15 août, encore un jour férié qui me passe sous le nez, étant donné qu'on travaille ici (quoique... en Turquie ce sera férié le 30 août :)
Mais c’est tout de même la St Marie... Bonne transition pour parler un peu de moi sans avoir l’air trop narcissique...

Chacun utilise son blog comme il le souhaite. Au départ, je voulais que ma famille et mes amis puissent se faire une idée sur ma vie ici, ainsi que sur la Turquie au sens plus général. Puis je me suis rendue compte que j’avais de plus en plus de lecteurs, et que ces derniers échouent sur mon site souvent par hasard. Je ne me vois pas étaler ma vie privée sur le net, quoiqu’on est bien obligé de parler un peu de soi quand on rédige un blog sur sa vie à l’étranger.
Ainsi, je reçois beaucoup d’emails me demandant comment j’ai vraiment atterri ici. A vrai dire, c’est une longue histoire, où plusieurs anecdotes s’entremêlent. Mais je vais essayer de résumer les faits... Et expliquer le pourquoi du comment.

Au départ, ce fût un coup de chance. Je travaillais alors dans le tourisme, un poste s’est libéré en même temps que je passais un entretien d’embauche. Le recruteur m’a demandé si j’étais prête à partir dans les 5 jours. J’ai dit OK. Ça s’appelle la rencontre de l’offre et de la demande. Alors après quelques vaccins, j’ai atterri sur la côté égéenne pour être animatrice en Turquie (saison de 5 mois dans un hotel-club). Je n’avais même pas eu le temps de me faire une idée sur le pays où j’allais dorénavant travailler...

Là, ne voilà pas que Cupidon fait des siennes, et me fait tomber amoureuse du pays.. et de quelqu’un du pays ! Deux bonnes raisons pour essayer de rester sur le sol turc. Oui mais voilà, quand il s’agit de trouver un travail stable, c’est une autre histoire. Car il y a plein de turcs qui sont 10 fois plus qualifiés que moi, qui parlent le turc bien mieux que moi (ça va de soi !). Bref, pas facile de trouver quelque chose.
Je commençais à désespérer réellement, en plus j’allais signer un CDI en France. Mais entre la fin de mon CDD et de mon CDI j’ai eu deux mois de répis. Je ne me voyais pas rester sans rien faire. Et là, j’entends parler d’une famille turque qui recherche une fille au pair pour deux mois sur Istanbul afin d'apprendre le français à leurs filles. Les dates correspondaient à ma disponibilité, le salaire était très correct, je me suis dit que ça me donnerait peut-être la chance, une fois sur place, de trouver d’autres pistes de travail.

Et puis finalement, c’est le papa de cette famille qui a décidé de monter une société dans le textile. Il m’a proposé de l’aider, au départ à mi-temps, puis petit à petit je suis passée à plein temps. Aprés le 11 septembre, je me suis dit que ce serait une opportunité pour moi de changer de secteur, le tourisme se portant au plus mal.
Après un an de recherches, mon patron a décidé d’investir dans un autre secteur d’activités. Maintenant, la société pour laquelle je travaille se trouve classée parmis les 500 plus grosses sociétés de Turquie après trois ans d'existence.

Certains croient en Dieu, d’autre en rien. Moi je crois tout simplement à ma bonne étoile.
Je sais aussi que les choses n’arrivent jamais seules, qu’il faut patienter, persévérer et ne pas avoir peur de repartir à zéro un jour. (Bien sûr c’est facile à dire quand on n’a pas d’enfant à charge.. ) C’est peut-être stupide mais je crois sincèrement que quelque chose m’attend ici. A chaque fois, le destin a su déjouer mes plans et m’aiguiller vers la Turquie. Ce serait trop long à raconter mais j’ai plein d’exemples là dessus.

Alors voilà, si vous avez eu le courage de me lire jusque là, vous savez d’où je viens et ce que je fais. Et vous savez aussi que l’aventure ne fait que commencer... :)