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Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 28 septembre 2007

Tombée du jour



Istanbul pendant le Ramazan, entre coucher de soleil et iftar.
Devant vous se dresse la mosquée de Soliman le Magnifique.
Photo prise il y a deux jours sur le pont de Galata.

Et pour accompagner cette photo, une chanson d'un groupe de rock très connu en Turquie, Mor ve Ötesi, le chanteur est d'ailleurs plutôt charmant et il a une très belle voix, voilà de quoi ravir toutes les lectrices ;-)

jeudi 27 septembre 2007

Do you speak Turkish ?

Si on m’avait dit un jour que j’allais devoir apprendre le turc…
Pourtant, cela fait 5 ans que je le parle (et que je l'écris). J’ai eu la chance et la disponibilité aussi de commencer par des cours particuliers (pendant 9 mois). C’est idéal pour apprendre toutes les bases et revenir sur des points que l’on ne comprend pas. Puis ma prof Başak est devenue ma meilleure amie alors les cours devenaient difficiles car on passait notre temps à faire des dedikodu (commérages) au lieu de travailler sérieusement ! La suite s’apprend avec la lecture et la pratique quotidienne. Je ne suis pas encore capable de lire des romans d’Orhan PAMUK, mais d’ici dix ans on en reparlera ;-)



Quoiqu’il en soit, les grandes questions que tous les étrangers se posent quand ils ont decidé de vivre en Turquie sont :
Apprendre le turc est-il indispensable ?
Est-ce une langue compliquée ?
Je répondrais que c'est une langue différente, mais très logique. En fait, on est vraiment débutant quand on commence à apprendre cette langue agglutinante construite à base de suffixes. On ne comprend vraiment rien, pas comme l’italien ou l’espagnol. L’apprentissage du turc dépend bien sûr de votre motivation et du temps que vous avez à lui consacrer. Après des journées de boulot bien chargées, difficile de se concentrer 3 heures de plus avec un groupe d’élèves dans les écoles privées.
Cependant, les récompenses et les encouragements arrivent vite. Il est rare que les turcs vous reprennent sur votre prononciation comme le font les Anglophones. On se ravit à vous écouter. Vous parlez vraiment bien le turc, bravo ! est une phrase que l’on entend dès les premières semaines de son apprentissage.
Les turcs aiment parler, et nous on aime les écouter.



Peut-on vivre en Turquie sans parler le turc ? Au lieu de vous donner directement mon avis, je préfère vous livrer quelques anecdotes personnelles. A vous ensuite de faire votre choix…

