Vache à lait
Par Marie-France, vendredi 11 janvier 2008 à 09:24 :: Mes moments épicés :: #567 :: rss
Je pense très sérieusement coudre une poupée vadoue dans laquelle je planterai sans complexe une vingtaine d’aiguilles. Je lui mettrais une blouse verte et une fraise dans la main. Elle ressemblerait à mon dentiste...

On oublie souvent de le dire, mais la plus grande difficulté quand on s’expatrie n’est pas d’apprendre la langue mais de trouver de bons médecins. Des praticiens avisés en qui vous pouvez avoir confiance et qui parlent une langue étrangère : Tout un carnet d’adresses à refaire.
A chaque fois que je passe la porte d’un médecin en Turquie (ce qui arrive très rarement heureusement), j’ai toujours peur de la suite des événements. Non pas qu’ici les médecins soient mauvais, ils sont aussi diplômés qu’en France et sont très compétents, mais le fait est qu’ils nous voient comme des vaches à lait : Etrangers, par ici la monnaie !
Vous l’ignoriez ? Lisez donc la suite....
Une fois, je me suis réveillée avec un oeil au beurre blanc, un oeil gonflé comme si j’avais pris trois punchs en pleine figure mais sans les bleus bien sûr. Je ne savais pas où aller. Des amis turcs me conseillent une clinique spécialisée pour les yeux. Je m’y rends et un médecin me reçoit rapidement. Il m’examine et me fait passer tout un tas de tests (tension des yeux, etc) avec des grosses machines. Je commence à me dire que ça a l’air grave vu tout ce que l’on me fait subir. Après une heure d’examens poussés, le verdict tombe :
- C’est de l’eczéma, passez juste un peu de pommade Mademoiselle.
Inutile de vous dire que l’addition fût salée. Oui, j’ai une protection sociale ici (CFE) mais je précise que je dois avancer tous mes frais avant d’être remboursée.
J’ai poussé mi-décembre la porte d’un cabinet de dentistes pour une molaire cassée. Après l’examen de ma radio dentaire, le dentiste a pris un air grave, il m’a expliqué qu’il fallait m’arracher mes 4 dents de sagesse, enlever 3 dents pour faire un bridge car ma dent était perdue.
- Vous ne pouvez pas m'arracher que la dent cassée Mr le dentiste ?
- Hayır, olmaz ! (non impossible) me répondit-il.
7 dents arrachées au total, à 30 ans ça fait mal. Je lui ai demandé s’il collectionnait les molaires. Heureusement avec ses outils dans ma bouche, il n’a pas compris mon commentaire humoristique qui ressemblait fort à un borborygme. Il voulait commencer les soins tout de suite, j’ai refusé prétextant partir en France rapidement et j’ai demandé une facture proforma (chose qu’il faut toujours faire en Turquie avant d’avoir des surprises à la caisse !). Je suis sortie avec la mine déconfite voyant le prix que ça allait me coûter. J’étais complétement anéantie. A ce prix là, autant m’arracher les dents moi-même avec un fil autour d’une poignée de porte !
Heureusement, ayant toujours mes dents du fond, j’ai pris la sagesse de demander conseil auprès de ma famille en France. Le dentiste de mon père a été formel : On ne fait plus des bridges depuis longtemps, il vaut mieux un implant. Pas besoin non plus d’arracher des dents de sagesse si elles ne sont pas de travers et si elles ne sont pas douloureuses.

De retour sur Istanbul après les fêtes de fin d'année, je vais donc voir un autre dentiste car l’histoire ne s’arrête pas là : Deux avis valent mieux qu’un. L’homme qui me reçoit est très gentil, il m’a été recommandé par une amie. Il me dit qu’il peut me faire un implant et qu’il faut arracher 2 dents de sagesse. Je lui demande une facture proforma. Il semble surpris mais la réalise à la main, et tout en le voyant pianoter sur sa machine à calculer, je vois la note s’allonger. Je ressors du cabinet avec une facture encore plus elevée que la première alors qu’elle comprend deux fois moins de soins. Le soir, grosse déprime, j’en ai marre qu’on me prenne pour une vache à lait. Sous pretexte que je suis étrangère, ils en déduisent que j’ai les poches pleines. Ici les médecins vous poussent à la consommation, ils doivent avoir des belles primes des sociétés pharmaceutiques et des cliniques.
