée, puis quel bonheur d’entendre la neige se froisser sous chacun de mes pas. Le soir, la même rue en pente ne m’a plus du tout fait le même effet, la magie était rompue. Istanbul étant construite sur 7 collines, ça fait combien de rues inclinées selon vous ? Beaucoup trop ! Avant d’attaquer la pente, les deux mains encombrées de sacs remplis de courses alimentaires, il m'a fallu définir de toute urgence une stratégie de descente :
J'ai finalement décidé de dévaler ma rue en zygzaguant de droite à gauche et de gauche à droite. Il fallait aussi composer avec les gens que je croisais. Je patinais, je glissais et je tâchais tant bien que mal de garder mon équilibre. Mais soudain, mes semelles de chaussures ont dérapé, j'ai réalisé quelques acrobaties chinoises pour tenter de me remettre droite mais ce fût la dégringolade. Bing bang boum, me voilà à terre, les fesses sur le sol glacé. Au passage j’ai entraîné avec moi, dans ma chute, un passant qui marchait à côté (il fallait bien que je m'accroche à quelque chose). Mon sac de légumes s’est étalé par terre, mes tomates et mes poireaux ont roulé jusqu’en bas de la rue. L’homme s'est redressé en m’envoyant un regard de marbre. Quel comportement adopter ? J'étais 100 % fautive.
Je lui ai juste adressé un sourire de chien meurtri, l’homme s'est éloigné heureusement sans qu'un son ne sorte de sa bouche. J'ai ramassé mes sacs à provisions vides et j'ai continué ma descente endiablée. Arrivée devant la porte de mon immeuble, j'ai encore failli finir les quatre fers en l'air en ramassant mes légumes tant le sol était glissant.
Istanbul sous la neige est comme une histoire d’amour hollywoodienne à succès : suspense, action, cascades, passion, rancoeur, tout y est. Une histoire d’amour qui aurait comme épilogue :
Istanbul je t’aime... Et je te hais.
Tout commence par une rencontre surprise, les débuts sont excitants, on s’avance vers l’inconnu. Dans la réalité, ça se traduit par : Oh les flocons tombent, que c’est beau, Hé ! regarde le Bosphore, Wahou, il faut absolument prendre une photo, etc.
Ensuite, la routine s’installe et ce qui était merveilleux au début commence à sortir de son écrin mirobolant. Nous prononçons alors des phrases du genre : Ah, non, il neige encore aujourd'hui, ou bien : Ça va être la galère pour aller travailler ou encore : J’ai les pieds gelés !
Et puis arrive la zizanie dans cette belle relation amoureuse. On sature, on n’en peut plus, on rêve de liberté et d’exotisme... On sort dans la rue, et, afin d’éviter un gros bloc de neige ou un stalactite prêts à nous tomber sur la tête, on fait un pas de trop et c’est la chute garantie le nez dans la neige grise. Le temps de la rupture est arrivé.
Après avoir savouré trois jours de neige, quand il a fallu que je descende ma rue hier à la tombée de la nuit, j'en suis arrivée tout naturellement à ce stade final qu'est la désunion. Le matin pourtant, c’était si réjouissant de sortir de mon immeuble et de découvrir une rue enneigée, puis quel bonheur d’entendre la neige se froisser sous chacun de mes pas. Le soir, la même rue en pente ne m’a plus du tout fait le même effet, la magie était rompue. Istanbul étant construite sur 7 collines, ça fait combien de rues inclinées selon vous ? Beaucoup trop ! Avant d’attaquer la pente, les deux mains encombrées de sacs remplis de courses alimentaires, il m'a fallu définir de toute urgence une stratégie de descente :
- Marcher sur le trottoir de gauche mais c’est du marbre ultra glissant,
- Marcher au milieu de la rue mais deux voitures y sont bloquées,
- Marcher sur le trottoir de droite, recouvert d’une énorme couche de glace.
J'ai finalement décidé de dévaler ma rue en zygzaguant de droite à gauche et de gauche à droite. Il fallait aussi composer avec les gens que je croisais. Je patinais, je glissais et je tâchais tant bien que mal de garder mon équilibre. Mais soudain, mes semelles de chaussures ont dérapé, j'ai réalisé quelques acrobaties chinoises pour tenter de me remettre droite mais ce fût la dégringolade. Bing bang boum, me voilà à terre, les fesses sur le sol glacé. Au passage j’ai entraîné avec moi, dans ma chute, un passant qui marchait à côté (il fallait bien que je m'accroche à quelque chose). Mon sac de légumes s’est étalé par terre, mes tomates et mes poireaux ont roulé jusqu’en bas de la rue. L’homme s'est redressé en m’envoyant un regard de marbre. Quel comportement adopter ? J'étais 100 % fautive.
- Soit je m’excusais en français ou en anglais, mais cet homme risquait de détester les étrangers sur plusieurs générations,
- Soit je lui adressais des excuses en turc, mais cet homme allait maudire toutes les femmes de son foyer le soir venant,
- Soit je partais en courant, mais un sprint sur la neige était-il possible ?
Je lui ai juste adressé un sourire de chien meurtri, l’homme s'est éloigné heureusement sans qu'un son ne sorte de sa bouche. J'ai ramassé mes sacs à provisions vides et j'ai continué ma descente endiablée. Arrivée devant la porte de mon immeuble, j'ai encore failli finir les quatre fers en l'air en ramassant mes légumes tant le sol était glissant.
Istanbul sous la neige est comme une histoire d’amour hollywoodienne à succès : suspense, action, cascades, passion, rancoeur, tout y est. Une histoire d’amour qui aurait comme épilogue :
Istanbul je t’aime... Et je te hais.
Commentaires
1. Le mercredi 20 février 2008 à 10:06, par Özlem de Savoy
2. Le mercredi 20 février 2008 à 10:24, par Nancy
3. Le mercredi 20 février 2008 à 11:22, par LeyLa
4. Le mercredi 20 février 2008 à 11:34, par Marie-France
5. Le mercredi 20 février 2008 à 11:45, par métissée
6. Le mercredi 20 février 2008 à 14:11, par Nat
7. Le mercredi 20 février 2008 à 14:29, par Tolga
8. Le mercredi 20 février 2008 à 15:23, par Mélissa
9. Le mercredi 20 février 2008 à 17:35, par Vio
10. Le mercredi 20 février 2008 à 17:50, par Marie-France
11. Le mercredi 20 février 2008 à 19:53, par bonjour de france
12. Le mercredi 20 février 2008 à 20:06, par Olivier de Montréal
13. Le jeudi 21 février 2008 à 11:52, par Marie-France
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