Le jour où je ne parlais pas encore le turc
  • Je fais mes courses au supermarché. Chose vraiment banale me direz vous. Sauf que voilà, tout est écrit en turc et quand les paquets sont opaques, pas toujours évident de savoir ce qu'ils contiennent. Besoin d’un flacon de shampoing ? Cheveux secs, cheveux gras, cheveux bouclés ? Zut, je n'y comprends rien et aucune photos sur l'emballage en plus. Lequel je prends ? Je retourne le flacon : tout est écrit en turc ou en grec. Super. J'achète au pif une marque que je ne connais même pas. Heureusement, je ne suis pas revenue à la maison avec une bouteille de décolorant. Quoique le blond, ça doit bien m’aller non ?!
  • Un matin au bureau le téléphone sonne. Normalement, ce téléphone là, je n'y touche pas. Il est posé sur le bureau de mon patron et est relié directement à la banque. Mon patron s'en sert pour boursicoter. Il n'est pas là, le téléphone sonne et resonne. Je prends mon courage à deux mains et décroche. Au bout du fil un homme qui parle vite, j'essaie de lui faire comprendre avec mes 3 mots de turc que mon Directeur est absent. Pas moyen de l'arrêter. J'entends alors des chiffres, des numéros, des dollars, je crois reconnaitre en turc "Je vends ?" Sueurs froides. Je n'ose plus parler, si jamais je dis une bêtise en turc, l'homme serait-il capable de vendre des actions de mon patron sous mes faux ordres ? J'avoue qu'en matière de bourse, je n'y connais rien. Puis comme par miracle, l'homme se met à me parler en français, c'est un ami de mon patron, il me faisait une blague. Mais pourquoi ai-je donc subitement perdu mon sens de l'humour ?!?!
Le jour où parler le turc m'a évité quelques gros problèmes
  • Un dimanche matin, deux policiers sonnent chez moi à 10 heures. Ils insistent lourdement et se mettent à frapper à la porte (bien sûr je n’ai pas ouvert tout de suite, il a bien fallu que j’enlève ma nuisette afin d’enfiler une tenue plus adéquate). Puis, après m’être convaincue qu'ils n’étaient pas des brigands déguisés en policier, au bout de 5 minutes (les filles sont longues à se préparer), je décide enfin de leur ouvrir, ils ne parlent pas anglais et sont déjà très énervés. Ils tiennent dans leurs mains un gros bloc de feuilles. Ils me disent que ce sont des plaintes contre mon propriétaire, qui a déclaré vivre dans l’appartement qu’il me loue. Les policiers me demandent où il se cache. Ils sont prêts à m’embarquer au poste pour complicité scélérate. Heureusement, je leur explique en turc que je loue l’appart et que je n'ai pas de nouvelles de mon proprio depuis des mois. Avec mes cheveux en bataille et mon petit accent russe (oui quand je parle le turc, on me dit souvent que j’ai un accent russe) je finis par les amadouer. Les rats quittent le navire mais sans moi. Ouf.
  • Entretien d’embauche. C’était une annonce pour un poste en relation avec l’Union Européenne. (Annonce parue en anglais, on demandait aussi de parler le français). Parler le turc n’était pas stipulé. 10 jours après avoir envoyé mon CV, je me retrouve en face de 5 personnes, qui ne me parlent qu’en turc, “English later”. Je n’ai pas eu le poste mais j’ai évité un entretien qui se termine pour cause de baragouinage.
Le jour où j’ai eu la honte de ma vie parce que je ne parlais pas le turc
  • Année 2000, je travaillais dans un hôtel dans le sud de la Turquie en tant qu’animatrice. Un cinéma venait d’ouvrir et nous avions prévu avec des amies de nous y rendre. En ramenant des clients de l’aéroport, je passe devant le cinéma et vérifie les films à l’affiche. Il n’y en a qu’un, le titre est écrit en gros, facile à retenir. De retour à l’hotel, j’annonce à mes amies le film qui est projeté : "Ça s’appelle Bugun, ce doit être un film turc". Elles me rient au nez. Bugun pour ceux qui l’ignorent, ça veut dire “aujourd’hui, en ce moment” donc “à l’affiche”. Grâce à moi, on était bien avancé…
  • Au boulot, 5 clients turcs débarquent, réunion importante. Un seul mot d’ordre de la part de mon Directeur, “ne déranger sous acucun prétexte”. On sonne à la porte, un homme moustachu me tend un papier sans rien me dire. Tout est écrit en turc, j’essaie de comprendre, il ne parle pas. J’essaie de lire, mais en vain. La lettre est comme un hiéroglyphe indéchiffrable. Je vois cependant un tampon du gouvernement en bas du document, ce doit être un truc vraiment important. Un huissier ? La police de l’immigration ? Un peu comme Amélie Poulain, des tas de scénarios horribles me viennent à l'esprit et je sais ce qu’il me reste à faire : Interrompre la réunion, puisque c’est une question de vie ou de mort. Je débarque dans le bureau et tend la feuille à mon patron. Il la lit et s'esclaffe devant tous nos clients. Puis il leur explique la situation et ces derniers rient en coeur. Et moi je suis là comme une plante verte à me demander ce qu’il se passe. Mon patron me tend un billet de 5 YTL et m’explique enfin. L’homme à la porte n’est autre qu’un sourd et muet qui vient faire sa quête. Et moi, je me sens comme une pauvre aveugle…
Le jour où faire croire que je ne parlais pas le turc m’a bien arrangé