Saviez-vous que la plupart des femmes accouchent sous césarienne en Turquie ? C’est sûr, moins de risque pour le bébé, mais c’est surtout facturé comme une opération chirurgicale alors qu’un accouchement normal non !
Un petit rhume : Paf, sous antibiotique. En Turquie, essayez de chercher un ostéopathe ou un homéopathe... Alors qu’en France on essaie de moins médicamenter les patients, d’utiliser des méthodes naturelles et saines, ici c’est l’inverse. La santé est un véritable business. Pour le moindre petit bobo, on sort son bistouri.
Mais revenons à nos molaires si vous le voulez bien. Qui choisir ? Un dentiste malhonnête ou un dentiste avide d’argent ?

Je décide donc d’aller voir un autre spécialiste. Vous connaissez le proverbe : Jamais deux sans trois. C’est une femme, recommandée par un ami une fois de plus. Son approche est complétement différente. D’entrée elle m’explique les soins qu’il faut apporter et me demande de la mettre en contact avec mon dentiste français. Elle pense que je veux me faire soigner là-bas. Elle me donne une version totalement aux antipodes des deux dentistes que j’avais rencontrés. Elle ne parle pas de mes dents de sagesse. En ce qui concerne les soins, la durée d’attente, la médication, tout est différent. Quand elle me donne ses tarifs, je suis prête à lui sauter au cou, mais je m’abstiens. Elle aura en compensation mon sourire, celui que j’avais perdu en broutant dans les prairies verdoyantes de ses collégues turcs.
Toutes les photos ont été prises dans la région de la Mer Noire
On oublie souvent de le dire, mais la plus grande difficulté quand on s’expatrie n’est pas d’apprendre la langue mais de trouver de bons médecins. Des praticiens avisés en qui vous pouvez avoir confiance et qui parlent une langue étrangère : Tout un carnet d’adresses à refaire.
A chaque fois que je passe la porte d’un médecin en Turquie (ce qui arrive très rarement heureusement), j’ai toujours peur de la suite des événements. Non pas qu’ici les médecins soient mauvais, ils sont aussi diplômés qu’en France et sont très compétents, mais le fait est qu’ils nous voient comme des vaches à lait : Etrangers, par ici la monnaie !
Vous l’ignoriez ? Lisez donc la suite....
Une fois, je me suis réveillée avec un oeil au beurre blanc, un oeil gonflé comme si j’avais pris trois punchs en pleine figure mais sans les bleus bien sûr. Je ne savais pas où aller. Des amis turcs me conseillent une clinique spécialisée pour les yeux. Je m’y rends et un médecin me reçoit rapidement. Il m’examine et me fait passer tout un tas de tests (tension des yeux, etc) avec des grosses machines. Je commence à me dire que ça a l’air grave vu tout ce que l’on me fait subir. Après une heure d’examens poussés, le verdict tombe :
- C’est de l’eczéma, passez juste un peu de pommade Mademoiselle.
Inutile de vous dire que l’addition fût salée. Oui, j’ai une protection sociale ici (CFE) mais je précise que je dois avancer tous mes frais avant d’être remboursée.
J’ai poussé mi-décembre la porte d’un cabinet de dentistes pour une molaire cassée. Après l’examen de ma radio dentaire, le dentiste a pris un air grave, il m’a expliqué qu’il fallait m’arracher mes 4 dents de sagesse, enlever 3 dents pour faire un bridge car ma dent était perdue.
- Vous ne pouvez pas m'arracher que la dent cassée Mr le dentiste ?
- Hayır, olmaz ! (non impossible) me répondit-il.
7 dents arrachées au total, à 30 ans ça fait mal. Je lui ai demandé s’il collectionnait les molaires. Heureusement avec ses outils dans ma bouche, il n’a pas compris mon commentaire humoristique qui ressemblait fort à un borborygme. Il voulait commencer les soins tout de suite, j’ai refusé prétextant partir en France rapidement et j’ai demandé une facture proforma (chose qu’il faut toujours faire en Turquie avant d’avoir des surprises à la caisse !). Je suis sortie avec la mine déconfite voyant le prix que ça allait me coûter. J’étais complétement anéantie. A ce prix là, autant m’arracher les dents moi-même avec un fil autour d’une poignée de porte !
