Ça commence en musique, comme pour mieux nous charmer. Une musique souvent forte et rythmée. Le coeur joyeux, on se précipite aux fenêtres pour voir ce qui s’y passe, et soudain... Ô rage, ô désespoir, on ne dispose que de quelques secondes pour fermer toutes les fenêtres de la maison. Se barricader devient alors un geste vital. Si l’on habite au rez-de-chaussée, c’est déjà trop tard. L’odeur est atroce, la fumée nous fait tousser.



Dans la rue, les gens courent s’abriter. Heureusement pour eux... Car comme pour mieux nous achever, la musique diablesque se fait entendre de nouveau. Le camion rouge repasse, il en remet une deuxième couche. Adieu aux moustiques récalcitrants ! La scène a lieu plusieurs fois par semaine et le camion sévit toujours à la tombée de la nuit. Dois-je dire merci à la municipalité d’employer des procédés aussi décimants pour faire taire le murmure strident des moustiques ? Ou dois-je au contraire la remercier de polluer l’atmosphère en répendant dans l’air des insecticides ?

Me voilà face à un vrai dilemme ! D'ailleurs, à chaque fois que je respire par mégarde cette épaisse fumée chimique, je me sens comme un humain enfermé dans un insectarium...