  • Dans une voiture mal stationnée, j’attends le chauffeur de notre société, un flic se pointe. Il me dit clairement qu’il faut vite que je déplace le véhicule. Je lui réplique en anglais Sorry, I didn’t understand ?! Le policier ne parle pas l’anglais. Il répète la même chose en turc en faisant de grands gestes et moi, l'air d'une sainte, je fais de même en anglais. Enervé il s’en va, sans pénaliser le véhicule. Je l'ai dupé, trop facile.
  • Pour obtenir un RV avec un Directeur de société. Quand je parle turc aux secrétaires (au téléphone), elles font ce qu’on appelle “le passage du filtre”. Impossible de parler à mon interlocuteur. Quand je parle anglais, ça passe comme sur des roulettes, soit les secrétaires ne parlent que le turc, soit elles pensent que la personne qui appelle est quelqu’un d’important. Conclusion : Je parle au Directeur directement, même si la secrétaire n’a rien compris à mon nom.
  • On appelle au boulot, un fournisseur n’a pas reçu le paiement de sa facture. Plus il s’énerve au téléphone, moins je parle le turc. Je lui fais répéter ses phrases 3 fois, je lui explique gentiment que je suis yabancı (étrangère). Il râle, je le fais encore répéter, je lui dis 5 fois anlamadım, je ne comprends pas, il maugrée puis finit par raccrocher. Je sais, c’est pas bien, mais je ne peux pas m’en empêcher...
Enfin, n'oublions pas ces petits plaisirs quotidiens : Communiquer avec les gens qui nous entourent (dans le bus, au bureau, dans les commerces, les marchés), aller au Grand Bazar avec des amis français et puis d'un seul coup se mettre à parler en turc aux vendeurs (ils ne savent plus si vous êtes un touriste ou un local et hésitent au niveau des prix, rien qu'à voir leur tête c'est trop drôle), parler devant des clients étrangers de choses qui les concernent mais qu'ils ne doivent pas entendre (un peu comme un langage secret), refaire le monde avec le kapıcı (le concierge) le matin ou encore écouter les conversations des kokoş.

Et dire que j'aurais manqué tout ça si je n'avais pas appris le turc...

mercredi 26 septembre 2007

Kardeşler*


Taksim, septembre 2007

Dès petits, les turcs rencontrent sur les bancs des écoles celui qu’ils appelleront kardeşim, "mon frère". S’en suivent alors accolades, bises, bras dessus, bras dessous. Une grande affection et un respect mutuel s'installent. Puis ils partageront les aléas de la vie, le lycée, l’armée, leurs premiers amours, leur passion pour le foot…
Les hommes ici ne se serrent pas la main, ils se font la bise.
L’amitié entre eux compte souvent plus que tout.

* Les frères

mardi 25 septembre 2007

Ferveur marchande



Devant les portes de la mosquée de Beyazıt, en face de l’Université de Droit d’Istanbul, se déroule une scène inopinée à la fin des prières : Vendeurs de tesbih*, montres, appareils numériques, rien ne manque pour attirer les hommes et leur porte-monnaie. Est-ce bien religieux tout ça ? En Turquie, le commerce n’a ni lieu ni loi.






* Tesbih : Nom du chapelet musulman comprenant 100 grains dont chacun correspond à l'un des noms de Dieu qui sont au nombre de 99, le Grand, le Vivant, le Puissant,... et d'un centième, le grand nom, qui est Allah. (E. Blochet). On peut trouver cependant des tesbih qui comportent 3 fois moins de perles.

lundi 24 septembre 2007

Mano Bistro



Quand l’automne commence à faire ses premiers pas dans la ville, rien de tel que de se réfugier dans un café, de commander une boisson chaude et d’admirer le Bosphore. Il existe heureusement, à Istanbul, de nombreux cafés et restaurants où la vue est imprenable. En voici un découvert ce week-end par hasard. L’entrée se trouve en bas d’Istiklal Caddesi, à Tünel (Beyoğlu). Il est situé au deuxième étage d’un bâtiment ancien.



Au menu, cuisine continentale et turque à prix corrects, assiettes copieuses. La terrasse offre une très belle vue sur la pointe du Bosphore (la vue est magnifique aussi de l'intérieur), l’accueil est sympa. Si vous cherchez un endroit pour écrire tranquillement vos cartes postales et siroter un çay lors de votre passage dans la capitale culturelle, vous savez dorénavant où aller...