Heureusement, ayant toujours mes dents du fond, j’ai pris la sagesse de demander conseil auprès de ma famille en France. Le dentiste de mon père a été formel : On ne fait plus des bridges depuis longtemps, il vaut mieux un implant. Pas besoin non plus d’arracher des dents de sagesse si elles ne sont pas de travers et si elles ne sont pas douloureuses.
De retour sur Istanbul après les fêtes de fin d'année, je vais donc voir un autre dentiste car l’histoire ne s’arrête pas là : Deux avis valent mieux qu’un. L’homme qui me reçoit est très gentil, il m’a été recommandé par une amie. Il me dit qu’il peut me faire un implant et qu’il faut arracher 2 dents de sagesse. Je lui demande une facture proforma. Il semble surpris mais la réalise à la main, et tout en le voyant pianoter sur sa machine à calculer, je vois la note s’allonger. Je ressors du cabinet avec une facture encore plus elevée que la première alors qu’elle comprend deux fois moins de soins. Le soir, grosse déprime, j’en ai marre qu’on me prenne pour une vache à lait. Sous pretexte que je suis étrangère, ils en déduisent que j’ai les poches pleines. Ici les médecins vous poussent à la consommation, ils doivent avoir des belles primes des sociétés pharmaceutiques et des cliniques.
Saviez-vous que la plupart des femmes accouchent sous césarienne en Turquie ? C’est sûr, moins de risque pour le bébé, mais c’est surtout facturé comme une opération chirurgicale alors qu’un accouchement normal non !
Un petit rhume : Paf, sous antibiotique. En Turquie, essayez de chercher un ostéopathe ou un homéopathe... Alors qu’en France on essaie de moins médicamenter les patients, d’utiliser des méthodes naturelles et saines, ici c’est l’inverse. La santé est un véritable business. Pour le moindre petit bobo, on sort son bistouri.
Mais revenons à nos molaires si vous le voulez bien. Qui choisir ? Un dentiste malhonnête ou un dentiste avide d’argent ?
Je décide donc d’aller voir un autre spécialiste. Vous connaissez le proverbe : Jamais deux sans trois. C’est une femme, recommandée par un ami une fois de plus. Son approche est complétement différente. D’entrée elle m’explique les soins qu’il faut apporter et me demande de la mettre en contact avec mon dentiste français. Elle pense que je veux me faire soigner là-bas. Elle me donne une version totalement aux antipodes des deux dentistes que j’avais rencontrés. Elle ne parle pas de mes dents de sagesse. En ce qui concerne les soins, la durée d’attente, la médication, tout est différent. Quand elle me donne ses tarifs, je suis prête à lui sauter au cou, mais je m’abstiens. Elle aura en compensation mon sourire, celui que j’avais perdu en broutant dans les prairies verdoyantes de ses collégues turcs.
Toutes les photos ont été prises dans la région de la Mer Noire
Commentaires
1. Le vendredi 11 janvier 2008 à 11:29, par Ismail
2. Le vendredi 11 janvier 2008 à 13:18, par sarah
3. Le vendredi 11 janvier 2008 à 14:18, par Vio
4. Le vendredi 11 janvier 2008 à 14:49, par Nat
5. Le vendredi 11 janvier 2008 à 15:09, par Marie-France
6. Le vendredi 11 janvier 2008 à 18:16, par métissée
7. Le vendredi 11 janvier 2008 à 22:03, par ysa
8. Le vendredi 11 janvier 2008 à 22:46, par bonjour de france
9. Le vendredi 11 janvier 2008 à 23:30, par Hatice
10. Le samedi 12 janvier 2008 à 11:29, par le petit cabinet de curiosités
11. Le samedi 12 janvier 2008 à 12:08, par Marie de Kaş
12. Le lundi 14 janvier 2008 à 10:31, par Mélanie
13. Le lundi 14 janvier 2008 à 14:03, par Marie-France
14. Le lundi 14 janvier 2008 à 14:07, par Marie-France
15. Le lundi 14 janvier 2008 à 16:34, par christine
16. Le mardi 5 février 2008 à 21:09, par Melek(Muğla)
17. Le mercredi 6 février 2008 à 15:01, par Marie-France
18. Le mardi 29 juillet 2008 à 15:32, par hernie discale
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