Reliant la mer noire à la mer de Marmara, le Bosphore (boğazici en turc) est un détroit stratégique qui sépare la rive européenne de la rive asiatique sur plus de 30 km. C’est une voie navigable internationale qui est régie par la convention de Montreux (1936) et qui autorise le passage des navires marchands.

Sa largeur varie de 550 à 3 000 mètres, et malgré les violents courants et son étroitesse en certains endroits qui rend la navigation très dangereuse, son trafic est un des plus importants au monde.
Les navires ne sont cependant pas obligés de prendre un bateau escorteur, ni de guide-pilote et sont donc parfois livrés à eux-mêmes au milieu des bateaux autobus (qui sont utilisés tous les jours par plus d'un million de personnes), des ferry boat, des paquebots et des barques de pêche.

Ces soixante dernières années, le trafic maritime a été multiplié par 8 et plus de 50 000 navires traversent chaque année actuellement le détroit du Bosphore. Soit environ 137 par jour, en moyenne un toutes les dix minutes. Plus de 8 000 navires par an transportent une cargaison dangereuse, le plus souvent du gaz liquéfié ou pétrole.


Les habitations sont parfois situées trop près des flots

On entend parler des histoires de navires qui se sont écrasés contre certaines maisons de la rive asiatique, mais de plus graves accidents se sont malheureusement produits, notamment trois graves collisions entre deux pétroliers suivies d'incendie, comme en mars 1994 où 25 marins ont trouvé la mort.
En mars 2005, le détroit fut fermé au trafic maritime après le naufrage d’un navire cargo transportant sept camions-citernes de gaz de pétrole liquéfié. Une dizaine d’heures d’efforts ont été nécessaires aux secours pour mettre en sécurité les sept citernes contenant au total 138 tonnes de GPL.


Certains tankers sont de véritables bombes flottantes

La Turquie a cependant pris des mesures de sécurité restrictives afin de limiter le passage des pétroliers. Elle interdit le transit aux navires sans double coque et oblige aux tankers de franchir les détroits de jour.
Ces mesures entraînent d’importants bouchons à l’embouchure sud du Bosphore. Les navires doivent attendre parfois plusieurs jours le feu vert des autorités de surveillance du trafic maritime.
Leurs destinations principales : Les ports bulgares, roumains, ukrainiens et les ports russes de la mer Noire.

Depuis plus d’un an, le passage bénéficie d’une observation radar vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Huit tours de contrôle ont été installées sur le Bosphore. Le système a coûté 40 millions de dollars.
Le transit de 140 millions de tonnes de pétrole par an en plein cœur de la ville représente un réel danger, les autorités souhaitent ainsi favoriser la solution d’un pipe-line. Un projet entre Samsun (port turc de la mer Noire) et Ceyhan (port turc de la Méditerranée) a été évalué à 700 millions de dollars. Financièrement avantageux pour les compagnies pétrolières, et plus écologique, ce pipe-line ne pourrait cependant transporter qu’un tiers du pétrole acheminé annuellement par voie maritime via le Bosphore et les Dardanelles.



Malgré cette admiration qu’ont tous les touristes de la ville devant ces gigantesques navires qui traversent le Bosphore, une grande catastrophe écologique et maritime guette à chaque minute la ville, et pourrait se montrer aussi meurtrière qu’un tremblement de terre.