Mano Bistro
Istiklal caddesi No : 231
Hıdıvyal Palas Kat 2
Tünel - Beyoğlu
Istanbul
Tél : 0212 292 49 67

vendredi 21 septembre 2007

Yorgunluk*


Porteur de Laleli

A l’heure où sera publié ce billet, je ne serai pas devant mon écran d’ordinateur pour une fois mais dans le lieu le plus stressant d’Istanbul : La police des étrangers (à Aksaray).
Rassurez-vous, je n’ai rien fait de mal, je dois juste récupérer mon permis de séjour et de travail pour la 3ème année consécutive. Même si tout est prêt, j’y passe à chaque fois au minimum 4 heures. Il faut s’armer de patience et se rendre d’un guichet à l’autre pour récupérer un permis de travail qui ne durera que 10 mois (car à partir du moment où vous faites la demande à Ankara, le dossier met deux mois avant d'être traité et si la réponse est positive, ils considérent ces deux mois comme acquis même si pendant cette période par exemple la première année vous n'avez pas pu commencer à travailler).
Ainsi, pour être à jour côté douanes (pour éviter des amendes si votre visa est expiré), il faudra refaire les démarches au bout de 8 mois (vous me suivez jusque là ?!).
Conclusion : Je suis fatiguée d’avance !!

Bon week-end à tous !

* Yorgunluk = Fatigue, Yorgunum = Je suis fatiguée

jeudi 20 septembre 2007

Istanbul : Nouvelle capitale du luxe ?

Paris et Milan pourront-elles un jour être détrônées ?
C’est en tout cas le défi que se lancent les turcs : Faire d’Istanbul la nouvelle capitale du luxe.



Doğuş Holding ve Orjin Grup s’en frottent déjà les mains puisqu’ils ont investi dernièrement 300 millions de dollars afin de construire le premier centre commercial de luxe d’Istanbul, conçu par des architectes américains de Development Design Group.

Istinye Park, qui ouvre ses portes au public demain, est un immense complexe situé sur les hauteurs d’Istanbul (rive européenne, à Istinye) comprenant résidences (400 appartements et villas), restaurants et bars, cinémas, spa, piscine, club de sport et quelques 300 boutiques de renommée internationale.



Pour la première fois, Chanel, Dolce & Gabbana, Paul Smith, Yves St Laurent, Céline et Chloé auront pignon-sur-rue à Istanbul. Auparavant, il fallait déambuler la célèbre rue de Nişantaşı (qui s'appelle Abdi Ipekçi Caddesi) au milieu des Kokoş* pour admirer quelques vitrines de haute-couture (Armani, Gucci, Valentino). A présent, les Istanbuliotes disposent de 82.000 m2 supplémentaires pour faire du shopping en pénétrant dans 3 atmosphères différentes (Lifestyle, Grand Rotunda et Fashion Style), avec bien sûr au milieu des boutiques de luxe quelques marques internationales plus abordables (Mango, Boyner, Beymen, Zara, et pour la première fois en Turquie une boutique Séphora).

Voilà de quoi ravir tous les adeptes du shopping qui n’arrivaient pas à se suffire des 45 centres commerciaux déjà existants sur Istanbul.

* Kokoş (kokoche) est un terme qui désigne ces jeunes femmes qu'on voit en Turquie dans les quartiers chics, qui ont souvent la même tête, qui s'habillent "fashion" et qui marchent difficilement sur des talons aiguilles. Elles mettent des "yaaa" à chaque fin de phrase et dépensent l'argent (de leur famille ou mari) sans compter (et sans goût).

mercredi 19 septembre 2007

Sur la route de la soie

Il est rare que des livres me passionnent au point d’oublier de descendre � mon arrêt de bus...
Il aura fallu que je me fasse violence pour ne pas passer des nuits blanches � m'imprégner de ce récit d’aventurier des temps modernes.
C’est simple : Chaque page de ce roman s’engloutit comme une poignée de loukoums.



L’auteur, Bernard OLLIVIER*, un ancien journaliste, a décidé � sa retraite d’arpenter la route de la soie. Seul avec une volonté d’acier, il nous décrit dans cette première tome sa traversée de la Turquie (effectuée en 2000) qui le ménera d’Istanbul aux portes de l’Iran. Chaque jour se ponctue de rencontres, de longues heures de marche, de difficultés en tout genre (kangal, carte désuéte, trouver un lieu pour dormir) mais aussi de découvertes culturelles et géographiques étonnantes.

Sur la route des caravansarails, nous partagerons ses moments de doutes et de fatigue, sa philosophie de globe-trotter, hors des sentiers battus. Une peinture colorée et réaliste du pays dans lequel je vis.
Amoureux de la Turquie : Ce livre est définitivement écrit pour vous !

* Bernard OLLIVIER a transcrit plusieurs carnets de voyage depuis celui-ci. Il a fondé l’association seuil qui a pour but de réintégrer des délinquants par la marche � pieds.

Longue marche, tome 1

Bernard Ollivier

mardi 18 septembre 2007

Pièges à russes



Magasins de cuir, vêtements en dentelle, imprimés léopard, manteaux de fourrure... Dans ce quartier d’Istanbul appelé Laleli, les prix sont affichés en dollars et on y parle tout sauf le turc. Les russes sont nombreux chaque jour à se rendre dans cet arrondissement pour s’approvisionner en marchandises et en vêtements.



Les collections pour femmes sont créées à l’instar des goûts des russes : cliquantes, tape à l’oeil avec un soupçon de vulgarité. Chaque année, des milliers de colis quittent ces grossistes direction l’ex-Union Soviétique. A l’aéroport, il n’est pas rare de croiser des russes charriant d’énormes sacs remplis d’articles divers et variés qu’ils revendront 3 fois plus chers dans leur pays.



Laleli abrite aussi de nombreux hôtels où les tour-opérateurs placent leurs clients européens. Le soir, après la fermeture tardive des boutiques, c'est dans ce même quartier que certaines filles de l'Est excercent le plus vieux métier du monde (on les surnomme ici les Natasha), au chaud dans les bars calfeutrés. Les plus chanceuses d'entres-elles travaillent dans les boutiques des grossistes pour des salaires de misère.



Véritable eldorado pour certains ou au contraire lieu pernicieux pour d'autres, Laleli est un quartier plein d'ambiguité où il ne vaut mieux pas s'attarder...

lundi 17 septembre 2007

La cloche a sonné

Aujourd’hui, des milliers d’écoliers et lycéens turcs ont repris le chemin de la connaissance avec leurs beaux uniformes, rentrée des classes oblige.




Photos prises en Cappadoce

Les transports en commun sont d’ailleurs gratuits pour tous, et pour toute la journée.

vendredi 14 septembre 2007

Boğaziçi Köprüsü



Depuis quelques mois, le pont du Bosphore (Boğaziçi Köprüsü, 1973) offre un magnifique spectacle dès tombée de la nuit. Il se pare de rouge, de bleu, de vert et scintille au dessus des flots.
Un corpuscule de poésie dans cette grande jungle urbaine.

J’adore cette chanson, interprétée par Sezen AKSU. Un grand classique que je ne me lasse pas d’écouter, même si les paroles sont tristes (“Depuis qu’Istanbul est Istanbul, je n’ai jamais connu de si grand malheur...”). Une femme quittée par un homme, et une musique qui donne des frissons. Écoutez et vous plongerez directement dans les flots du Bosphore.

jeudi 13 septembre 2007

Ramazan başladı !*

Cette nuit, le tambour a résonné de nouveau dans les rues sombres d’Istanbul pour nous tirer de notre sommeil avant le lever du jour. Le long mois de ramazan a débuté, d'ailleurs ce n’est pas parce qu’on n’est pas musulman et que l’on ne pratique pas l’oruç (le jeûne) qu’on ne peut pas goûter aux liesses qui accompagnent cette période...


Musulman ou pas, en Turquie chacun est libre de faire le ramazan

Vous qui vivez en France ou ailleurs qu’en Turquie, voilà tout ce que vous allez manquer jusqu'au 12 octobre :
- Le pain pide, ce pain plat, rond, chaud et moelleux qu’on peut acheter tout chaud à son bakkal (épicier) avant la tombée de la nuit,
- Le güllaç, ce dessert au lait qui est cuisiné spécialement pendant cette période,
- Les coups de canon tous les soirs à Sultanahmet,
- Les mets de l’Iftar (moment où l'on rompt le jêune) aussi copieux que bon marché,
- Les minarets éclairés qui rendent la ville encore plus belle la nuit,
- Les décorations lumineuses qui rappellent la période de noël,
- Les routes dégagées le soir quand tout le monde mange plus tôt que d’habitude,
- Les médaillons en chocolat et toutes les friandises que l'on offre à la fin du ramazan (Şeker Bayram),
- Les battements de tambour qui accompagnent votre réveil (cette nuit nous avons eu le droit au tambour et au chant, un vrai délice à 4 heures du matin !)

Et maintenant, je compte sur vous pour compléter ma liste ;-)
İyi ramazanlar !!

* Le ramadan a commencé

mercredi 12 septembre 2007

Les cinq derniers jours du prophète

L’histoire se déroule dans la partie asiatique d’Istanbul, après la deuxième guerre mondiale, dans le quartier d’Üsküdar.

Amis d’enfance, Rahmi SÖNMEZ et Fehmi GÜLMEZ n’ont d’yeux que pour la poésie durant leur adolescence. Cet amour pour la prose sera renforcé grâce à leur rencontre avec la belle Féridé, passionnée de philosophie et par les auteurs marxistes.
Alors que l’un continue d’écrire des poésies, qu'il est publié dans des revues littéraires et qu'il prend le surnom de "Prophéte", l’autre se range et prend part au capitalisme. On partage ainsi la vie et les songes de Rahmi, qui risque chaque jour l'emprisonnement à cause de ses opinions politiques.

Les cinq derniers jours du prophète

Rahmi doit élever sa fille puis son petit-fils et devient peu à peu schizophrène. Admirateur de Nazim HIKMET, à 60 ans, ce poète se dit encore communiste et révolutionnaire. Le destin voudra que sa vie se termine entre larmes, révoltes et joies. Mais je ne vous en dis pas plus sur cette histoire...

Un roman que j’ai trouvé admirablement bien écrit, à l’instar d’Emile ZOLA, l’auteur nous décrit avec précisions les cinq derniers jours de ce poéte révolutionnaire et nous dévoile ses doutes et ses pensées, mais pas seulement. C’est le récit de destins ensoleillés puis brisés par l’envie d’un monde meilleur, un monde plus juste. Une belle et déchirante histoire.

Ce roman a obtenu le prix Orhan Kemal en 1993

mardi 11 septembre 2007

Çamlıhemşin


Photo prise dans la région de la Mer Noire

lundi 10 septembre 2007

Muhteşem*


Palais de Dolmabahçe

Je dis toujours qu’Istanbul a deux facettes, le jour, elle vous emporte dans un tourbillon de vitalité, elle vous assène de bruits, d’odeurs et de couleurs. La nuit, elle redevient Byzance, elle se pare de mille et une lumières : Elle vous charme, vous envoûte et vous prend en otage dans ses griffes dorées.



Samedi soir, Frédéric et moi avons été une fois de plus enivrés par les effluves d’Istanbul. J’ai d’ailleurs du mal à trouver des qualificatifs pour décrire la soirée à laquelle nous avons été invités. Il s’agissait de célèbrer les 100 ans du prestigieux Cabinet d’Avocats POSTACIOĞLU.


Smoking de rigueur

Pour l’occasion, Mr. Etem POSTACIOĞLU et sa famille ont réuni plus de 300 personnes dans les somptueux jardins du Palais de Dolmabahçe. Nous avons dénombré plus de 150 personnes pour nous encadrer et pour nous servir champagne, caviar et petits-fours au bord du Bosphore.


Arielle DOMBASLE interprétant quelques vieux succès musicaux

Tout en dégustant un menu composé par Carlo BERNARDINI (non Başak, tu ne rêves pas !) nous avons pu écouter Arielle DOMBASLE qui a interprété quelques chansons mexicaines et américaines. Elle a une voix magnifique, il faut l’avouer. Frédéric a pu échanger quelques mots avec Michel ROCARD, qui comptait parmi les convives, étant un fervent défenseur de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.


Frédéric et Michel ROCARD

Une soirée à l'addition salée, vous vous en doutez, car louer quelques heures les Jardins du Palais de Dolmabahçe (où 6 sultans et ATATÜRK ont vécu) a un prix. Mais quand on sait que le Cabinet POSTACIOĞLU a résisté à deux guerres, à des crises économiques, à des changements de gouvernement et de régime, on se dit que la famille a eu raison de commémorer cette date en grande pompe... Et nous beaucoup de chance de compter parmis les invités !

* Muteşem : Somptueux, magnifique. Se prononce “Moutéchéme"


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